DE PHILADELPHIE
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Le régime pénitentiaire, tel qu'on le pratiqae aux BtMr-Uniiy 0t tel Qu'on le eonnalt en Europe, ae réduit à deux, principaux eiM9 dont le Inirite relatif a été dÎTeraement apprédè, le lyatèiae d'Attburn et le ayatAme dé Philadelphie. L'un et l'autre ont pour cOijet la réforme dea dètënUi^ et pour principe l'abieiiao de toute eommuioation entre lea eondamnéa rcÉferonèa dan lamétnepriMni: Miia lea deux aratèmea dilftrent par lea moyena qu'âa eihpietoiit pour opèrir cette séparation. Dana le premier^ refli|rlaonenieot aolitaire pendant la nuit ae eomUne atee le tratidl en aoilnnott ai aa aliénée pendant le jour; dana le seaoM, llaaiaident eeilitlatail aal continu et afeat hiterrodipu ni jour ni nuit Juaqu'ali tehne de ladèlaiitifliit Itt condàauiètraTaille et Titaeul, alM autre Htarriou aux peiaèea qtU l'aaaiégent que li Iritile du dirielëv ovoeOeda ahajiiliin. A AsburnrJea détenue aont lOaèéa aoualldfloeiai M la
fèijiê et de Texemple ; & Phibdelphie ce «ont les mari qui fone- Vcnôent, Mit rèDexldh 'aoUfâire deVIeiil Panique ag/éài da bien oa du maL
La rè(^ d'Aubara et celle, de Philadelphie n'ont pas la même origine. Il fallait peat-ôtre qne les deax systèmei f nasent importée anx Ekats-Unif , sur la terre claggique des expériences sociales, pour s'y développer en pleine liberté. Mais lear racine est en Europe, où Us formait deux souches distinctes et non deux branches du même tronc. M. Lucas a reconnu, arec beaucoup de sagacité , dans le régime delà prison dé Gand, tel qu'il était en figuenr ayant 1789, les premiers linéamens de la régie introduite depuis à Aobum , en 1820. L'isolement de jour et de nuit, la séparation absolue des condamnés avait de même été tentée à (Moucester en 1790, et i Glascow en 1824, avant l'essai plus large et plus oomplet de Philadelphie, qui date de l'année 1829. Le premier système est donc d'origine flamande, et le second d'origine aoi^aiae ; celui-ci porte le cachet des nouBurs insulaires, celui-là tient davantage aux habitudes sociales du continent européen. Nous montrerons qu'il n'y a rien de futile ni d'arbitraire dans eetto distinction. .
A vrai dire, la source du régime pénitentiaire, sous queiqn* forme qu'il se produise , est mcore plus éloignée : c'est la vie monastique» la pénitence volontaire qui a servi de modèle à la pénitenoe forcée. Auburn est un oouvent comme la Trappe» ue-assodation également fondée sur le double principe da silence et du travail. Philadelphie est une thébalde de malbitenrs, où l'on bit de eeox-^ autant de cénobites en qvd le repentir doltnattre de 11^ sdement, de la prière et de la méditation. S'il fallait partager le Bmde entre les deux systèmes de prison , comme lia été paitegé entre les deux grands ordres de l'existeoee reUgieose , entre len moines el les ermites, nous dirions que odui de Philadelphie est lafégle de l'Orient» et celui d'Aubum la régie de l'Occident.
Sciait, et sans sortir des peuples européens, Uest manilWft
donc sans la moindrt larpriM que les défauts d'un fjilèma aiaii dénaturé atani para encore ploi étidons que ieê boM réiuilali. La rég^ de Philadelphie au contraire est un système que l'on a embrassé atee enthousiasme, pousulYi avec contiction , et où par conséquent l'exécution a dû masquer les côtés faibles de l'idée.
Ceci explique comment les explorateurs du régime pénitentiaire, qui sont allés irisiter les prisons des Etats-Unis , ont rapporté de cet examen des impresiions faf orables à la règle de Philadelphie. La prédilection que nous signalons perçait déjà à traters l'impartialité des Jugemens exprimés en 183i par MM. de TocquerlUe et de Beaumont; elle ressort plus clairement encore des trataux de leurs successeurs^ MM. Julius, Grawford et Demeti.
