LORIE
préférer le catgut au fil de soie à solidité égale. Toute la question est la. Nous avons toujours vu employer les fils de catgut à l'hôpital de Rochefort depuis le début de mes études médicales, et cela pour des artères volumineuses sans qu'il y ait eu d'hémorrhagies consécutives ; mon père à en lui une confiance absolue depuis dix ans qu’il en fait usage, et nous croyons que le catgut bien préparé, le n° 4, offre, au point de vue de la solidité, des garanties suffisantes.
M. Raoult à comparé au dynamomètre la résistance des fils de soie et de catgut, à l’aide d'expériences très simples : l’anse du fil soumis à l'expérience était passée sur un rouleau en peaü de daim jouant le rôle de pédicule, et ses deux chefs étaient ramenés sur un dynamomètre qui était lui-même attaché à l’écrou mobile d'un serre-nœud de Cintrat. Il résulte de ses recherches :
1° Que le fil de catgut n° 0 se rompt sous une traction de 9 kilogrammes ;
2? Que le n° 1 présente une résistance de 15 kilog. ;
3° Que les n°5 2 et 3 cèdent à une traction de 21 et de 30 kilog., de telle sorte que les fils les plus fins ne doivent guère être employés que pour les ligatures perdues des très petits vaisseaux et qu’on ne trouve pas, au point de vue de la solidité de la ligature du pédicule, les conditions voulues de résistance, dans les n° 1, 2 et même 3, qui ne conviennent que pour des adhérences épiploïques plus ou moins volumineuses ; le n° 4 doit être seul employé pour la striction hémostatique du pédicule. Encore
M. Raoult préfère-t-il le fil de soie formé de trois chefs simples
cer
dont se sert M. Péan pour les pédicules ordinaires ou l'espèce de cordonnet de soie auquel il a recours pour les pédicules très volumineux : le diamètre du premier répond au n° 3 de la filure Charrière et celui du second au n° 4 de la même filière ; mais leur ténacité n'est que très peu supérieure à celle du catgut, car M. Raoult n’a guère trouvé à grosseur égale qu’un kïlog. de différence au dynamomètre ; aussi n'est-ce pas absolument à ce titre qu'il préfère la soie. Les fils de catgut s’allongent facilement sous une traction puissante tandis que, d’après les recherches du même auteur, les fils de soie ne présentent que peu d’élasticité et ne subissent dans les mêmes conditions qu'un allongement insignifiant, Ne serait-il pas à craindre que le catgut ne résistât pas assez longtemps pour mettre à l'abri d’hémorrhagies par le moignon de pédicule, sur lequel il peut glisser en vertu même de son élasticité ? Nous sommes vraiment peu touché de ce reproche en voyant le catgut n° 2 servir avec succès, entre les mains de Bœckel, de Strasbourg, à la ligature de trois artères fémorales et d'une carotide externe. Bryant obtint les mêmes résultats sur l'iliaque externe, la carotide primitive, la sous-clavière et la fémorale. Ces arguments valent bien ceux tirés des expériences au dynamomètre. Il serait bien autrement important de savoir au juste si la résorption du catgut est assez rapide pour devenir compromettante, s’il résistera assez longtemps pour s'opposer à toute hémorrhagie eonsécutive par le moignon du pédicule. On ne s'entend guère, nous l'avons dit, sur le temps nécessaire à la
résorption du catgut : les expériences sur les animaux ne peuvent