‹ De La Réduction Du Pédicule Dans L'OvariotomieChapitre 8 sur 17 · ÉTAPES · texte numérisé non relu

ÉTAPES

épiploiques dans l’extirpation d’un kyste multiloculaire : étreints avec un fort catgut, ils furent coupés entre le kyste et la ligature, puis abandonnés dans le ventre, sans qu’il en résultât le moindre

accident.

Phénomènes que présente le pédicule abandonné dans

le ventre.

Les ovariotomistes n'avaient en vue, alors qu’ils employaient exclusivement le clamp, que la mortification et l’inflammation éliminatrice qu’on observe à la suite de cette méthode ; ils pensaient qu'un travail analogue devait nécessairement s’opérer à l'intérieur du ventre sur les pédicules abandonnés et qu'il devait en résulter une décomposition putride du moignon. La crainte de la septicémie, bien légitimée par ces vues purement théoriques, les empêchait de renoncer au clamp. Les choses sont pourtant bien loin de se passer ainsi et on eût pu le prévoir plus tôt si on se fût souvenu des vieilles expériences dans lesquelles des testi- | cules de chiens étaient introduits dans la cavité abdominale des poules ; ils y subissaient d'abord une sorte d'infiltration graisseuse, puis disparaissaient, au bout d’un certain temps, par voie de résorption. Les récents travaux de Spiegelberg et Waldeyer ont démontré de la façon la plus nette, qu’on peut exciser sur

des chiennes, des portions de cornes de l'utérus, en laissant les

DO

ligatures à l'intérieur, sans le moindre résultat fâcheux ; qu'on peut également abandonner des portions complètement détachées ou cautérisées de ces mêmes organes, dans la cavité péritonéale, sans qu’il se produise de décomposition putride ni de péritonite extensive. La ligature ou la cautérisation offrent à ce point de vue la même innocuité ; d'autre part, si on consulte les autopsies pratiquées après des ovariotomies récentes, on ne constate pas de suppuration des moignons du pédicule : la portion située au delà de la ligature continue à vivre par une sorte d’imbibition qui lui permet d'attendre, sans se putréfier, que les vaisseaux capillaires qui passent sous la ligature aient assuré sa nutrition. C'est là, du moins, ce qui résulte des recherches de A. Doran, chirurgien de l'hôpital Saint-Barthélemy ; dans les deux cas observés par ce chirurgien, le moignon fut trouvé, après six jours seulement, déjà uni au ligament large et cela d’une façon assez résistante, par une exsudation plastique qui cachait le sillon formé par la ligature. Bantock, qui a eu l’occasion d'observer un pédicule abandonné, sept mois après l'opération, chez une femme morte de maladie intercurrente, à constaté qu’il avait contracté des adhérences très solides et très vasculaires avec l’épiploon et le ligament large. A une période plus avancée, le docteur Carter a pu examiner sur le vivant l'état du pédicule laissé dans le bassin, dix-huit mois après l’extirpation d’un kyste ovarique ; l’autre ovaire s'étant pris à son tour, il fallut procéder à une seconde ovariotomie et on put voir, au cours de l'opération, le moignon

du premier pédicule adhérent au bord antérieur du ligament large

et réduit au volume d’un pois, de consistance assez dure. Ainsi, le pédicule abandonné commence par se couvrir d’un exsudat plastique, à moins que la mort ne soit survenue dans les vingtquatre premières heures, par le fait du collapsus, comme chez une opérée que nous avons vue à l'hôpital Saint-Charles et à laquelle nous avons fait allusion au commencement de ce travail. À l’exsudation succèdent la vascularisation, les adhérences et enfin la résorption graduelle du pédicule abandonné ; l’anatomie pathologique confirme donc pleinement les résultats des vivisections sur les animaux. Il est un autre genre de vivisection (qu'on nous passe le mot) qu'on peut également invoquer pour démontrer l'innocuité de la méthode : nous voulons parler de l’ovariotomie normale ou de la castration thérapeutique. Cette opération n’a été jusqu'ici pratiquée en France qu’une seule fois, par Koœæberlé, non que certains cas incurables d’hystéro-épilepsie ne soient de nature à justifier toutes les hardiesses thérapeutiques, mais elle nous vient d'un pays dont nous redoutons les innovations. C’est pourtant de là que nous sont venus d’autres essais qualifiés sévèrement à leur aurore ; j'ai nommé les plus grandes conquêtes de notre siècle : l’anesthésie et l’ovariotomie. Quel que soit l’avenir réservé à cette opération, les cinquante-et-un faits qu'a relevés M. Goodel dans le Journal médical de Boston nous fournissent de précieux renseignements à l'appui de notre thèse : les ovariotomistes normaux se fraient une voie vers les ovaires, soit par la paroi abdominale, soit par le vagin, méthode plus difficile, mais

