‹ De la Réforme parlementaire et de la réforme électoraleChapitre 100 sur 139 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

» M. Lainé, en 1817, tend à élever les élections, à » les soustraire à l’esprit des petites localités et à r> diriger les choix vers les hommes les plus con- » nus, les plus considérés, dans tonte l'étendue du » département , par leur fortune, leurs vertus, leurs » lumières. L’intrigue et la médiocrité peuvent réus- » sir dans un cercle étroit; mais , à mesure que le » cercle s'étend, il faut que l’homme s’élève, pour » attirer les îegards et les suffrages. On arrête ainsi >» l’effet des petites et obscures influences, pour as- » surer celui des influences grandes et légitimes, et » on garantit d’avance à la nation que la Chambre » des députés ne sera composée que d'hommes vrai- » ment considérables, effectivement revêtus de la » confiance de leurs concitoyens, et vraiment dignes » et capables, par leurs talents, leur existence et leur » caractère, de concourir à la Confection des lois. »

« La première et la plus indispensable condition » de la meilleure élection, disait M. Royer-Collard, » en 1819, c’est le rapprochement des électeurs et » leur réunion dans le même collège. Voulez-vous » que l’électeur voie tout ce qu'il doit voir pour bien » choisir, et qu’il ne voie rien deplus?dégagez-lede » l’atmosphère locale, élevez-le, agrandissez son ho- » rizon. Voulez-vous qu'il soit fort contre le pouvoir » et contre les partis? donnez-lui des compagnons ,

» mettez les forces en commun , formez des masses.

» Les masses seules résistent; seules elles ont de la » dignité, de l'autorité, et co vif sentiment des in-

» térôts généraux, sans lequel il n’y a pas de gou- » vernement représentatif; seules enfin elles repré- » sentent véritablement la nation. L’objection de- » l'intrigue est trop forte. Là où l’intrigue serait » rendue impossible, il n’y aurait plus d'élection, » parce q&'il n’y aurait plus de liberté. La plus fart taie des intrigues serait celle qui livrerait les élec- » teins, dispersés et désarmés, aux séductions du » pouvoir et à la tyrannie des partis. »

« Des changements articulés, disait M. de Serre, » à la même époque, le plus funeste serait celui » qui briserait les collèges de département en sec- » lions siégeant dans les chefs-lieux d’arrondisse- » ment, ün détruirait ainsi tout esprit public, c’est- » à-dire le principe vital de tout état bien constitué. » Les électeurs, réunis au chef-lieu, se confondent » dans des intérêts généraux. Séparés par arron- » dissements, leurs sentiments et leurs votes se res- » serreraient avec leur sphère. Les choix, au lieu de » s'élever vers l'homme en possession d une in- » fluence, d’une considération qui domine le dé- » parlement, s'abaisseraient vers les inlluences do » localité. »

(Juand , aujourd'hui , après bientôt trente années , on relit ces passages, on est frappé de les trouver si vrais, si précis, si concluants; tout ce que prévoyaient M. I .aine, INI . Rover-Collard, M. deSerre, nous l’avons vu; tout ce qu'ils disaient, nous sommes forcés de le répéter, beaucoup moins bien ,

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