CHAPITRE II
lement représentative, et que cette dénomination, importée d'un autre pays, était en France fausse et trompeuse. « La Chambre, disait-il, est un pouvoir, «non une représentation. Or, entre plusieurs pou- » voire qui concourent, la force des choses et le be- « soin de l'unité font prédominer plus ou moins l'un «ou l'autre de ces pouvoirs, qui acquiert sur les « autres une influence ouverte ou cachée; nul doute » que dans notre gouvernement le pouvoir royal ne » soit celui auquel doit appartenir cette influence de « direction. «
11 est certes étrange de trouver de telles idées, de tels principes dans la bouche du président de la Chambre de 1 830 ; il l'est plus encore de les entendre relever avec une fine ironie par M. de Bonald, contester avec une véhémence passionnée par M. de La Bourdonnaie; mais, encore une fois, tous les rôles étaient alors intervertis, toutes les situations déplacées.
Quoi qu’il en soit, tout en détestant l'œuvre à laquelle le parti de l'ancien régime voulait employer le pouvoir de la Chambre élective, il faut reconnaître que ce parti contribua beaucoup à fonder ce pouvoir, et qu'il fit faire à la théorie comme à la pratique du gouvernement représentatif des progrès considérables. Tout en gardant une profonde reconnaissance aux hommes courageux qui luttèrent pour la France nouvelle contre la contre-révolution , on ne peut nier qu'involontairement ou à dessein, ils
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ne méconnussent souvent la nature, le caractère, les conséquences nécessaires de nos institutions. En définitive,* c’est à la bonne cause, à la cause de la France nouvelle et des institutions libérales que profitèrent les efforts des uns et des autres. A la fin de 1816, le principe fondamental du gouvernement représentatif et les droits qui en découlent, le droit d'initiative, le droit d'amendement, le droit d'enquéte étaient conquis, et l’ordonnance du 5 septembre venait arracher le pays aux étreintes de la contre-révolution. De ces deux résultats également heureux, également salutaires, le premier était dû au parti de l’ancien régime, le second au parti constitutionnel; mais c’est au parti constitutionnel seul qu’ils devaient profiter l'un et l'autre.
A dater de ce moment, il était clair que ni le parti de l'ancien régime ni le parti constitutionnel ne se piquerait d'étre conséquent, et que bientôt chacun rentrerait dans ses voies naturelles. Ce double retour ne s'opéra pourtant pas tout de suite, et, pendant quelque temps, l’impulsion donnée par la tribune se communiqua à la presse. Ainsi, oubliant ce qu’il avait dit en 1814, M. Fiévée1 reconnaissait pleinement « que le ministère ne peut ni ne doit se main- » tenir sans le concours de la majorité. Pour défendre » la royauté contre l’influence démocratique , la » constitution avait donné au roi le droit de dis-
1 Correspondance politique et administrative.