‹ De la Réforme parlementaire et de la réforme électoraleChapitre 125 sur 139 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

commun une certaine soramed’idées et de'desseins, avec l’engagement tacite de ne point se séparer avant que ces desseins soient accomplis et ces idées réalisées. Cela n'empôche et ne doit empêcher, sur tout le reste, ni les penchants divers ni les vues séparées.

Je prie qu'on ne cherche dans mes paroles aucune application personnelle. Ce n’est pas tel ou tel de mes collègues que j’attaque, c’est une maladie fort commune que je décris, une maladie dont, en Angleterre même, le gouvernement représentatif a souffert plus d’une fois.

« Quand les hommes sont liés ensemble et forment » un parti , écrivait Burke, en 1770, ils peuvent ai - » sèment s’avertir, se donner mutuellement l’alarme, » au moment même où les mauvais desseins appa- » raissent. Us peuvent en outre sonder ces desseins » en commun et s’y opposer avec toutes leurs forces » réunies. Quand, au contraire, ils sont dispersés, » sans concert, sans ordre, sans discipline, les com- » munications sont incertaines, l’accord difficile, la » résistance impossible; Tant que les hommes igno- » rent quels sont leurs principes, tant qu’ils n’ont » pas, par des efforts communs, fait l’épreuve de » leurs talents , de leurs dispositions, de leurs habi- » tudes réciproques, il est évident qu’ils ne peuvent » jouer un rôle public avec uniformité, avec persé- » vérance, avec efficacité. Dans une association , » l’homme le moins considérable, en augmentant le » poids total , a sa valeur et son utilité. Dans l’état

CONCLDSION.

» de division, les plus grands talents deviennent » inutiles au public. Aucun homme, s'il n’est égaré » par le délire de l'amour-propre , ne peut se flatter » que ses efforts isolés , passagers , non systémati- » ques aient jamais le pouvoir de déjouer les trames » habiles et les intrigues combinées de quelques ci- » toyens ambitieux. Quand les méchants se liguent, » il faut que les bons s’associent, autrement ils tom- » beraicnt un par un , victimes peu dignes de pi-

» tié, dans une lutte méprisable Pour l'homme

» qui a reçu de ses 'concitoyens une mission im- » portante , ce n’est pas assez de vouloir le bien » de son pays; ce n’est pas même assez de pouvoir » dire qu'on n’a jamais commis une mauvaise ac- » tion, mais qu'on a toujours voté, parlé selon sa » conscience et résisté à tous les actes qu’on regar- » dait comme nuisibles. Le devoir oblige non-seule- » ment à voir le bien et à le montrer, mais à faire » tous ses efforts pour le faire prévaloir ; non-seule- » ment à signaler le mal et à le combattre, mais à » ne rien négliger pour en venir à bout. Quand » l'homme public refuse ou néglige de se mettre » dans une position où il puisse faire son devoir » avec effet, il manque à son devoir presque autant » que s’il le trahissait. Ce n'est certes pas une con- » duite sensée que de suivre la ligne droite, mais en » s’y prenant de telle sorte que les efforts que l’on » fait ne puissent avoir aucun résultat utile. » Quand Burke écrivait ces lignes remarquables , il

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