DU RENOUVELLEMENT DE LA MATIÈRE
rable parole : « C'est se faire une irl6o fausse de la vie que de la considérer coQime un simple lien qui retiendrait ensemble les élé- ' ments du corps vivant, tandis qu'elle est, au contraire, un ressort qui les meut et les transporte sans cesse (1). »
Mais nous voyons bientôt Serres etDoyère(2), dans un remarquable travail, arriver aux conclusions suivantes : « 1^ En ce qui concerne la coloration, c'est un phénomène purement chimique, qui se produit dans le tissu tout formé, c'est un fait dépure teinture. »
2"* En ce qui concerne la circulation du sang, le système capillaire du tissu osseux n'est le siège que A' une circulation obscure ; nous indiquons ce fait comme pouvant exister dans d'autres tissus; nous croyons en avoir trouvé pour le tissu osseux en particulier, une preuve visible dans la marche que suit la coloration chez les animaux soumis au régime de la garance.
3^ En ce qui concerne la nutrition, cet échange, ce renouvellement, ce tourbillonnement perpétuel des molécules ne sont point une condition essentielle des tissus vivants, à moins que l'on ne veuille ranger le tissu osseux parmi les tissus morts.
On le voit, le désaccord est grand, cependant il est permis de dire que si l'expérimentation par la garance n'est pas un guide certain pour la démonstration du renouvellement de la matière, il n'est pas logique d'en conclure que ce renouvellement n'existe pas. Quant à lacirculation obscure dont jouirait l'os, d'après MM. Serres et Doyère, nous croyons qu'il est loin d'en être ainsi ; de récentes expériences que nous venons de faire prouvent que l'os est un organe éminemment vasculaire ; la moelle elle-même est très-riche en vaisseaux, et des propriétés hémato-poïétiques (Neuman et Bizzozero) lui ont élé attribuées par certains auteurs. Les vaisseaux de l'os sont en effet fort nombreux et leur situation nous est aujourd'hui parfaitement connue.
Malgré les pbjections peu fondées d'un certain nombre d'au-
(0 Cuvier, hap^^rt historique sur les progrès des sciences naturelles. Parîs^ 18i7, (2) Serres et Doyère, Annales des sciences naturelles. 2* sérle^ t. XVU.