‹ De la Réforme parlementaire et de la réforme électoraleChapitre 20 sur 139 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

prendre corps à corps «l’école prétendue libérale,

» qui professait hautement la doctrine que les Cham- » bres ne sont qu’un conseil, et qu'il n’y a pas de » représentation nationale. » Il n'hésitait pas davantage à soutenir, avec MM. Benjamin Constant et Fiévée, « que l’initiative est une attribution parle- » mentaire, et que la loi ne doit être proposée au » nom du roi que dans des cas extraordinaires. »

On le voit, à la lin de 1816, les royalistes, sur la question du gouvernement représentatif, parlaient , écrivaient comme ont parlé, comme ont écrit, depuis, les libéraux de 1830. En revanche, dans la presse aussi bien qu’à la tribune, le parti constitutionnel venait vaillamment au secours de la prérogative royale menacée. C’était d'abord M. Villemain qui , répondant à la fois à MM. Fiévée et de Chateaubriand niait « qu’en France le ministère dût néces- » sairement émaner de la majorité parlementaire, et » que l’inviolabilité du roi fût incompatible avec son » pouvoir effectif. » C'était ensuite M. Guizot qui , dans sa ferveur monarchique, s'indignait que l’on osât subordonner le ministère à la Chambre et condamner ainsi le roi à une pompeuse impuissance.

« La doctrine du parti, disait M. Guizot2 dans un » écrit où se trouvent d'ailleurs beaucoup d'idées » fort justes, et alors fort neuves sur la nature du

1 Le Roi , la Charte et la Monarchie.

’ Du gnurernenumt représentatif , — novembre 1816.

» gouvernement représentatif et sur l'accord des » pouvoirs, la doctrine du parti se réduit à ces » deux propositions : 1° C’est le ministère qui gou- » verne -au nom du roi; 2° c'est la majorité des » Chambres qui gouverne au nom des ministres. Or, » c’est là une théorie républicaine et qui ne peut être » acceptée que par ceux qui croient que le peuple » peut et doit se gouverner lui -môme. Les institu- » lions représentatives assignent à l’autorité souve- » raine des conditions et des limites , mais elles la » placcntentre les mains du roi, et du roi seul, dans » toute sa liberté comme dans toute sa plénitude — » C'est le roi qui veut et qui agit , qui seul a le droit » de vouloir et le pouvoir d’agir. Les ministres sont » chargés d'exécuter sa volonté. »

Kxaminant ensuite la question de savoir si c'est au gouvernement que doit appartenir la majorité, ou à la majorité que doit appartenir le gouvernement , M. Guizot niait que la majorité fût et dût être une quantité invariable. C’était, selon lui, « nue quantité incertaine et mobile, que l'on gagne, que l'on perd, que l’on retrouve. » Considérée en elle-môme , la majorité « n’était rien, ou plutôt elle n'était pas. » M. Guizot en concluait qu’il était impossible que la majorité gouvernât. Puis, venant au droit de dissolution : « Le droit de dissolution , disait-il , et l'in- » fluence que le gouvernement exerce sur les élec- » lions ont précisément pour objet de prévenir ce mal » qu'on a voulu ériger en principe, savoir que le gou-

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