‹ De la Réforme parlementaire et de la réforme électoraleChapitre 113 sur 139 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

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dernières listes, il y a Ci collèges qui ont plus de 800 électeurs , 1 39 qui en ont de 800 à 300 , 87 qui en ont de 500 à 400, 95 qui en ont de 400 à 300, 77 enfin qui en ont moins de 300 Sur 459 collèges, en voilà donc 258 dont le chiffre n'atteint pas 500 votants; en voilà 172 dont le chiffre n’atteint pas 400; en voilà 77 entre 130 et 300. Voilà par conséquent, en s’arrêtant à la dernière catégorie, 77 collèges dont nécessairement l’élection dépend d'un très- petit nombre de familles, toujours les mêmes, et qui, pour la plupart, outre les intérêts locaux, ont des intérêts personnels à faire valoir. Placez maintenant à côté de ces familles, pendant quelques années , une autorité quelconque armée de toutes les forces de la centralisation , dispensatrice de toutes les faveurs administratives, et dites si la tentation ne sera pas presque toujours irrésistible; dites si, comme M. de Beaumont le remarquait justement à propos d’Embrun, les collèges dont il s’agit ne sont pas tous destinés à devenir nécessairement, fatalement, des bourgs pourris ministériels? Il suffit pour cela d’avoir quelque habileté , peu de scrupule et d’y mettre le temps.

Qu’on fasse juger cette question par des hommes de bonne foi, de bon sens, et dont aucun intérêt local ou personnel ne trouble l’esprit , et je suis certain qu’il n’y aura point deux avis parmi eux.

1 Appendice E.

DE LA R É FO K ME ÉLECTORALE. Ht)

« Je regarde comme admis, disait encore M. Gui- » zol en 1820, qu'il est à désirer qu’en général l'é~ » lection des députés ne soit pas l’œuvre d’un petit » nombre d’électeurs. Quand les réunions électora- » les sont fort resserrées, non-seulement l’élection » manque de ce mouvement, de cette énergie qui » entretiennent dans la société la vie politique, et » font ensuite, en partie du moins, la force du dé- » puté lui-même; mais les intérêts généraux, les » idées étendues, les sentiments publics cessent d’en » être le mobile et le régulateur. Des coteries se for- » ment; au lieu de brigues politiques, on a des in- » trigues personnelles; la lutte s'établit entre des » intérêts, des sentiments et des rapports presque » individuels. L'élection n'est pas moins disputée, » mais elle est beaucoup moins nationale... Partons » donc de ce point que les réunions électorales doi- » vent être assez nombreuses pour que les considé- » rations individuelles n'y dominent pas si aisé- » ment. »

M. Guizot pense-t-il (pie les intérêts généraux , les idées étendues, les sentiments publics soient aujourd'hui le mobile et le régulateur des collèges de 150 électeurs? pense-t-il que dans ces collèges il y ait beaucoup de vie politique et que les considérations individuelles n’y soient pas dominantes?

C'est là, je le dis sans hésiter, le vice principal de la loi, celui qui demande un prompt remède. Or, quand on a repoussé les deux degrés et qu’on n’a-

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