‹ De la Réforme parlementaire et de la réforme électoraleChapitre 118 sur 139 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

festent; 3° de fixer à un minimum beaucoup plus élevé que 130 par collège le nombre obligatoire des électeurs et d'abaisser par une mesure générale lo cens électoral. Il ne m'appartient point d'ailleurs de décider, à moi seul, jusqu'où doit et peut aller la réforme. J'indique seulement dans quelle voie, à mou sens, il faut entrer et quelle méthode il convient d’employer. Quand, en 1831 , l'opinion publique, pesant fortement sur les wliigs, leur fit comprendre la nécessité, un peu oubliée par eux, de réviser, de réformer sérieusement les vieilles lois électorales, les whigs ne s'avisèrent pas de tout jeter à bas pour tout reconstruire ensuite. Prenant pour bous les principes, pour solides les bases de leur législation, c’est au contraire à une simple réparation qu'ils bornèrent leurs efforts.* Ils avaient des bourgs où, par un abus traditionnel , le droit électoral appartenait au propriétaire de deux ou trois maisons en ruines : ils les supprimèrent. Ils en avaient d'autres où le droit électoral restait concentré, renfermé dans la main d'un petit nombre de personnes : ils les ouvrirent. Ils avaient enfin de grands centres de population , de richesse, d'intelligence qui n'avaient point leur juste part dans la représentation nationale : ils la leur donnèrent. Partout d’ailleurs ils étendirent ou régularisèrent le droit électoral. A l'exception des bourgs sans électeurs , qui n'existent point en France, nous avons à peu pris les mémos abus à corriger, les mêmes réformes à opérer. Pourquoi serions-nous

moins hardis que les whigs, et pourqnoi ce qui leur a réussi ne nous réussirait-il pas à notre tour?

Parmi les objections que l’on fait, non pas à telle ou telle partie, mais à l'ensemble même de notre système électoral, il en est pourtant une qui me frappe et qui me touche. On dit que, dans son uniformité, ce système ne se prête pas sullisamment aux variétés sociales, aux diversités politiques , et qu’en fait il doit, à la longue, bannir de la Chambre les minorités, celles du moins que séparent du gouvernement actuel des dissentiments profonds et permanents. Il faut à cet égard s’expliquer très-nettement. Je n'appartiens ni à la minorité radicale ni à la minorité légitimiste, mais je reconnais qu’elles tiennent l’une et l’autre une place importante dans la société française*, et je crois juste et bon qu’elles aient entrée à la Chambre. Je crois que, si elles en étaient exclues par le fait de la législation , la représentation des droits ét des intérêts serait incomplète et mutilée. Mais je ne pense pas que, pour la première au moins de ces minorités, pour la minorité radicale, il y ait aucun danger. La minorité radicale a dans le corps électoral des adhérents nombreux, ardents, et qui sauront toujours la faire respecter. Il est d’ailleurs inévitable que dans l’avenir, comme dans le passé , plus que dans le passé , il s’établisse entre les diverses fractions de l’opinion libérale un accord, une entente, dont la minorité radicale profitera comme les autres. A une certaine époque, la minorité radicale s’était

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