Cette prédilection, nous ne réprouvons pour aucun des deux systèmes rivaux. S'il était absolument inévitable, dans l'intérêt de la réforme pénitentiaire, de procéder par voie d'imitation, un <dMa'vateur calme et sensé se refuserait encore à tirer aucune induction d'une expérience mal faite comme celle d'Auburn, et d'une expérience incomplète comme celle de Philadelphie ; mais, gréée à IMeu, la France n'en est pas là ; on peut, en étudiant attentivement les instincts et les habitudes des masses où se recrute la population de nos prisons, tracer à la réforme une nouvelle direction.
Les défenseurs exclusifs de l'emprisonMment sditaire ne dé- OMntrent d'ailleurs nullement que ce système soit le meilleur; mais ils s'efforcent d'entasser et d'exagérer les objections contre le système opposé. Nous exceptons M. Démets, qui, dans son rapport sur ka pénitenciers américains (1), peut s'autoriser de quelquea faits inconnus avant cette publication ; ainri que MM. Oawferd etKussell^ inspecteurs des prisons en Ang^lerre, qui viennest
ffi iCâpport à H. le ministre de riniérienr tôt les fMâtiitenGieTB des Ëtatt- ^atâé(1sàt)f pars. DemetiyGOiueiller à Urcear royale éo Paris, in-folio : i IThBssisMriajojils.
(IMS)
d'expoier^ inf im nfpwri iriMn «'inlèrét (1), toMMUis tuceèi d'une premièrt lentalife pov èpidlquer tus fMmêÊ Londret la règle d'Aidnan.
Toute raotorité 4a rapport de M. Deneii wpeieiirien failt déciaib m «ppariMt, maitqitf se reftiieni am indMIMii qQ*0 a era pouToir «n tirer. M. Demetz amioMê, d'vne part, que la
mt^^lité fuwii«Q9 #M <9pMtiO0ier dft FNidilpU» w'^n ni^iiMi gpe [k tÎFpil povr €W( ^ 9d f!i|i1r«MlMaitt rwyiet(«Bf,
d*{pihi|iiiiniM tfrrtfi cputre «ff nM^wif et di» rmini qof, dw leyé»itwei«4«¥eiberffl«Ut toNOl 49 la îhO^fAiOmmRfA n'iflmtt i^t 1«» flbMUMPs «prporelu, on a*e« ta rMiitt, vm. rél^hlir la diMipliue» * f^ PHI» den foup» A» bWH P^qA semble proater que le système n'est efQ«« qn'l 1| mBllitta| d'être emçl. Examinons.
Le pènitipnelQr de Clierry-Hill a ètè fondé en 1829. (»'e;^pèrienee du système^ ^ supposant ^'el|e ait <# eonrunnée d^m pMn soeeès, n'eml^aM® doné qa'onè période de huit méf s ; l'em* prisénnement 'loUtairé n'a pas ene(Nre poor loi la iwetion dn tenq» : quels sont cependant les rèinltats de cette èpreute, et s«t4li|«iqMNrtiouiÉs 4 la psÉssaien, dlaiM misn, à la rIgMbr daiMWS«m|ddfis? en taflieman* awad abfoln n'a-l^ esaieê mmmMmmm appréel4>l* sur laraismi et sur li santé? pré» t|iiN)las résWvea? empèeli^-Ml réallemsiit tMle aenniinlea«i tlaneitvtlestiÉMQS^
iM réponaifà twtis eei .qnasUoat aa troMa dana fopjpli é Mt riimli par ledostaDr SnmkHniBaelM^ pénite»itaM»epnls ta «wif 4reBtabwil§9ft tw^fa^à klside IMI^ néi,| Wi , mif nenjamnii sert epfcrés dans la lBBism^ <t M% éà' sont sortis. M. Bâche fait la cJassMcaMoa aaHmtrdf aés tswÉafij sfiw If ifiiwt faitf tain <
.., aîiilè asiiéBwéaL ■ . . ■ v-:-fB- *« - '
panuônsiil»
Santé «gile.. 164
Plas faiblei, sani être ploi oialadei. . . 17
Santé détériorée .15
Santé tréa détériorée 4
MorU 33
Sniddéi 1
Le rapport de 34 morta an chiffre général de la population eat celui de 5 à 100, et non, comme l'annonce M. Demeti, de 3 à 100. Cette proportion, qui aérait faible pour lea aneidnnea priioni, paraîtra fort életée poor un pénitencier bien ordonné. Dans lea maisons qai sidtent la règle d'Auburn , la mortalité moyenne eat à peine de 2 poar 100. Voici les chiffres donnés par MM. de Togqaeyille et de Beanmont :
A Singsing, on décès snr 36 détonas.
