‹ De la Réforme parlementaire et de la réforme électoraleChapitre 40 sur 139 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

DE LA CENTRALISATION

Quand on examine la constitution politique de la France et celle île l'Angleterre dans leur forme extérieure et dans leur mécanisme visible, on les trouve à peu près semblables, et l'on est tenté de croire que le môme souille les anime. Mais, quand on veut les étudier dans leur organisation intime et dans le jeu secret de leurs ressorts, on est obligé de reconnaître que la ressemblance est plus apparente que réelle. En ■Angleterre, par un heurdux concours de circonstances, le gouvernement représentatif est né, a grandi , s’est développé avec les institutions secondaires et se les est, en quelque sorte, assimilées. Peut-être serait-il encore plus vrai de dire qu’en Angleterre les institutions principales ou secondaires procèdent de la même pensée, qu'elles sont sorties de la même souche, et qu'elles se rattachent les unes aux autres par une étroite parenté. De là vient qu'un lien secret en réunit fortement toutes les parties , et que sous beaucoup de diversité se cache une unité puissante. La discordance

DE LA CENTRALISATION

est quelquefois à la surface : l'harmonie toujours est au fond. Allez à Londres ou dans le plus humble village, entrez au parlement ou dans une petite cour de comté, et partout vous aurez le même spectacle : celui d’un pays qui se gouverne lui-même, d'un pays qui discute publiquement, librement ses intérêts, grands ou petits. C'est à ce noble but que l'Angleterre, par ses mœurs comme par ses lois, n'a jamais cessé d’aspirer et de tendre. C’est ce noble but qu’elle a fini par atteindre après de longs efforts, après des efforts qui n’ont pas lassé son énergique l>ersévérance.

Ainsi , en Angleterre, loin que les mœurs, les lois, les institutions secondaires entravent ou contrarient le pouvoir parlementaire, ce pouvoir y trouve son appui le plus solide, y puise ses forces les plus vives. En Angleterre, ainsi que M. Fiévée le remarquait justement dès 1 81 4 : « Les droits du parlement sont » le couronnement d'une foule d’autres droits qui les » soutiennent, et la liberté publique se rencontre à » chaque point de la circonférence comme au cen- » tre. » C’est un édifice qui peut avoir ses bizarreries, mais dont tous les étages reposent fortement les uns sur les autres. C’est un arbre qui affecte des formes peu régulières, mais dont les racines plongent profondément dans le sol , et dont les branches, aussi bien que la tige, sont pleines de vigueur et de sève.

En France, on le sait, l’origine du gouvernement

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