‹ De La Réduction Du Pédicule Dans L'OvariotomieChapitre 7 sur 17 · PS EE · texte numérisé non relu

PS EE

En résumé, depuis 1879, on ne rencontre plus, dans les recueils scientifiques, pas plus à l'étranger qu’en France, qu’un très petit nombre d'opérations faites à l’aide du clamp. Bonney, à Nîmes, Hergott, à Nancy, Dezanneau, à Angers, Duplouy, à Rochefort, tous rentrent le pédicule, et cette pratique s'impose tellement à l'esprit, qu’on ne publie même plus d'observations pour ou contre. Aussi nous a-t-il été assez difficile de connaître les résultats de la pratique des chirurgiens de Bordeaux. Si les renseignements que nous avons pu recueillir à ce sujet sont exacts, M. Lannelongue (pour ne parler ici que des ovariotomies avec pédicule perdu), compterait trois succès sur quatre; encore la malade, qui a succombé et qui était âgée de 60 ans, a-t-elle été emportée par une pneunomie double, que son âge n’a pas peu contribué à aggraver. M. Lande compte deux succès sur deux opérations par la nouvelle méthode ; MM. Demons et Dudon abandonnent également le pédicule dans la cavité abdominale.

Ce consensus, presque unanime, des chirurgiens repose nonseulement sur les statistiques publiées de toutes parts, mais encore sur les expériences qui établissent d’une façon complète la parfaite innocuité des ligatures et la sécurité qu’elles offrent au point de vue de l’hémorrhagie. Pour mieux en apprécier la valeur,

jetons un coup d'œil sur la structure du pédicule. Structure du pédicule.

Le pédicule est, d’après les recherches de Werth, constitué en

dehors par la partie externe du ligament large, en dedans par le

oh

ligament de l'ovaire ; entre les deux se glisse le repli péritonéal qui recouvre le pavillon de la trompe ; il apparaît sur la face antérieure du cordon général : telle est la disposition la plus ordinaire d'un pédicule complet, alors que les kystes ovariques ont atteint un degré assez avancé de développement. Dans les premiers temps de la formation de ces tumeurs, le pédicule ne comprend pas tout d'abord le pavillon de la trompe, qui ne s’y adjoint que par voie d'attraction, attiré qu’il est par la traction qu'exerce le kyste sur le repli péritonéal correspondant ; la trompe, de sinueuse qu’elle était, devient alors sensiblement horizontale et vient s’étaler sur la paroi inférieure du kyste, auquel on la trouve souvent adhérente.

Dans les kystes très volumineux, le pédicule subit une tension excessive, qui en amène fréquemment le craquement ; sa partie centrale, membraneuse et peu résistante, se rompt, et il se décompose alors en deux piliers : l’un formé de la trompe et du ligament rond ; l’autre, du bord externe du ligament large.

La section d’un pédicule y démontre des vaisseaux sanguins très volumineux, béants à la coupe, représentés par les artères en nombre variable, rarement plus de deux à trois, provenant de la branche ovarienne de l’artère utéro-ovarienne ; elles occupent, sous la forme de faisceaux, la partie externe du pédicule. On trouve parfois au bord interne du pédicule, des vaisseaux qui proviennent de la branche utérine ; il importe, de noter que c’est dans les pédicules grêles et allongés qu'on rencontre les plus

grosses artères.

—URR

Quant aux veines, elles n’ont point de disposition fixe. Ordinairement sinueuses, comme tous les plexus veineux de la région, elles sont souvent très volumineuses. Des vaisseaux lymphatiques et même’ des nerfs de volume variable complètent la structure du pédicule, qui est recouvert d’une membrane en général ferme et élastique. Ce n’est autre chose que le péritoine qui peut subir des transformations diverses : tantôt graisseux, d’autres fois vascularisé par places au point d'offrir, cà et là, des sortes d’excroissances fongueuses, il n’a pas toujours un calibre régulier ; on le trouve parfois tordu sur lui-même, enroulé en vrille à l'instar du cordon ombilical, comparaison d'autant mieux fondée que Spencer Wells se vit forcé, dans certains cas, avant d'appliquer le clamp, de dérouler le pédicule, en faisant exécuter à la tumeur trois ou quatre torsions en sens invers de son enroulement. Si la rotation est complète, les veines peuvent être comprimées bien que le sang continue à affluer dans les artères : de là des congestions, des épanchements, voire même de véritables apoplexies qui peuvent amener la rupture des kystes. Toutes ces différences s'expliquent assez facilement par le volume variable du kyste et par la rapidité de son développement. Lorsqu'une tumeur ovarique envahit l'abdomen au point de refouler tous les organes, on voit assez fréquemment l’épiploon contracter avec elle des adhérences tellement intimes que les vaisseaux épiploïques pénètrent à travers ses parois et constituent pour la masse morbide un véritable pédicule supplémentaire qui doit être traité de la même façon que

le pédicule proprement dit, J'ai vu lier ainsi des vaisseaux

Page 1