‹ De la Réforme parlementaire et de la réforme électoraleChapitre 21 sur 139 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

» veraement doit appartenir à la majorilé. On aura » beau brouiller les idées, dénaturer les situations , » abuser des théories, il sera éternellement vrai que » le gouvernement appartient de droit, appartient de » fait au pouvoir qui gouverne en effet partout et à » tout moment, c’esl-à-direau pouvoir exécutif, par- » lieipant à la puissance législative. »

N’est-il pas fort curieux qu’après un voyage de trente années, M. Guizot soit exactement revenu à son point de départ?

Je pourrais prolonger ces citations. Elles suflisenl pour montrer que , dès la première année de la Restauration, la question du gouvernement représentatif et du gouvernement consultatif s'est nettement posée et a été librement et profondément débattue. Seulement, je le répète , par un concours singulier de circonstances, c’était le parti de l’ancien régime qui défendait le gouvernement représentatif, celait le parti constitutionnel (pii plaidait pour le gouvernement consultatif.

Dans les deux sessions qui suivirent, le côté droit n'avait plus la majorité, et le côté gauche arrivait. Les circonstances n’étaient donc plus les mêmes , et chacun pouvait revenir à ses tendances naturelles. Mais la force des situations prises fait qu'elles se prolongent souvent au delà des causes qui les ont pioduites. Pendant quelque temps la prérogative royale et la prérogative parlementaire conservèrent donc à peu près les mêmes défenseurs et les mêmes ad ver-

sairos. Il y eut même parmi les constitutionnels , ou soi-disant tels, de nouveaux venus qui voulurent renchérir sur leurs prédécesseurs.

« Jamais, disait M. Ravez, la France, cherchant la » vie dans ce qu’elle aime, ne s’accoutumerait à l’idée v d’un gouvernement où son roi , simple abstraction » devant les ministres, ne paraîtrait puissant qu'au » jour des cérémonies, des grâces et des vengeances. » C’est parce qu’elle est iière.de lui obéir qu'elle a » besoin de savoir que le roi seul commande. C’est » parce qu’il est roi qu’elle veut trouver en lui une » volonté devant laquelle toutes les autres volontés » fléchissent. Que les ministresobéissent comme elle.»

« Réduire le roi, en France, au vélo des rois an- » glais, disait M. Courvoisier, c’est en faire une » vaine idole et le réduire à user de séduction , dê » force, d’adresse pour reconquérir les justes préro- » gatives dont on le dépouille. »

Il est à remarquer que, le jour où il parlait ainsi, M. Courvoisier combattait M. Royer-Collard qui, proposant d'attribuer au jury lejugement des délits de la presse, venait de prononcer les l>elles paroles que voici :

« Une nation qui obéit à des lois qu’elle n'a point » consenties peut être sagement gouvernée. Elle peut » avoir de bons rois, de grands rois. Elle peut Reu- » rir au dedans et acquérir de la gloire au dehors ; » mais elle n’est pas libre , elle ne s’appartient pas à # elle-même....

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