A Wethersfleld, un 44
Au pénitencier de Maryland , un. . . 48
A Aubum, un . 55
A Gharlestown, un 58
Il est fort naturel, malgré rinfluence débilitante et délétère de rcmpriioonement, que la mortalité dans une maison de détention soit moindre que dans la société. Les prisons ne renferment ni enfans ni vieillards, et la peine s'appesantit ainsi sur ceux qui ont le plus de force pour la supporter. Ajoutez que remprisonnemenf? doit améliorer à certains égards la santé des oondamnés, en substituant des habitudes régulières à la yie de débauche par laqueO» il^cherchaient & étourdir en eux le remords. Les malfaiteurs en France Tiennent refaire leur tempérament délabré dans les maisons centrales , comme dans un lieu de repos.
A Aubum, à Wethersfleld , à Gharlestown , la mortalité est ce qu*ello doit être : on y meurt moins que dans la société. Dans la ville de Philadelphie, où la mortalité est do 1 8ur 38 habitans, le pénitencier donne, suivant M. Bâche, 1 décès sur 33 détenus, et dans la ré-
(IMS)
iHIé 1 iieèi fw iO. On BTa done point oaloniiiè k fjit^ prifonnemint foUtalre en le repréfontanl oomme pea fotonblpà Itr santé dflfdélentii.
La privation d'air trah ei d'exerdo» n^eit pai la noie aame qui doite, atee le tempa , altérer la eonatltotion dei condamnés de Caiarr7*Hill. Gomment les garantir du froid et dadiand? oomment prendre pour cliaqae eelhile les préeantions dliygiéne qui sont pratieables i peine pour les grands «toUers? Quelques ll^w dn deèteor Badie font ressortir ces difficultés.
« Je pense que la ctaaleor produite au moyen de Tair chaud e^t pins faforableque celle qui est procurée par l'eau chaude , parce que Pair est plus fjréqumnment renouydé par la première méthode. IlyautfecbjeetionàrempMdePeaneliaude, td qu'A se iait dana le-péflitsneier. Dans quelques cellules la chaleur cet insuffisante; dntanl ntiêr passé, guelfueê^mm des prisomniêrs oni euUê maku géUm. Vnk diaud peut ardrun autre inconténient, celui de lEih cOiler, par les tuyaux, les communications entre ka prisonniers. . » Ycilà donc Pdlemattie où le syitteM se place, livrer les détenus, inoutes les rigueurs des saisons, ou bien rendre possibles ces cmnménlcationa entre les détenus, que Ton s'impose Tabsurde nécessité de préfenir entièrement. La question, rédidte à ces termse, est résolue pour tous les hommes de bonne foi.
M. Demetz a'accorde avec M. Crawford 4 nier que I'cbh prisonnement solitaire affaiblisse llntelligenca des détenuà, on qun porte atteinte à leur raison. Il die un rdei;é du docteur Badie qui n'a constaté en sept ana que sdie caA d'aUéniMon mentale; dans ce noinbre, il est proufé offideUement, ajoute M. Demd^y que dix condamnés avaient ressenti ka atteintes d$i mal antérteurement à leur entrée dans le pénitender. Seiie cas dferMie sur près de sept cents prisonniers, font {dus de 2 pour cent dd nombre letd. On allègue , il eit vrai, pour dUidnjoer la gravité du résvMat , qu'au Étata-Unis les aoddfBns de ce genre sont fréquens dans la classe indigente ; mi^ le classe indigente,
aHiiitiile ta<ifHraBBitBt{la iMypoktiM tontes tag pikMi;al il rarte eneore à demander d'où Tient qne ke ees d'aHéatHoa mentale éclatent dam le pénitender de Philadelphie , plu frè« qoenuMot que dani lef maiions «mmiies à la règ^ d'Anbnrn , et même qne dans lef aneiennef prisons. Le docteur Bâche Ini-^êino eroHdeionêmfoir de âéeUirêrq^U avuplu$ d'aoeiûm^ûêfoUêém» eepéniUneiêrfuêâaniiafriêmde fTalnmtStrM.
