‹ De la Réforme parlementaire et de la réforme électoraleChapitre 25 sur 139 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

quelques velléités fâcheuses et quelques secrètes tentatives, il en fut à peu près ainsi tant que M. Périer vécut et tant qu'après M. Périer les principaux ministres du 1 1 octobre surent résister aux efforts persévérants qui tendaient à les désunir. Mais, en 1834, il fut aisé d'apercevoir que la prérogative parlementaire aurait bientôt de nouveaux combats à livrer. En 1834, en effet, deux faits graves /e passèrent presque dans le même moment : à Londres, l'ambassadeur de France s’unit secrètement aux puissances absolutistes pour renverser un ministère libéral et suspect d’aimer trop les révolutions; à Paris, un ministère courageux, éprouvé, mais indépendant et parlementaire, se vit remplacé par un ministère plus complaisant, plus docile, et qui bien évidemment ne relevait pas de la Chambre élective. C était trop se hâter, et l’entrepriso échoua à Londres comme à Paris. A Londres, le ministère libéral et révolutionnaire remonta au pouvoir, le cœur plein des ressentiments qui depuis ont si tristement éclaté. À Paris, le ministère royal vécut trois jours, et bientôt après, malgré de vives répugnances, un président considérable, un président réel vint donner au ministère du 1 1 octobre l’unité apparente qui lui manquait. On peut blâmer la politique de M. Périer et de ses successeurs; on ne peut nier que ce ne fussent là les beaux temps du gouvernement représentatif*.

* Appendice B.

Ainsi, en 1831, la maxime : « le roi règne et ne gouverne pas » avait triomphé. Elle échoua en 1837, à l’avénement du ministère contre lequel, un an plus tard, la coalition se forma. En 1841 1 j'ai dit ce que je pensais de la coalition. Je ne puis aujourd'hui que persister dans mon opinion. En elles-mêmes , les coalitions sont un acte indifférent. Ce qui les caractérise, c’est le but quelles se proposent , c'est la pensée qui les forme et les dirige. Si l’on juge la coalition de 1 838 par ses résultats et par la conduite actuelle de certains hommes qui y prirent une part active, c'est un événement déplorable et honteux. Si on la juge par les causes qui la déterminèrent, par les principes qui en furent le lien, par les dangers quelle voulut prévenir, c'est un événement honorable et salutaire. Pour ma part, je le disais en 1811 , et je le répète avec une conviction plus profonde: en signalant alors au pays les progrès de la prérogative royale, le déclin de la prérogative parlementaire, nous avions cent fois plus raison que nous ne le pensions nous-mêmes. J’ajoute que le principal membre du cabinet ne se rend pas justice quand, pour obtenir grâce en haut lieu, il dit ou laisse dire que le principe de la coalition n’avait pas son assentiment complet, et qu'il gardait dans celle lutte des deux prérogatives une position intermédiaire. J'étais avec M. Guizot membre de la

1 lie la politique extérieure et intérieure de la France.

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