RÉSUME
De tout ce qui précède, nous pouvons conclure hardiment que nous ne sommes pas de l'avis de ceux trop nombreux qui ne voient pas de différence entre la régénération normale et la cicatrisation. Si nous ouvrons quelques traités de pathologie, nous y verrons les articles Inflammation, Cicatrisation, traités longuement, mais nous y chercherions en vain des considérations que nous jugeons indispensables sur la régénération normale. Nous nous sommes, il est vrai, trop habitués à voir la régénération entravée, perturbée, suivre une voie fâcheuse et aboutir à la cicatrisation, et dans nos descriptions chirurgicales nous n'avons en vue que la cicatrisation. C'est un excès que nous devons modérer; laré-
{\) Canstatfs Jahrsb. 1845, 172.
génération qui devrait se produire est rare, la cicatrisation est le mode leplus habituel de réparation des plaies. L'inflammation dépasse ses limites ; elle assiste k un travail auquel elle devrait être étran* gère et aussi croyons nous que, si nous avons à donner une définition de l'inflammation, nous ne parlerions pas seulement de la série des phénomènes observés dans les tissus analogues à ceux produits artifîciellement, mais nous dirions : a L mflammation est caractérisée par une série de phénomènes dus à f irritation; l'activité formatrice exagérée^ la formation de régression exagérée sont ses deux caractères essentiels. »
Un tissu qui se régénère normalement ne doit pas présenter cette activité formatrice exagérée, car il ne faut pas oublier que toute exagération dans la production d'un travail physiologique constitue un état pathologique, et la cicatrisation est la conséquence de cet état. Nous verrons plus loin quelles sont les conditions de milieu très-multiples ^ui font dévier le processus de régénération. Nous ne dirons pas qu'il suffit de soustraire une plaie au contact de l'air, pour éviter ta suppuration, d'autres causes et elles sont nombreuses, interviennent. Elles ne proviennent pas du milieu extérieur seul, mais encore du milieu intérieur.