MOLLUSQUES, CRUSTACÉS BT INSECTES
Dans la nah variegaia^ la puissance de régénération est aussi fort grande, et Rœsel et Bonnet ont vu que quatre, cinq, six anneaux reproduisaient ranimai en entier. La régénération a pu être obtenue jusqu'à 12 fois chez le même animal.
Dugès se trouve cependant en désaccord sur quelques points avec Rœsel ei Bonnet ; il prétend n'avoir jamais obtenu de régénération en divisant un ver en deux parties. Rœsel et Bonnet affirment le contraire. Bonnet avait vu Texpérience réussir chez les naïdes et non chez les lombrics. Bomare et Bosc n'avaient pas été plus heureux. Réàumur seul disait avoir vu repousser la tête des lombrics.
Les hirudinées, les clepsînes, dont cependant.le sang est blanc, ce qui semble devoir les rapprocher des helminthes, ne possèdent pas une faculté de régénération bien marquée.
Sbav^ (2), qui a décrit des phénomènes de régénération chez les hirudinées, parait avoir confondu ces animaux avec les pianariés ; car, d'après d'autres expériences faites par Caréna (3), Rossi (4), la régénération ne pourrait se faire chez les sangsues que dans des circonstances exceptionnelles.
§ 2. — Régénération chez les mollusques, crustaxîés et insectes.
Les échinodermes et les mollusques peuvent régénérer le segment perdu du corps avec tous ses viscères. Une astérie reproduit l'un des rayons de son corps quand il lui a été arraché.
Les expériences sur la régénération des astéries et des actinies furent surtout faites à l'instigation de Réaumur par Bernard de
(!) Eggen, Von der Wtidererzettgung.
(2) Shaw, Desmption of the Hirudo viridis {Trans. ofthe Lvnnean Society. i7d1).
(3) Carcna, Monographie du genre Hirudo (Memorie délia R, Accad. délie scienze ATomo, «820, t. XXV, p. 313).
(4) Rossi, Osservazûmi intomo a due porzioni di Sanguisuga {Mem. delVAccad, délie scienze di Torino. 1822, t. XXVII, p. i30).
Jussieu et par Guellard. Le travail do Dicqucmare (1) conlienl des recherches pKis uomhreuses et plus variées sur le même sujet.
Les larves des blattes et des capricornes r(.'genèrenl leurs antennes.
Il est inutile de dire que les bras des céphalopodes, les trompes des planaires se régénèrent.
Ileinekcn (2) a \u aussi que les larves des forficules, ainsi que les larves d'autres insectes, peuvent reproduire leurs antennes. Cliez les phasmiens, d'après Muller (3), l'on pourrait voir la régénéralion des pattes se faire très-facilement.
Fortnum (i) et Ne^vporl ont rapporté dans ces derniers temps des observations qui démontrent ce fait.
iNous devons aussi h Newporl des expériences très-intéressantes sur ce développement des pattes et leur régénération chez la nymphe des vanesses, après Tampu talion de ces appendices sur la chenille.
(jœze (ij) a vu la réparation se faire chez une larve de perle.
Les limaçons régénèrent leur tête, et ce fait fut annoncé en I7(i*i par Spallanzani. Mais un certain nombre d'auteurs qui voulurent répéter ses expéiiences nièrent que le fait puisse exister. Adanson (G), après en avoir fait Tessai sur plus de l,oOO limaçons, nia que les individus auxquels on a coupé non pas la tête entière, mais même les tentacules et la mâchoire seulement, mais
(I nicqucniarc, An E:>S((f/ tou'dfds eluridatnnj ilu> ]iii>tuii/ of Sta A}umoniLS {Philus, Ti'i(/is,y 177iJ, p. 371).
(2) Uei[)('kcii, (hi tJic îlcprotlncUon of Ihc Mer/ii'US in S^'ùkrs imd IitSuts [Z^oL Jvunvil, 1029, t. IV, p. 2îJi).
(;{) Mi'iUcr, Manuel de Physivlorjiv, t. I, p.310.
(l) Furtrium, Lrttrr on the rti>rod(Otion of ihe Lhnhs in a Spccies of Phasmidac, thc Diura violesans {Procecd, of thc EfitomoL Soc, <>f London, 1844, p. OS).
(.')) Gœzc, Reproductions hraft bd dcn InstvLten (yaturforscher, 177^, n^ 12, p. 221).
(0) Adanson, Lettre ù Bonnet {Journal de ihtjsiqucy 1777, t. X, p. 173).