DE LA RÉFORME PARLEMENTAIRE. <Î
do Richmond , dans la Chambre des lords , dénonçaient, chaque jour, à l'indignation publique « le vaste » système de rapine , dont le pays était à la fois com- » plice et victime. Il est notoire, disaient-ils, que » la corruption la plus effrontée ravage et dévore le » pays. Il est notoire que son pouvoir est devenu » irrésistible et que, de la vieille liberté britannique, » il reste à peine le nom. Trouverait-on aujourd hui » dans l'État un seul homme possédant un droit po- » litique, et qui ne songe pas à le vendre pour le prix » qu'il en peut trouver? L'action du Parlement n'a » point été abrogée ; mais elle a été indirectement » détruite par la corruption. »,
En 1780, l’Amérique était perdue, et, devant l’émotion produite par un si grand désastre , la corruption redoublait en vain ses efforts. Le ministère était donc ébranlé, la majorité chancelante, l'opposition ralliée, pleine d’ardeur, déterminée à frapper les grands coups. Le pays aussi s’agitait , et de nombreuses, d’énormes pétitions venaient, chaque jour, demander le renvoi des ministres et la réforme des abus. Dans celte situation , un vaste plan de réforme fut conçu par l'opposition , et lord Shelburne, à la Chambre des lords , Burke , à la Chambre des communes, proposèrent en même temps certaines réformes linancières, dans le but avoué d’annuler, de diminuer au moins les influences illégitimes qui pervertissaient le Parlement. — « Ces in- » fluences, disait lord Shelburne, ont pénétré par-