CHAPITRE VIII
jdSOANAUÀTION DES CENTRES NERVEUX. — MOELLE
fiPINI&RE, — CERVEAU,
Quelques observateurs ont prétendu qu'après l'ablation de parlies assez considérables des centres nerveux, il pouvait y avoir une véritable régénération.
M. Brown-Séquard (1), ayant coupé la moelle épinière à un pi« geon adulte, le tua et trouva, non sans surprise, que les deux bouts de la moelle s'étaient réunis,
FoUip, qui examina la partie régénérée au microscope, trouva des cellules de substance grise et des fibres nerveuses ; mais ces deiv nières étaient en quantité moindre qu'à l'état normal.
Malgré cette régénération, on n'avait pas observé chez l'animal un retour complet de la sensibilité et des mouvemenis volontaires.
Cette régénération de la moelle épinière est incontestable chez les reptiles et les batraciens urodèles. Nous savons que chez la salamandre, le triton, si l'on enlève la queue, un nouvel appendice caudal ne tarde pas à apparaître muni de vaisseaux et de nerfs, la partie caudale de la moelle épinière s'est donc parfaitement régénérée.
Si la régénération de la moelle épinière ne nous semble devoir être admise qu'avec une grande réserve, doit-il en être de même pour la régénération du cerveau ?
Voigt (2) nous dit avoir enlevé chez un pigeon le cerveau propre-
(1) Brown-Séquard, Régénération des tissus de la moelle épinière {Comptes rendus de la Société de biologie. 1 850. )
(2) Voigt. Munck. Acad. Bericht, <873; Centralblatt, i864, p. 53 ; et Voigt, Obse^'va-
RÉGÉNÉRATION DBS CENTRES NERVEUX. il9
ment dit. Cet oiseau marchait, volait souvent, ou reculait lorsqu'on voulait le saisir, seulement il ne mangeait pas de lui-même.
Cinq mois après l'opération, il fut tué : a àla place du cerveau en* levé, on trouva une masse blanche qui se continuait sans interruption et sans démarcation avec les pédoncules non enlevés du cejrveau. Elle avait la forme des deux hémisphères dont chacun contenait une petite cavité remplie de liquide. Toute la masse consistait en fibres nerveuses à double contour parfait, avec des cellules ganglionnaires intercalées. Ce serait là, ajoute M. Rosenthal, qui fait l'analyse du travail de Voigt, le premier fait de nouvelle formation de la masse cérébrale, avec restauration de ses fonctions.
Chez un autre pigeon, auquel Voigt avait aussi enlevé le cerveau proprement dit, et qui fut tué vingt-deux mois après l'opération, on n'observa pas les mêmes phénomènes de régénération.
M. Philipeaux nous a dit avoir pratiqué quelques expériences afin de savoir si la régénération du cerveau est bien réelle. Cet habile physiologiste n'est pas encore arrivé à des résultats bien cer« tains, et nous devons attendre que de nouvelles recherches nous aient éclairés sur cette question difficile.
fions sur Vablation des hémisphères cérébraux chez le pigeon (Munch. Acad, Bertcht, 1868, p. 105; Centralblatt, 1868^ p. 752).