N FAVEUR DU SYSTÈME CELLULAIRE
Le 27 Janvier, i onxe heuref du 8oir, une tentatiire d'évasion a en lien & la prison de Boarg, avec dei circonstances épouvantables.
Dans une même chambre se trouvaient Simon Rivet, condamné aux travaux forcés à perpétuité, pour assassinat de son oncle; Petetin^ Giraud et Gauthier, cond«mnés à la même peine pour avoir précipité dans le Rhône un marchand qu'ils avaient endormi avec un narcotique, et qu'ensuite ils avaient volé; Ghapuy, évadé six fois du bagne, et récemment condamné à vingt ans de travaux forcés ; Hum bert, forçat libéré, récemment condamné aussi à vingt ans de travaux forcés , et Mazuy, condamné k douze ails de la même peine, comme chef d'une bande de sept voleurs condamnés aux dernières assises.
Diverses fois ces détenus avaient eisayé déJÂ de s'évader, et ces tentatives avortées avaient donné lieu à de grandes précautions contre eux : on les avait tous mis aux fers ; on avait retiré de leur chambre tons les meubles, en ne leur laissant que leurs paillasses ; et tous les soirs, k la ronde de nuit, le concierge et les deux guichetiers étaient escortés de deux gendarmes.
Le S7 de ce mois, à onze heures du soir, i la ronde de nuit, à l'instant où le guichetier Paquet ouvrait la porte de la chambre des condamnés désignés plas haut, un coup lui fut porté qui éteignit sa lumière, et les sept condanméi libres de leurs fers, se précipitèrent en furieux sur les hommes qui faisaient la ronde. Trois coups de pistolet furent tirés par le geôlier et les hommes de son escorte, et pas un ne partit; un gendarme eut son sabre brisé, l'antre n'eut pas le temps de tirer le sien , et il y eut alors une lutte acharnée, corps k corps, telle que le succès fut long-temps incertain.
A une grille en fer située k l'extrémité du corridor où avait lien cette scène, la femme du concierge avait apporté des lumières , dont la clarté permit aux combattans de se reconnaître ; la lutte durait depuis près d'un quart d'heure
( 240 ) déjà, lorsque le guichetier Paquet, parvenu i se dégager des bras qui Pétrelgnaient, put tirer un poignard qu'il portait sur lui ; il en frappa succeniyement Mazuy , Humbert, Chapuy et Gauthier, qui tombèrent, et la révolte fut comprimée ; mais c'était une chose épouyantable à TOir, au milieu de la nuit, que toute cette scène de carnage , que ces quatre hommes étendus ; tout le corridor était inondé de sang.
La gendarmerie, un poste de la troupe de ligne, le préfet, le maire, le procureur du roi, sont arrivés sur les lieux ,'raais déjà tout était fini.
Maxuy est mort; les blessures de Gauthier et de Chapuy sont graves ; celles de Humbert, légères ; Simon Rivet a un doigt coupé.
Mazuy est mort en demandant pardon de tout ce qu'il a fait; Gauthier témoigne aussi du repentir; Humbert et Chapuy insultent et menacent encore; les autres prétendent s'être laissé entraîner par l'ascendant de ceux qui étaient renfermés avec eux.
On a tronvé, dans une fente du plancher de la chambre où étaient renfermés les condamnés, deux lames de couteau ébréchées en forme de limes, et qui avaient servi à limer les fers. Il avait fallu trois hommes échelonnés les uns sur les autres pour arriver jusqu'à l'endroit où les limei étaient cachées.
Depuis la mort de Mazuy, homme d'une force colossale, qui était fort redouté dans le canton de Thoissey, où il était à la tête d'une bande de malfaiteurs, aucun des condamnés de la prison de Bourg n'a succombé à ses blessures. Chapuy, l'auteur principal du complot, blesié à la tête, parait fort mal. — Les autres blessés , Gauthier dit la Montagne, et Humbert, éprouvent une amélioration inattendue.
Des soins leur sont donnés par M. Faide-major du 39* régiment, en garnison à Bourg, et par le médecin de la prison.
Un jeune cultivateur, nommé Berardan, détenu correctionnellement, a prêté aux gardiens un concours utile pour leur défense, dans l'attaque qu'ils ont eue à repousser.
On regrette que, d'après la distribution de la prison, il ne soit pas possible d'y placer un corps-de-garde ; il serait parfois nécessaire.
{Courrier de l'Ain.)
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JEVmS DÉLINQUANS.