L'emprisonnement , comme toute contrainte qui agit t la foi§ sur respritet sur le corps, dispose les condamnés & la fcdtte. Tonte proportion gardée, la prison doit renfermer un plus pand nombre d'aliénés que lasodété. Dans la prison même, plus l'isolemopt est complet, plus les chances d'égarement augmentent poor ta raison des détenns ; car aknrs la contrainte déifient continuelle , et ri^ ne fait ditersion à leurs oonÉbats intérieurs, MM. do Beaumont et de TocquetUle ont remarqué , en militant le pénitencier de Philadelphie , qne l'esprit des détenns s'était enqureint 9 ^«e la solitude, d'une singulière exaltation. C'est l'effet naturel du r#* ghne. S'il n'altère pas la raison , il en déplace du moins la base; il tend , selon l'énergie des indiiidus , i produire l'exaltation 9a l'abattement. Un sommeil trop prolongé engourdit les Eacultés if-' taies , llnsomnie ou la YeiDe les irrite jusqu'à la fièfre; eh bien 1 llsolement agit sur l'esprit de l'homme tantôt comme la torpeur el tantôt comme llnsomnie.
Nous saTons que . l'emprisonnement solitaire n'est pas l'isolement absolu; que les détenus communiquent encore aiec les offlders et les rares tisiteurs de la prison. Mais qu'est-ce. que coe fUbles rayons pour percer le silmce et l'obscurité ? Tous les Beos qui pourraient rattadier le condamné an nsonde ne sont-ils pip rompus ? Une intelligenee que l'on isole de la société » n'est-ce pas une plante qulne Toitplus le soleil? H ne faut pas plus priter un homme d'air respiraUe que l'exposer i une itmosphère empMée. La prison ne doit être ni rassodation pour 1^ déteniMi ni nsolement pour chacun d'eux.
Atl polift ^^» tw ittteal f IM aTantases du syitème de PUItMlfliie flNWiblèDt af olr été fort exagérés. Il réiolte du rapport él doISMtlf Baehe , qae sor deia cetil aoizaiite-dix-4iiiit Iftérés tortto dti péfllt«noler, on a compté quinze réoidlfes^ ce qui donne 5 1[2 pour 100. Ce chiffra ne difféi^ pas beaoeoap da rapport constaté à Singring , à Aobnrn et à WathersIOeld , entre le noBGdbre dea réddites et celui dei libéréi , rapport qui eat de 7i de 6 3|4 et de 6 IfS pour 0|0. Cette aupérlorité de 1 ou de 1 lii pour 0(0 ne Taut pas, en vérité, que l'on brave tous les incon- Téuens attachés an système de Philadelphie.
Lea faits rapportés par M. Demetz en faveur de cette expérience , ne aont , comme on voit , rien moins que décisifs. Faut-il accorder ploi de taleur à ceux qui semblent battre en brèche le système tfAubum ?
Dtoux tentatires ont été faites pour soustraire la règle d'Auburn à nghominie des db Atimens corporels : TonCy aux Etats-Unis, dans la flNkllon de Wethersfleld, Tautre, en Angleterre, dans la (nrisoB de Ooldbathfield ; et Tune et l'autre ont complètement édioué* Atii yeux des hommes prévenus , ce double échec tournera eontre le système; les esprits impartiaux voudront examiner si la faute n'est pu aux circonstances de l'application.
