‹ De la Réforme parlementaire et de la réforme électoraleChapitre 12 sur 139 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

table, il ne restait rien de commun. C’est entre ces deux exemples qu’aujourd’hui les classes moyennes sont appelées à choisir.

' Que les classes moyennes le sachent bien . il n’y a pas de temps à perdre, et le moment est venu pour elles d’assurer pour longtemps leur influence ou de la compromettre. N’est-on pas frappé déjà de certains symptômes qui, entre ceux qui nomment les députés et ceux qui ne les nomment pas, font craindre une séparation , une rupture prochaine et complète? Il y a un an, M. Guizot se vantait à la tribune d’avoir la majorité non-seulement à la Chambre, mais dans tous les corps créés par l’élection; s’en vanterait-il encore? Depuis six mois les élections ont eu lieu , à plusieurs degrés de l’échelle politique. Quel est le résultat de ces élections? n’est-ce pas d’avoir augmenté dans la Chambre la majorité ministérielle et de l’avoir diminuée dans les assemblées inférieures? n’est-ce pas d’avoir ainsi , dans une foule de villes, manifesté deux mouvements en sens inverses, et mis la seconde couche électorale en opposition directe avec la première? C’est là, quoi qu’on en puisse dire, un fait grave, et dont un gouvernement sage ne manquerait pas de se préoccuper.

J’en ai dit assez pour indiquer l’intention qui dicte cet écrit. Je crois le mal très-grand , pas assez grand néanmoins pour qu’on doive désespérer d’en triompher par les voies légales et régulières. Rétablir avec fermeté, avec persévérance, les vrais principes du

SITUATION

gouvernement représentatif, ces principes oubliés, méconnus, dédaignés par ceux-là mêmes qui s’en faisaient naguère un moyen d'élévation et de fortune; rechercher dans la législation , dans les mœurs les vices patents ou secrets qui allèrent nos institutions, qui les corrompent, qui les dénaturent ; examiner les divers remèdes qui se présentent à l'esprit, et choisir entre ces remèdes ceux qui , efficaces sans être violents, peuvent obtenir en définitive l’assentiment dos hommes sages, des hommes honnêtes de tous les partis : voilà le but que je me propose, et ce but, je le crois conservateur dans le vrai sens du mot. C'est certes un fort beau nom , un nom fort honorable que celui de conservateur; mais c’est quelquefois un nom usurpe. Ainsi, quelque précieuses que soient les lois de 1831, il est, ce me semble, quelque chose de plus précieux encore et qui mérite mieux d'être conservé : ce sont les principes qui ont prévalu en 1 830 ; c’est le gouvernement qui repose sur ces principes; c’est le pouvoir parlementaire, sans lequel ce gouvernement est un vain mot. On n'est pas vraiment conservateur quand on foule aux pieds ces principes, quand on laissé périr ce gou-

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