‹ De la Réforme parlementaire et de la réforme électoraleChapitre 49 sur 139 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

pendance nationales. Pour les autres, la centralisation est l'instrument le plus puissant du despotisme, l'ennemie la plus dangereuse du gouvernement représentatif et de la liberté constitutionnelle. De là une tendance manifeste, chez les uns, à maintenir, à fortiüer la centralisation , môme aux dépens du gouvernement représentatif; chez les autres, à sauver le gouvernement représentatif en détruisant la centralisation. Ce sont deux avis extrêmes et qui ne tiennent pas un compte suffisant de l’état des opinions et des faits. Il est à regretter sans doute que toutes nos institutions n'aient pas la môme origine, qu'elles ne découlent pas du môme principe, qu’elles ne se groupent [tas autour de la môme pensée; il est à regretter que l'organisation constitutionnelle de la France manque ainsi de cette unité, de cette homogénéité, de cette concordance qui font la force de la constitution britannique; mais il en est ainsi , et nous ne pouvons pas empêcher que nos institutions, nos lois, nos mœurs ne procèdent à la fois del'ancien régime, de la Révolution, de l’Empire, de la Restauration. Quoi que I on dise, quoi que l’on fasse, la centralisation impériale, d’une part , le gouvernement représentatif, de l’autre, ont poussé en France de fortes racines et sont assez robustes pour se défendre. Prétendre abattre l'une pour faire mieux prospérer l’autre, ce serait la plus folle des entreprises.

Est-il d’ailleurs bien prouvé, bien établi qu'entre le gouvernement représentatif et la centralisation

DE LA CENTRALISATION

administrative l'incompatibilité soit radicale et toute conciliation impossible? Oui, certainement, dans les conditions actuelles du gouvernement représentatif et de la centralisation ; non, peut-être, si ces conditions étaient sagement modifiées. C’est, il faut le dire, une pensée dont jamais on n’a paru se préoccuper, quand on touchait soit à l'organisation politique, soit à l'organisation administrative. A voir la manière dont ou s’y prenait, on eût dit que chacun des deux systèmes était isolé, indépendant, et n’avait besoin que d'être réglé en lui-même. N’est-ce pas comme si l’on construisait une machine dont les pièces , prises à part , seraient admirables , mais auraient l’inconvénient de ne pas s'ajuster ensemble?

Examiner les lois qui organisent la centralisation administrative et le gouvernement représentatif, non pas en elles-mêmes ou dans leurs rapports avec le système auquel elles se rattachent directement, mais dans l’influence qu’elles ont les unes sur les autres et dans leurs relations avec le système qui leur est étranger, voilà le premier travail à faire. Le second , c’est de réviser, de retoucher ces lois, de manière à les mettre en harmonie. Il y a là, ce me semble, pour tous les hommes que les querelles du moment n’absorbent pas et qui songent au lendemain, le sujet de réflexions sérieuses et d’importantes études.

Je dois me borner, en ce qui concerne la centralisation, à quelques réflexions générales et sommaires. A mon sens, on confond souvent sous le

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