Danison rapport sur les pénitenciers américains « M. Grawford, lindant compte des impressions que la vue de cesf établissemuis loi avait fait éprouver , s'exprimait ainsi : « A Auburn, à Singsing , à Gharlestown , l'usage du fouet a été Jugé indispensable au maintien de la diidpline ; mais à Wethersfield , bien que le châtiment corporel ne soit pas Interdit pair la 161 , dn n'y à j&méds reèoors. Lorsqn^un condamné est àcciisS de s'être tèftdu coupable d-tme Iniractibn aiix rèljlès de la priKôh , la idalhte ëtt ièttBbe avec Icftu par le directeur ; et si le ch&thnent èdt Jttgé ôj[)t)orftUi , lé prisoniitef «M renfermé aeal dans une cellule obséore , sans travail» sa ÏMlOit le DMrrttnre est réduite. Ce mode de cerrectioM n'a failli» ilÉi iiMii àis , I aonnietire ka ploa rdMtos. >•
da yidor la tndiiion et d'y appeler une po^uIaUôti iioaVelIë ^tt n'eût pas conservé la tradition des désordres passés.
On ne iwuralt Juger plus favorablement Fessai qui Tient d'être tenté en Angleterre pour appliquer aux maisons de ooHrbtidll le système d'Aubum, en supprimant les chfltimèhs corporrii. Le principal théâtre de cette expérience a été la prison de Cbldbathfleld , immense b&tiinent fort mal disposé pour l'importation da syslônie , et dont une partie seulement est divisée en ceDoIes» de manière à permettre la séparation des détenus, la inaisbn ne renferme que des condamnés à court terthe , égalemei&t iiiaècessibfes & la crainte et à Tespérance, et sur lesquels lès moyeHH disciitUnaikiBS ont peu de prise , grâce à la brièveté même de rempiisonnement. Ajoutons que la population de GDIdbalhfleld est do neuf ct)nls détenus qui présentent Une masse impénétrable aux influences de la règle , soit qu'elle récompense , soit qu'elle châtie. La réforme doit agir Individuellement; elle échoue dèk qu'on lui donne tout un régiment à dompter.
Un âutrb détail montrera que îé directeur de Goldbathfleid, que l*on iious représente comme un hoihitae inteUigént et riteoiu, avait gtosà lui-tttèmey par de mauvaises mesures, lés obistacleé bathrefi de cette MtUation. Pour assister les 54 ethployés de la priMn, il âtait ehoiii parmi les détenus 218 cundainnés chargés d'obsurvër Utlrtf coâipagaoUi» de détention au nombre de 682 : un Survéttlaht pour trois surveillé».
Les moyens de police ne sont pas des moyen! de cbr^éëtioii. tieg dAtettOA ont en atérsion ces autorités occultés, qui Ifertir sèâftKd êth) miMA de traîtres pris au mlUeu d'eux ; et qiiatid ifs né i<eîtvent pm en faire justice eux-mômês, iU leur tondéiit des piégis'* et leur suscitent des embarras. Lé directeur de CkjfldbathflMd aë pltfnl de reeevoir soixante dénonciations paf Joui^ ccmtre ^MfS »^^ TiÊh d'agent. Qu'y a-t-il 11 qui doive le surprentfé ? Lélf déUM nui opposent une contre-police â la polfsë qM Pon éÉIplofé'ëMltra «u ; Bsctaerehent ft rendre le métier dilBeHe i céoX c(iit ÉeiÈrSUà
le courage de l 'eo charger. G'eit ane latte qui ne peut plu l'arrêter , une fois qu'elle est commencée. De qael droit imputenU-on ensuite au système les résultats fort peu moraux que la direction a provoqués en les dénaturant ? A Aubum et à Wethersfleld, ou ne connaît point cet ignoble espionnage. Les survelllans et les inspecteurs n'ont pas besoin d'auxiliaires occultes, quand ils remplissent eux-mêmes leun devoirs avec scrupule et activité.
n est impossible , dans une prison où l'autorité se dégrade, que la régie soit observée sans difficulté. Le directeur de Goldbathfldd dédare que le nombre des punitions s'est accru depuis Fin troduction do travail silencieux dans la maison. En 1836, les seuls chfttimens infligés pour des infractions à la régie du silence (eaus^ ries eijuremens) se sont élevés au nombre de 6794; ce qui donne une moyenne de douze par jour. Ceci prouve que toutes les circonstances ne sont pas également favorables au système d'Aubum. Quand on l'a placé dans les conditions les plus eontrrires à son développement, il ne faut pas s'étonner si les résultats ne répondent pas à l'attente que le système avait exdtèe.
