‹ De La Regeneration Des Organes Et Des TissuesChapitre 8 sur 71 · DU RENOUVELLEMENT DE LA MATIÈRE · texte numérisé non relu

DU RENOUVELLEMENT DE LA MATIÈRE

leurs, nous sommes donc obligés d'admettre, et un grand nombre de raisons nous y convient, qu'il se fait dans notre organisme un circulus continuel : des matériaux sont apportés; parmi ces matériaux, certains sont utilisés aussitôt qu'ils ont pris place dans l'organisme comme matière vivante; d'autres pour ainsi dire placés en réserve, prêts à remplacer les éléments devenus inutiles et qui disparaîtront bientôt.

Écoutez plutôt notre illustre physiologiste Claude Bernard (1) : « L'organisme une fois développé constitue une machine vivante, qui, en même temps qu'elle se détruit et s'use sans cesse par l'exercice de ses fonctions, se répare et se maintient au moyen des phénomènes de nutrition, pendant un temps variable, mais dans des limites que la nature lui a tracées d'avance. La nutrition n'est que la génération continuée. »

Concluons donc, et c'est la seule manière d'envisager la question, que la nutrition étant la création continuée de la matière organique, au moyen des procédés histogéniques propres à l'être vivant, il ne nous est plus permis, sous peine d'erreur grossière, de nier la génération nouvelle d'éléments anatomiques. Nous attirons surtout l'attention sur cet emmagasinement de matériaux plastiques qui ne serviront que plus tard, et qui suivant nous jouent un grand rôle dans la question des régénérations.

Comment n'être pas frappé en outre de ce mouvement général, ou plutôt, comme on l'a appelé avec plus de raison, de ce cours de la vie? Plus rapide d'abord, la vie se ralentit bientôt, et son cours est la conséquence même du renouvellement continuel de la matière ? Comment ne pas remarquer la différence si grande qui existe entre l'enfant et le vieillard. La loi seule de la transformation insensible de la substance organique, son renouvellement peuvent seuls nous faire comprendre les changements. — Les actes intimes de la nuti*ition nous font voir eux-mêmes que le renouvellement

(i) Q. Bernard, De la Physiologie générale. i872.

U) DU RENOl VELLEMENT DE LA MATIÈRE.

existe, et il nous serait difficile (rétablir une théorie générale si nous ne Tadmettions pas. La question des régénérations ellemême deviendrait encore plus obscure cprello n'est, et nous ne pourrions comprendre comment les éléments constituants d'uu nerf, d'un tendon, une fois enlevés, pourraient se régénérer, si de nouveaux matériaux qui circulent ne se fixaient pour venir donner lieu à une régénération.

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