CHAPITRE VI
CONCLUSION
Le gouvernement représentatif n'existe véritablement qu'à trois conditions :
1°Que la couronne, couverte par un ministère qui gouverne , reste toujours dans la haute sphère où la constitution l'a placée;
2° Que la Chambre élective, indépendante et jalouse de sa prérogative, soit, en fait comme en droit , le centre réel du gouvernement et le pouvoir prépondérant ;
3" Que les élections soient libres et pures, et qu’elles produisent ainsi une assemblée qui représente, dans de justes proportions, les droits, les intérêts , les opinions du pays.
Hors de ces trois conditions, on peut avoir l'apparence du gouvernement représentatif; on n’en a pas la réalité.
Je crois avoir établi que pas une des trois ne se rencontre aujourd'hui. Je crois avoir indiqué en outre quelques-uns des moyens à l'aide desquels on peut les faire revivre.
CONCLUSION
i lu
Mais, pour que, d’une part, ces moyens pénètrent dans la législation; pour que, de l’autre, ils produisent les bons effets qu’on doit en attendre, il faut qu’ils trouvent dans l’opinion publique, dans l'opinion du dehors un énergique auxiliaire. La citadelle qu’il s’agit de réduire est bien fortifiée, bien défendue, et ne se rendra certes pas à la première sommation. Les intérêts qu’il s’agit de vaincre sont des intérêts considérables, fortement organisés, habilement disciplinés. A mesure que le temps marche, ces intérêts, d'ailleurs, se groupent et s’entre-mêlent de manière à s'appuyer les unsles autres et à doubler, à tripler ainsi leur force de résistance. C’est donc une campagne longue, difficile, laborieuse que le parti libéral doit entreprendre; et tout le monde, dans le parti libéral même, n'aime pas ces sortes de campagnes.
Mettre dans la défense de l’intérêt général la même activité, la même persévérance, le même accord que d’autres mettent dans la défense des intérêts privés, voilà la loi qu'une nécessité absolue nous impose. Si nous prétendons réussir promptement et sans peine, il vaut mieux donner notre démission et attendre des temps meilleurs.
Malheureusement, je le sais, la France a toujours été plus renommée pour l'attaque que pour la défense , pour l'enthousiasme que pour la persévérance ; si elle voit en face d'elle un ennemi à combattre, un obstacle à renverser, elle se jette dans la lutte avec