Nous sommes loin de prétendre qu'a fftt posslMe de mieux faire dans la Grande-Bretagne. Dans cette contrée^ de môme qu'aux Etats-Unis, le système d'Auburn doit échouer, non pas t«it paioe qull est insuffisant et inefficace sur l'esprit des détenus, que pare» qu'il ne sera jamais compris des hommes que l'on chargera de l'ap* pliqner. Un peuple diex qui llsolement individuel forme la bas» du système sodal, devait adopter, pour principe de la discipline pénitentiaire, la séparation absolue des détenus.
Mais si l'on voulait tirer une induction générale de ces exemptée particuliers ; si l'on prétendait que la règle d'Auburn, quand oa en retrancjhe la sanction du fouet, et même en la modifiant suivant les drconstances nationales, ne peut s'établir nulle part avec chanee de succès : alon nous opposerions les résultats d'une expérienoe Uen faite à ceux d'une expérience mal faite, et l'exemple de Ge^ nè^e à eeini de CddhaOïfield.
Toat le monde sait que la règle de GenèTe, calquée sur le plan d'Aubarn, mala appliquée à un nombre restreint de condamnés , maintient le silence le plus absolu parmi eux, sans lé secours des ch&timens corporels. La résistance ou Tinfraetion à la discipline établie y est chfttiée par l'empriflonnement solitaire, qui, lorsqu'on l'emploie temporairement et atec discrétion, dompte les caractères rebelles sans affecter la santé ni la raison. Ce moyen disciplinaire n'a Jamais paru manquer d'efflcacité, etl'épreute se continue depuis plus de dix ans. Le directeur, M. Auband, ne dissimule pas, dans son rapport, les difficultés qu'il a rencontrées ; mais il est satisfaisant de reconnaître qu'il lui a suffi d'une tolonté penéyérante pour en triompher.
« Al'égard de la discipline intérieure, dit M. Aubanel, on troute, en compulsant le registre de la conduite morale des prisonniers, que le chiffre moyen des punitions, qui était de 24 par mois dana la seconde année de l'outerture du pénitencier, était tombé suceessiyement A 18, 14, 11 et 9, quoique l'administration eût senti, dès 1830, la nécessité de renforcer beaucoup l'élément de séTérité. »
Le règlement de 1 833 ayant amené A punir la moindre infraction au sUence et tous les moyens de s'entendre entre prisonniers, par écrit, par signes ou gestes, le chiffre moyen des punitions s'éleya tout à coup à 33 par mois ; mais il est redescendu l'année suiTante à 26, et il n'a plus été que de 18 en 1835, et de 12 en 1836.
Pour comprendre l'insignifiance de ce dernier chiffre , il faut satoir que la règle du silence est plus sétère A Genève que dans aucun pénitencier des États-Unis : les gardiens eux-mêmes ne peuvent parler qu'A voix basse ; tandis que les détenus ne doivent pas communiquer entre eux, même du regard. Ce que l'esprit religieux fait A la Trappe, la force du règlement, Tintimidation, mais Fintimidation humaine, l'opère A Genève avec un succès complet; ti le silence n'est pas un obstacle A l'enseignement. M. Aubanel constate que sur 105 détenus dénués de toute instruction , 21 seule-
ment sortiront dans le môme état; tous les aatres ont appris à lire , à écrire et à compter. Les résultats moraux sont encore plus remarquables : sur une moyenne de 30 libérations^ Ton avait compté 10 récidives en 1833; 6 seulement en 1834, après l'adoption d'un système plus sévère, et 2 en 1835: en 1836, le chiffre des récidives est tombé à zéro. Que l'on cite un argument plus ^concluant que cette progression sans exemple , contraire même aux exemples des peuples civilisés.
Ce qu'il y a de valeur dans les prétendues expériences qui auraient tourné à la confusion d'Auburn et à la gloire du système de Philadelphie, chacun le sait maintenant. Nous avons tenu à rétablir des faits présentés sous un faux jour, parce que l'on en tirait des inductions qui pouvaient égarer la raii on publique. Mais nous n'adoptons, dans leur abiolu, ni le principe de l'isolement, ni celui du travail silencieux. La vérité n'a point ces formes universelles que Ton s'efforce d'appliquer à toutes les époques et à tous les pays. C'est surtout dans l'étude des améliorations sociales qu'il importe de se préserver des thèmes tout faits et des modèles de convention.
