CHAPITRE
ment pour qu'un gouvernement corrupteur ait toujours le moyen de corrompre; c’en est plus qu'il n’en faut pour qu'entre les mihistres, d'une part, les électeurs et les députés, de l'autre, de déplorables transactions restent faciles; c'en est plus qu’il n'eu faut pour que les tristes prédictions de M. Royer- Collard soient un jour réalisées.
Qu'on enlève à l'autorité centrale tout ce qu’on peut lui enlever sans dommage pour l'État; que partout, si cela est possible, on substitue la règle au bon plaisir, le droit à l'arbitraire; que l’entrée dans les fonctions publiques et l'avancement soient soumis à certaines conditions obligatoires; que les fonds communs soient, au moins pour la plupart, remis à la disposition des conseils généraux , et que cette source de corruption soit ainsi tarie ou diminuée, ce sera quelque chose sans doute; ce ne sera point assez, si l'on veut réellement puritier le gou- \ ornement représentatif. Après avoir attaqué la corruption dans quelques-uns des moyens qu elle emploie, il faut donc la frapper dans son siège principal, là où ses ravages se font surtout sentir. Voici, dès lois, comment la question doit être posée. Les lois qui règlent actuellement la composition, l'organisation delà Chambre des députés sont-elles favorables ou contraires au développement, aux progrès de la corruption politique? Peut-on, en modifiant ces lois, non pas supprimer entièrement le mal, mais le circonscrire , le réduire de manière à ce que la
DE LA CENTRALISATION
Chambre, au lieu de représenter quelques intérêts particuliers et locaux, représente vraiment l'intérêt général? En un mot, n'existe-t-il pas, au point de vue de la morale et de l’honnêteté publique, des réformes praticables et convenables , des réformes qui, sans donner aux théories absolues une satisfaction impossible, corrigeront dos injustices manifestes, feront cesser des abus flagrants, des abus intolérables? C’est ce que je vais examiner dans les deux chapitres qui suivent.