‹ De la Réforme parlementaire et de la réforme électoraleChapitre 19 sur 139 · CHAPITRE H · texte numérisé non relu

CHAPITRE H

# soudre la Chambre des députés. Si les députés, «n’étaient pas réélus, tout était fini. Dans le cas «contraire, toute résistance de la part <les agents » de l’autorité royale devenait impossible , et ne pou- » vait être tentée qu'en renversant les lois fonda- » mentales de l’État. » Assurément le National et le Globe n’eussent pas mieux dit en 1 830.

M. Fiévée allait plus loin, et, abordant une question non encore résolue, il maintenait « que dans le » gouvernement représentatif l’initiative royale est » une absurdité, et que les lois ne doivent jamais » être proposées au nom de la couronne. »

On ne pouvait comprendre, selon Lui, « que le droit » de proposer la loi et le droit de la sanctionner rési- » dassent dans la même personne. Quand les rninis- » très proposaient une loi , il convenait que ce fût » en leur nom propre, comme en Angleterre. Quant » au roi, oryane de lu volonté de la société, c'était seu- » lement après tous les débats parlementaires qu'il » devait parler. » Déjà M. Benjamin Constant avait soutenu cette thèse fort sensée et fort juste; mais il était curieux qu'un écrivain royaliste s ’cn fit le défenseur.

A coté des passages que je viens de citer, il en était de fort différents, et M. Fiévée, en prenant la défense du principe parlementaire , paraissait un peu gêné. Mais il y avait alors dans le parti royaliste un homme de génie, un homme que les passions de son temps et de son parti ont pu égarer

quelquefois , mais qui , au milieu de ses erreurs mûmes, a toujours compris la grandeur et la nécessité des institutions libérales. Dans un livre célèbre et dont la première partie doit obtenir grâce pour la seconde, cet homme, M. de Chateaubriand, posa, maintint, développa avec une rare vigueur les vrais principes, les principes fondamentaux du gouvernement représentatif. La Monarchie selon la Charte est trop connue pour qu'il soit utile d'en donner ici l’analyse. J en veux seulement citer deux passages, qui touchent directement à la question, telle qu’elle se débattait en 1 830 , telle qu elle se débat encore aujourd'hui entre les deux prérogatives.

« Sous la monarchie constitutionnelle, dit M. de » Chateaubriand, c’est l’opinion publique qui est la » source elle principe du ministère, principium et » fons, et, par une conséquence qui dérive do celle- » ci , le ministère doit sortir de la majorité de la » Chambre des députés, puisque les députés sont les » principaux organes de l’opinion publique. »

« Le roi, dit-il ailleurs, étant environné de mi- » nistres responsables , tandis qu'il s’élève au-dessus » de toute responsabilité, il est évident qu'il doit les «laisser agir d après eux-mêmes, puisqu'on s’en » prendra à eux seuls de l’événement. S’ils n’étaient » que les exécuteurs de la volonté royale, il y aurait » injustice à les poursuivre pour des desseins qui ne » seraient pas les leurs. »

M. de Chateaubriand d'ailleurs n'hésitait pas à

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