Il nous reste à examiner les objections purement théoriques que la combat des deux systèmes exclusifs a soulevées. Elles se réduisent à deux principales qui sont celles-ci : la règle d'^Aubum dépend trop et exige trop des personnes; en second lieu, elle n'a pas, comnae celle de Philadelphie, l'avantage d'élever un mur de séparation entre chaque détenu. Ces observations empruntent , il faut l'avouer, un certain degré d'importance à la parfaite lucidité avec laquelle les inspecteurs anglais les ont exposées dans leur dernier rapport. On nous permettra de les aborder de front, sans nous préoccuper plus qu'ils ne convient de l'autorité Justement imposante de leurs auteurs.
L0 système du travail en commun^ selon les inspecteurs snglais, ne tire son efficacité que de l'observation du silence. Le silence ne peut être obtenu que par l'emploi d'agens capables et dignes de
eonftaoce. Or lo plus grand nombre de cas employëi sont nëoessai rement choisis parmi les détenus. Les inspecteurs ajoutent que le silence, fût-il observé, inflige au prisonnier un chftUment trop sévère et sans utilité , tel que l'interdiction de toute communication, dauf les circons^nces qui donnent à cette mesure un caractère particulièrement oppressif , en portant la tentation de violer la règle au plus haut degré. Enfin ils pensent que l'intensité de ce châtiment dépendra de la rigidité avec laquelle la discipline sera administrée , et devra varier avec le caractère des directeurs ; ainsi la peine ne sera plus uniforme ni égale pour les condamnés.
Le défaut de catte argumentation, c'est qu'elle part d'une hypo-^ thèse absolument gratuite. li n'y a pas do système au monde, pas plus à Philadelphie qu'à Auburn, qui ait la vertu d'empêcher toute communication de signes et de sons entre les détenus d'une prison. L'obstacle matériel n'est pas ici moins impuissant que l'obstacle moral. Le pénitencier de Cherry-Hill nous en fournira la preuve. Voici ce qu'on lit dans le rapport de M. Blou^t , l'architecte qui a partagé les études et qui s'est assccié au pèlerinage de M. Demetz en 1830.
« Les prisonniers n'ont qu'une heure de promenade par Jour ; mais la moitié des prisonniers du rez-de-chaussée n'est libre qu'è des heures différentes. Pour prévenir les communications à voix basse, on a Jugé nécessaire que les cours fussent libres de deux en deux. Certainement c'est dans ce pénitencier que l'on a le plus fait pour empocher les prisonniers de êe communiquer. Gependant^pialgrè tous lesmoyens employés, on n'a pas encore réussi entièrement & prévenir les conversations. C'est l'avis du directeur lui-même. Les détenus se parlent par les conduits lorsqu'on les nettoie et par les ventilateurs. »
Que les détenus communiquent par signes dans les ateliers , ou qu'ils s'entretienneDt au moyen des ventilateurs de leurs cellules, le résultat est lo môme. Le système de Philadelphie n'opère pasl'i-
solement complet, pas plus qaelo système d'Aubum. Gela proufe
qu'il Défaut jamais, dans une réforme, seproposer l'impossible, il
n'y a pas de surveillance si vigilante quêtes rases d'un prisonnier ne
déconcertent -, 41 n'y a pas de cachot si profond que la voix humaine
ne puisse percer . Fortifier l'obligation du silence par tous les moyens
d'une sage discipline, c'est là tout ce que le régime pénitoaliaire
doit se proposer. Et l'exemple de Genève montre qu'il est possible
d'y parvenir sans employer le fouet ni le bâton. Dans le système des
pénitenciers agricoles , où les détenus se trouveraient séparés , en
ura vaillant , par une Cf rtaine distancf , le silence ne serait mènse plus
ne difficulté.
