OBSERVATION XVI
T. B. HENDERSON. — British medical Journal, 1912.
J. B.. garcon de 13 mois avait été. jusque-là bien portant. Il n'avait pas d’antécédent intestinal. Il avait été, le 8 avril, à un déjeuner. En l’absence de sa mère on lui avait donné des quantités d’aliments indigestes et de la confiture de fraises. Il passa une nuit agitée et eut de la diarrhée le matin suivant. Le même jour on m’appela d'urgence à 2 heures de Paprès-midi et on me dit que l’enfant avait eu de fréquentes et violentes crises de coliques. Certaines crises avaient été si fortes que, par moments l’enfant se tenait littéralement sur la tête, se roulant sur son oreiller et criant de douleur. La diarrhée continua, les selles étant peu abondantes et douloureuses, et accompagnées d’une quantité de mucus mais non de sang. Il n’y avait pas de vomissements. L'enfant était pâle, agité, pas trop affaibli, mais avec un pouls rapide et. une physionomie exprimant la souffrance. Toutes les quelques minutes, il avait des crises abdominales douloureuses évidentes, L’abdomen était dur, rénitent, légèrement météorisé, Je ne trouvai aucune tumeur et le rectum était vide. En raison (de la rigidité abdominale, cet examen ne pouvait me donner satisfaction et comme j'étais désireux d'établir, si possible, un diagnostic, je revins à quatre heures avec mon assistant en vue d’une anesthésie, dans l'espoir de résoudre la question par ce moyen. Je trouvai lenfant beaucoup mieux, avant repris des couleurs, souffrant moins et avec un meilleur pouls. Nous pensâmes qu’il ne s'agissait pas
d’une invagination et nous ne fimes pas d’anesthésie, nous proposant de surveiller l’enfant. L’amélioration se maintint et en quelques jours, pendant lesquels un régime sévère fut institué et de petites doses d’huile de ricin administrées, l'enfant recouvra la santé.
Quelques six semaines plus tard, le 21 mai, eut lieu une crise similaire, d’une égale violence, mais, cette fois, il n’y eut pas de diarrhée, par contre il y eut un peu de sang et de mucus. Pas de vomissements et de nouveau pas de tumeur soit dans l’abdomen, soit dans le rectum. Ayant en mémoire l’histoire de la précédente attaque et de ce qu’il en était advenu, ayant l’enfant sous la main, étroitement surveillé, il semblait justifier de se confiner dans l’expectative. Celle-ci nous donna raison. L’enfant eut une selle, difficilement en raison de la constipation mais sans traces de sang et les douleurs abdominales disparurent sauf à de rares intervalles.
Tout alla bien pendant 5 jours, le 26 mai on m’envoya chercher d'urgence pour voir l’enfant que les parents pensaient, cette fois, perdre. L'enfant présentait le tableau clinique de linvagination. L’affaiblissement avait l'intensité particulière à cette affection chez l’enfant, intensité dont on se souvient toujours une fois vue. L’enfant reposait immobile, sans couleurs, les yeux cernés et apparemment mourant, si les douleurs abdominales n’avaient de temps en temps fait voir qu'il vivait encore. Il fut ainsi pendant une heure, depuis le début de la crise. De nouveau du sang et du mucus furent évacués par l’anus et l'enfant commença à vomir. L'enfant fut transporté à l’hôpital. A l’ouverture de l’abdomen 1 heure et demie plus tard, un peu de liquide séreux s’échappa. Une toute récente invagination fut trouvée dans la fosse iliaque gauche. Elle avait 15 à 20 centimètres de longueur et était apparemment de la variété iléo-cæcale. Elle fut très facilement réduite. L’abdomen fut rapidement suturé et l'enfant remis dans son lit dans un bien meilleur état qu'avant l’opération. La guérison se fit sans encombre et pendant quelques jours on administra un peu d’opium. La présence d’une hernie ombilicale congénitale ne diminua pas les difficultés du diagnostic lors des deux premières attaques. Elle était toujours réductible, mais la possibilité du pincement d’une petite partie de l’épiploon s'était fait jour dans
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mon esprit. La hernie n’intervint pas dans l'opération, mais fait curieux, elle ne réapparut point, le sac herniaire restant vide.
Ma conviction est que les deux premières attaques étaient, sans aucun doute, dues à un commencement d’invagination, qui à chaque fois se réduisit spontanément, complètement lors de la première /crise, peut-être incomplètement lors de la seconde, en dépit du fait que la réduction à l’intervention fut très facilement opérée et que l’invagination semblait récente, La troisième crise seule, montra entièrement le degré de faiblesse coutumier à cette affection, en rapport
1° avec la longueur d’intestin invaginé;
2° avec la tension et la compression du mésentère.