CHAPITRE IV
successivement présentés par Sandvs, avaient pour but, nou de rien ajouter aux lois précédentes, mais d'en assurer l'exécution. Ainsi, les lois précédentes excluaient de la Chambre des communes quiconqtie avait une pension révocable ou temporaire; les mêmes lois déclaraient inéligibles certains fonctionnaires salariés. Or, on trouvait le moyen d'éluder la loi , d'une part , en recevant de la couronne des cadeaux au lieu de pensions; de l’autre, en faisant mettre la place dont on touchait les appointements sous le nom d’un parent ou d’un ami. C'est cet abus que Sandys voulut atteindre en imposant à tous les membres des Communes le serment « qu’ils ne reco- » vaient,direclementou indirectement, delà couronne » aucune gratification, et que personne n’occupait . » pour eux une place quelconque en fidéicommis. » Quatre fois la proposition passa, presque sans débat, aux Communes; quatre fois Walpolc la fit rejeter par la Chambre des lords, malgré lord Winchelsea , lord Bathurst, lord Carteret, lord StralTord, qui la soutinrent avec ardeur. Du côté ministériel, elle fut surtout combattue par lord Falmouth, le duG de Newcastle et l'évêque de Bangor. Un jour, celui-ci déclara naïvement « qu’il fallait se garder d’assurer l'indé- » pendance de la Chambre des communes , de peur » de lui donner une trop grande supériorité sur les b autres pouvoirs et de détruire ainsi l’équilibre b de la constitution. » On comprend quel parti l’opposition tira de ce discours, qui, réimprimé à ses
frais et répandu par toute l'Angleterre, parut à tout le monde une apologie audacieuse de la corruption politique.
Eu 1734, à la veille des élections, l'opposition prit un parti plus net, plus décidé, et proposa, à quelques exceptions près, l’exclusion de tous les fonc- •tionnaires civils et militaires. Ce fut encore Sandys qui se trouva chargé de cette proposition. Elle eut pour adversaires M. Campbell, M. Winnington, Horace Walpole, Henri Pelham et Robert Walpoie lui— même, qui dénoncèrent le bill comme contraire au droit des électeurs, comme déshonorant pour les fonctionnaires, comme attentatoire à la prérogative de la couronne. « La loi, selon eux, en soumettant » à la réélection les membres des Communes qui » devenaient fonctionnaires, avait fait tout ce qu’il » était possible de faire. » A cela, Sandys, Pulteney, Digby, Thomas Wyndham répondirent avec un grand avantage et par des arguments qui ne sont pas moins applicables en 1846 qu’en 1734. « Il est » absurde, dit Sandys, de prétendre que le bill porte » atteinte au droit des électeurs. Si cela était, il fau- » drait supprimer toutes les conditions d’éligibilité ' » et toutes les restrictions précédemment adoptées.
» Quant aux fonctionnaires eux-mêmes, déjà la loi » exclut les employés des douanes et de l’excise,
» ainsi que les ministres du culte. Cela diminue-t-il » leur considération? Il faut ajouter que la considé- » ration des fonctionnaires s’accroît très-rarement