On se prévaut contre le système d'Auburn des qualité» mêmes ti^u'il exige dans les^employés chargés d'en faire ou d'en survelBer raiq>lication. Mais c'est là , selon nous , une nécessité commune à ous les systèmes pénitentiaires. Il n'y a pas de réforme qui ne dem ande pour agens des hommes d'une moralité certaine et d'une capacité éprouvée. Pensez-^ OUI que le directeur et les inspecteurs d'un pén itencier tel que G herry-Hill, qui ont le devoir de visiter les condà mnés dans leurs cellules et de les disposer, soit par le raison nement , soit par l'influence des sentimens religieux , à former de meilleures résolutions , puissent être impunément des hommes ordinaires ? Il y a là i^us qu'une magistrature , il y a un vérit able sacerdoce auquel tout le monde n'est pas su(Bs«aiment préparé.
G'est le mérite de toute règle vraiment pénitentiaire d'exiger des
ag ens capabtes , zélés et moraux. Le meilleur système pteirâ^
d ans les mains d'hommes ineptes ou indifférens. Si l'on veut con-
erver te personnel des geôliers qui gardent tes prisons telles qu'el-
es sont, il ne faut pas songer à la réforme. La règte, à notre avis ,
est tout entière dans la force et dans l'intelligence de l'autorité qui
a met en œuvre. Les pierres et les verrous ne corrigent pa».
Geux qui rêvent la séparation absolue des détenus, à toute heure, et dans tous les cas, se proposent d'empêcher du moins par Mqa
la corruption apportée dans la prison n'y fermente par le rapprochement des condamnés , et n'achôTe de les démoraliser. Bans le système de Philadelphie, nous dit-on, il y a certitude que les détenus ne sortiront pas du moins de leurs cellules, plus corrompus qu'ils n'y étaient^ntrés; le système d'Auburn, au contraire, les met en contact, et expose encore les plus faibles à la contagion des plus déprayés. A notre avis, la certitude est, à peu de chose près, égale dans les deux cas. Les récidives pour Wethersfield sont au- même degré que pour Cherry- Hill.
Gomment s'ioocule d'ailleurs cette contagion du vice parmi les détenus? Est-ce qu'un signe, une parole échangée à l'insu des gardiens peut suffire? On fait l'homme pire qu'il n'est , si Ton imagin® que le mal trouve ainsi son ame ouverte, et qu'il en dompte ou en détourne aussi librement les instincts naturels. La dépravation vient de la facilité et de la continuité des communications. Mais là où les détenus ne pourront que se voir et ne pourront pas s'associer, la réforme devient possible et probable ; d'ailleurs si le silence a ses tentations, n'a-t-on pas le travail pour les corriger ? . Un dernier mot. Les partisans du système de Philadelphie le regardent comme le seul qui , en prévenant les relations entre les détenus, ne leur permette pas de se reconnaître après leur libération. Ils pensent que defi condamnés qui ont pu se voir et se lier eo^onble dans la prison , renouent ensuite facilement dans le monde ces associations qu'ils savent rendre si redoutables aux personnes et aux propriétés. L'objection est grave , sans réplique même, si l'on admet que les détenus , au sortir de la prison , rentrent sans transition dans la société. Mais quel réformateur sensé voudrait replacer tout d'un coup des parias au rang des citoyens ?
Cette objection , sur laquelle insistent avec tant de chaleur les inspecteurs anglais MM. Crawford et Russell^ part donc d'une vue incomplète du sujet. C'est parce que l'Angleterre n'a point établi d'asile spéji^ial pour les détenus qui sortent de ses prisons , que le pouvoir administratif songe & y introduire la règle de Philadelphie.
Noos espérons que la France ne tombera pas dans la même faute , et que l'on eonaprendra chez nous l'inconséquence de réformer des condamnés qui ne trouveraient, au sortir des pénitenciers, ni sympathie, ni travail, ni pain. Ouvrez des colonies pour les libérés, en même temps que vous jetterez les fondemens des maisons pénitentiaires; et vous n'aurez plus aucun intérêt à éviter que les détenus aperçoivent levisage de leurs compagnons de captivité. Car ils se eonnattraient dans les refuges, s'ils ne s'étaient pas connus dans les prisons ; c? s colonies devant recommencer pour eux les habitudes de la société. La réforme pénitentiaire comprend deux degrés d'intimidation, l'état du détenu et celui du libéré. Que l'on supprime l'un ou l'autre, et la réforme périt. Il n'y a de durable ici-bas que les institutions qui sont complètes et que l'on peut couler d'un seul jet.
APPENDICE
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