MOLLUSQUES, CRUSTACÉS ET INSECTES
«ans en laisser de racine, reproduisent ces organes. M. Cotte (1), Vaimont de Bomare (2) en 1769, nièrent aussi cette régénération.
Cependant madame Bassi, de Bologne, Lavoisier, Schœffer (3), virent les limaçons régénérer la tête ou l'abdomen. Mais c'est surtout à Bonnet (4) et à Tarenne que nous devons la démonstration incontestable de ce fait.
Les mâchoires, les tentacules et une grande partie de la tète de ces animaux peuvent certainement se régénérer^
Suivant Tarenne (5), le cerveau se reconstituerait aussi bien que la masse buccale ; nous ne savons pas, il est vrai, si l'intégrité du collier nerveux circum-œsophagien est une condition indispensable pour la conservation de la vie de ces mollusques. Gela nous parait cependant très-probable.
Schweiger a aussi fait des expériences sur les astéries, les mollusques, les crustacés, les insectes et les arachnides.
Ce dernier auteur affirme que les araignées peuvent régénérer les parties qu'elles*ont perdues. Heineken (6) au contraire prétend que les araignées ne reproduisent pas leurs pattes, lorsqu'elles cessent de muer ou qu'elles sont tout à fait adultes. Nous avons du reste signalé ce fait plus haut : la régénération se fait plus facilement chez l'animal à l'état embryonnaire ; les larves d'insectes reproduisent leurs antennes, les individus adultes ne présentent plus ce phénomène.
La régénération des pattes peut s'obtenir aussi très-facilement chez les cloporte^. On a cité un assez grand nombre d'exemples qui nous prouvent que chez les myriapodes, chez certains
(i) CoXiej Expériences sur les limaçons (Journal des Savants, 4770, t. ï, p. 357). — Suite des expériences et des observations sur les limaçons (Journal de physique^ 1774, i. m, p. 370).
(2) Vaimont de Bomare, Dictionnaire d'histoire naturelle, illQ, t. V, p. 133.
(3) Schaeffer, Versucheùber die Reproduktwti der Schnechen. 1768, 1770.
(i) Bonnet, Expériences sur la régénération de la tête du limaçon terrestre (Journal 4ephysique.ini, t. X, p. 139).
(5) Tarenne, Cochliopérief recueil d'expériences sur les hélices terrestres, 1808.
(6) Heineken, Froriep's Notùen 606, 607.
Dbmabqoat. — Régénérations, 2
insectes et chez les jules et les lithobies, la régéDération des pattes et des antennes se montre fréquemment. G. Newport (1) a observé un assez grand nombre d'indices de régénération sur des myriapodes de la collection du Musée britannique.
De Réaumur (2) s'étend longuement sur la régénération de certaines parties chez Técrëvisse. D'après Réaumur, quand l'écre- \isse a perdu une patte, la plaie se remplit d'une pellicule grenue et rougeâtre qui, au bout de quatre à cinq jours, fait une saillie d'abord sphérique, puis conique, se déchire ensuite et laisse passer la patte.
Cette patte, molle d'abord, ne tarde pasà se couvrir d'un test solide.
Il faut bien remarquer que la production d'une patte nouvelle n'a pas lieu indifféremment sur tous les points de la longueur du membre; elle se fait surtout, ainsi que le fait remarquer M. Milne- Edwards (3), qui s'est occupé d'une façon si remarquable du squelette tégumenlaire des crustacés, à l'extrémité de l'article qui suit l'article queJ'on connaît sous le nom de basipodite. — Cette pièce du squelette tégumentaire, unie à l'article suivant par soudure cicatricielle, peut s'en séparer facilement, et il suffît seulement d'un mouvement brusque de l'animal pour opérer la rupture.
Dans tous les faits que nous venons de passer en revue nous avons vu la régénération se faire avec une grande facilité chez des animaux à organisation plus ou moins élémentaire.
Nous arrivons maintenant à des animaux dont l'organisation est supérieure et chez lesquels nous verrons se former, après l'ablation de certaines parties, la peau, les muscles, les os, les nerfs même et les vaisseaux de façon à remplacer complètement la parlie d'organe enlevée.
(i) Newport, On the Beproduction oflost parts in Myriopoda and Insects {Phiios. Trans. 1844, t. IV, p. 204).
(2) De Réaumur, Hùtùire de l'Académie des sciences. 1712, p. 226.
(3) Milne-Edwards, Observations sur le squelette tégumenlaire des crustacés {Annales des sciences naturelles^ 3« Bérie, 1831, t. X\I^ p. 228, pi. XI, fig. 9).