CHAPITRE II
» cours filial de ses députés aux desseins paternels » de son roi , et non pas une indépendance qui pût » le contrarier. La Chambre élective, en un mot, » était le conseil nécessaire de la couronne , dans des » cas déterminés , conjointement avec la Chambre » des pairs. Son objet était d'éclairer, de régulariser » la marche du gouvernement, sans prétendre diri— » ger la royauté. »
. Dans une autre occasion , combattant avec énergie la proposition d'une commission qui au projet du gouvernement avait substitué un projet tout nouveau, M. de Serre disait : « Nous soutenons que là i) oii est la proposition de la loi , là est le gouverne- » ment, là est la royauté. Nous soutenons que le roi, » dépouillé de la proposition de la loi (et la partager, » c'est la perdre), le roi ne conserve pas même la » liberté de la sanction. Proposer la loi, c'est régner, » c'est goirverner. »
« Je sais, disait-il encore, qu'on cite l'Angleterre, » où sans inconvénient les Communes proposent la » loi... Je réponds que l'Angleterre n'est point une » monarchie, que notre royauté, notre Charte ne » sont ni la royauté ni la constitution anglaises. En )> Angleterre existent des partis tout formés. En » France il ne nous faut point de partis. S'il en exis- » tait, le roi devrait planer sur tous, les dominer » tous également. Eu France la royauté ne doit point » être inerte, immobile, mais agissante. Elle ne doit » point se cacher sous les voiles ou , comme l'a dit
» un député, dans les nues. Elle doit paraître inces- » saluaient ; elle doit briller, et briller seule aux yeux » de tous. »
Donnant à sa pensée cette largeur et celte précision dont le mérite appartient à lui seul , M. Royer- Collard suivait la môme voie, et pénétrait plus avant encore dans la question.
« En Angleterre, disait-il, l’initiative, qui est le » principe de l'action , la haute administration et une » grande partie du gouvernement résident dans la » Chambre des communes. Chez nous le gouverne- » ment tout entier est dans les mains du roi. Il n’a » besoiu du concours des Chambres que s’il recon- » naît la nécessité d’une loi nouvelle et pour le » budget. »
. „« J'irai plus loin, ajoutait-il; je dirai : le jour où » le gouvernement n’existera que par la majorité de » la Chambre; le jour où il sera établi qu’en fait la » Chambre peut repousser les ministres du roi et lui » en imposer d'autres, qui seront ses propres miiris- » très et non les ministres du roi; ce jour-là, c’en est » fait non-seulement de la Charte, mais de toute » royauté , de cette royauté indépendante qui a pro- » tégé nos pères ; ce jour-là , nous sommes en répu- » blique : la France veut que son roi le 60it vérita- » blcment, et qu’il ait le pouvoir nécessaire pour n gouvorner. »
Plus tard, conséquent avec lui-méme, M. Royer- Collard établissait que la Chambre n'était pas récl-