‹ De la Réforme parlementaire et de la réforme électoraleChapitre 57 sur 139 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

» dans la Chambre. Cela n’arrive guère que le jour » où on les destitue à cause de leur indé[>cndancc. » 11 est d’ailleurs fort aisé de dire qu’un emploi » n'exerce aucune influence sur celui qui le possède. » Tant que les hommes seront hommes, il yen aura » beaucoup qui voteront au gré du premier ministre, » plutôt que de perdre une place lucrative. Que les » choses restent sur le môme pied, et bientôt la » Chambre deviendra aussi méprisable que le sénat » romain, quand les empereurs en eurent fait leur » instrument servile. Personne ne demande que les » hauts fonctionnaires, les secrétaires d'État no- » tammcnt, cessent d’être membres de la Chambre. » Il s'agit d'en exclure ceux que leurs fonctions doi- » vent absorber tout entiers et ceux qu elles placent » dans la dépendance des ministres. »

« L’influence de la couronne, dit Digby, a beau- » coup augmenté, et l’on peut craindre qu’elle n’as- » serv isse les deux autres branches de la législature. » Il est vrai que l'intérêt du peuple et l’intérêt de la » couronne devraient toujours être le même ; mais cela » n’est pas, et la couronne s’est montrée quelquefois » la plus dangereuse ennemie du peuple. C’est contre » un tel péril qu'il faut se prémunir, en empêchant » le Parlement de se laisser corrompre. »

« Jamais le bill , s’écria Pulteney, ne fut plus né- » cessaire, plus indispensable. Grâce à la corruption » parlementaire, électorale, l’Angleterre louche au » moment où le premier ministre aura la majorité

» des deux Chambres dans sa poche. Qui songera » alors à l’accuser devant une majorité vendue et » toujours prête à l'acquitter, quelque coupable qu’il » puisse être? »

« A la vérité, dit Thomas Wyndham, on objecte » qu’en soumettant les membres promus à la néces- » sité de se faire réélire, la loi a fait assez, et on se » vante que la réélection a presque toujours lieu. » Comment en serait-il autrement, par la corruption » qui court? Le membre promu ne reparait-il pas avec » un double crédit devant scs commettants, qui voient » en lui le favori du ministre?... Autrefois il y avait » peu de places à donner ; aujourd'hui il y en a beau- » coup, et l’on commence à croire que, pour les ob- » tenir, il est nécessaire, indispensable d être mem- » bre du Parlement. Au train dont vont les choses, » la Chambre sera bientôt remplie de serviteurs de » la couronne, tandis que, d’après la constitution, » nous devrions être les serviteurs du pays. »

Quand Thomas Wyndham parlait ainsi, il y avait, d’après les calculs de l'opposition , un peu moins de 200 fonctionnaires dans une Chambre de 540 membres. Nous en avons autant dans une Chambre de 459.

Plusieurs membres ministériels ayant, dans cette circonstance, volé avec l’opposition, la proposition ne fut rejetée qu’à 230 voix contre 1 91 .

Les élections de 1734 , sur lesquelles l’opposition comptait, n'ayant pas changé la force relative des

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