‹ De la Réforme parlementaire et de la réforme électoraleChapitre 126 sur 139 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

y avait un parti dont j'ai déjà parlé, le parti des amis du roi, qui, dans un dessein facile à comprendre, faisait tous ses efforts pour diviser l’opposition, et qui déjà n’y avait pas mal réussi.

A mon sens, les conseils de Burke sont aussi bons, meilleurs peut-être en France qu’en Angleterre ; et il me paraît insensé de croire qu’une guerre de guérillas puisse venir à bout d une armée bien organisée, bien nourrie, d une armée qui reçoit tout entière le même mol d’ordre et dont une seule pensée dirige tous les mouvements. Dans l’opposition, sans doute, les choses ne peuvent pas se passer ainsi . C’est dans des conférences, dans des délibérations en commun que la direction doit être arrêtée, le conseil exécutif choisi, le mot d’ordre donné. Mais, une fois cela fait, l’opposition ne doit pas oublier que, pour vivre, les démocraties n’ont pas moins que les monarchies besoin d’ordre et de discipline.

Est-il vrai d’ailleurs qu’entre les diverses fractions de l’opinion libérale il soit dillicile d’arriver, je ne dis pas à un accord complet, mais à une alliance utile et honorable? On en doute quand on lit certains journaux où, dans la vivacité d’une polémique quotidienne, les dissentiments grossissent et s’enveniment. Mais, en Angleterre aussi, les journaux whigs et les journaux radicaux sont souvent en querelle, ce qui n’empêche point le parti whig et le parti radical de marcher d’accord dans le Parlement et dans les élections. Tl est d’abord deux fractions de

CONCLUSION

l’opposition libérale, les plus nombreuses , qui, également dévouées aux institutions de 4 830, n’ont jamais différé que sur les circonstances, sur les moyens, sur les personnes. Aujourd'hui, ces différences sont à peu près effacées, et, pendant tout le cours de la dernière session , la bonne entente a été complète. Dans un temps où les institutions se jugent non par le sentiment , mais par la raison , on ne peut attendre que la monarchie constitutionnelle soit , comme fut jadis une autre monarchie, l'objet d’une idolâtrie aveugle et d’un culte intolérant. 11 est donc possible qu’à gauche et au centre gauche, tout le monde ne voie pas dans cette forme de gouvernement la forme définitive des gouvernements libres ni l’idéal éternel des sociétés humaines. Mais, sans contester à l’avenir ses espérances indéfinies, les deux grandes fractions de l'opposition constitutionnelle sont également convaincues que la forme dont il s'agit, favorable au maintien de l’ordre, se prête en outre à tous les développements de la liberté , à toutes les améliorations dont l'organisation sociale est susceptible. Elles veulent donc que l’expérience se fasse sincèrement, complètement, et elles croient qu’ainsi faite, l’expérience réussira.

Les radicaux croient le contraire, et, chaque jour, autant du moins que la loi le leur permet , ils essayent d'en dire les motifs. Est-ce pourtant une raison pour qu'ils s’isolent, pour qu’ils se tiennent à l’écart , pour qu’ils fassent obstacle aux efforts de

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