peut-être moins dangereuse que la première ; puis, saisissant les

SDBRRE

ovaires avec le doigt recourbé en crochet, ‘ils lient séparément la trompe et le ligament ovarien avec une aiguille armée d’un double fil de catgut ; l'ovaire est excisé et tout est replacé dans le ventre. Je n'ai pas vu signaler d'accident qu'on püt attribuer directement à ce mode de ligature. La mortalité générale serait environ d'un quart, résultat véritablement merveilleux, si on considère que dans cette opération le traumatisme vient surprendre brusquement un péritoine normal qui n’a point été habitué à souffrir comme le péritoine qui enserre les kystes ovariques et qui semblerait par ce fait seul, devoir se révolter avec énergie contre cette violence. d

Quant aux fils à ligature, les recherches des expérimentateurs allemands démontrent que, pendant les premiers jours, les fils d'origine soit végétale, soit animale, ne subissent aucun changement appréciable ; mais, après une semaine environ, on trouve, la plupart du temps, les ligatures fortement imprimées dans le pédicule dont le tissu forme un bourrelet au-dessus et au-dessous ; le sillon est comblé par un exsudat plastique, qui masque la ligature, et aux dépens duquel se forme un tissu cellulaire de nouvelle formation. On dit alors que les ligatures sont encapsulées. Le phénomène de la capsulation des ligatures se fait, comme on l’a vu, sur l’utérus des chiennes, sans la moindre trace de mortification au-delà de la ligature : tel est le fait général quand il s’agit d’un fil très résistant, comme la soie. Les fils de chanvre se gonflent et se ramollissent par l’imbibition du liquide plasma-

tique qui les entoure ; ils se laissent pénétrer par des lencocystes

et finissent même par se désagréger au bout d’un temps variable. On les à vus se résorber complètement, ou, du moins, on n’a plus retrouvé leurs parcelles dissociées ; mais ils sont plus fréquemment enkystés comme les fils de soie et il n’est pas très rare de voir les uns comme les autres servir de noyau ‘de formation à des abcès qui se font jour soit à travers la paroi abdominale, soit par l'intestin. Hegar, de Fribourg a vu trois fois se produire cet accident, qui n’a fait que retarder la guérison.

Les fils de catgut disparaissent plus rapidement par voie de résorption, ou plutôt ils semblent se transformer peu à peu, suivant l'expression d'Hegar, en un tissu vivant par suite de la pénétration de lencocytes dans leur propre substance et par la formation d’une sorte de néoplasme cicatriciel, sans qu’on puisse dire au juste quel est. le temps nécessaire pour que la transformation s’accomplisse ou pour que le catgut soit complètement résorbé : Lesser affirme qu'il faut une trentaine de jours. Les choses marcheraient infiniment plus vite pour M. Thiriar, auquel nous empruntons ces données intéressantes : 1l résulte d'expériences faites par ce chirurgien sur des chiens et des lapins, et consignées dans sa thèse d’agrégation, qu'au bout de huit jours il ne retrouvait plus les fils de catgut n°%2 et 3 dans la cavité péritonéale ; les catgut n° 4, ainsi que les cordes à violon dont on se sert volontiers en Belgique pour lier le pédicule, disparaissent beaucoup plus lentement, et, dans tous les cas, ils ne nagent pas comme les fils de soie dans une sorte de liquide semi-purulent.

C'est là un fait très important et qui semble de nature à faire

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