‹ De la religion aux États-Unis dÁmérique (volume 2)Chapitre 108 sur 111 · ÉTAT RELIGIEUX DES MANOFACTDHBS. B2S · texte numérisé non relu

ÉTAT RELIGIEUX DES MANOFACTDHBS. B2S

effets da système volontaire sur l'état religieux des vastes fabriques qui, depuis vingt-cinq ans, ont été créées dans les Etats du Nord et du Centre. C'est un point au sujet duquel je me reprocherais de n'avoir pas dit au moins quelques mots.

Nous avons des fabriques où des ouvriers des deux sexes sont réunis par centaines et même par milliers. Or, on ne se fliît aucune idée de Tinfluence que l'Evangile exerce sur ces multitudes ailleurs si démoralisées. Pasteurs et membres des églises recueillent tout ce monde dans des écoles du dimanche et des classes bibliques ; ils engagent leurs élèves à fréquenter le culte public; ils fondent pour eux de bonnes bibliothèques, et leur donnent des leçons sur toutes sortes de sciences utiles, sans oublier la seule nécessaire. Pour ma part , je n'ai jamais vu de communautés plus morales que celles qui se trouvent dans ces villages de manufactures; mais il faut dire aussi que nulle part TEvangile n'est prêché avec plus de force et de persévérance.

De ces localités, la plus remarquable est la ville de Lowell, sur le Merrimac, à 30 milles nord-ouest de Boston. C'était en 1827 un village de 3500 habitants, et maintenant c'est une ville dont la population était, en 18^0, de 20,000 âmes. Les filatures de colon, de laine, et autres manufactures qui y sont en grand nombre, y attirent une foule d'ouvriers, et surtout des jeunes filles de quinze ans et au-dessus. Elles y arrivent d'assez loin, les unes pour gagner de quoi entretenir leurs parents pauvres, d'autres pour achever leur éducation ; d'autres ehfln, fiancées dans leur pays natal, viennent se procurer de quoi se faire un petit trousseau.

En 18^0, on comptait ù Lowell quinze ou seize églises. Aqx écoles du dimanche, qui se rattachaient à dix de ces églises, se rendaient environ 5000 élèves, dont les trois quarts étalent des personnes du sexe, la plupart âgées de plus de quinze ans. Fendant l'année 1839, on en remarqua plus de 500 qui devinrent sincèrement pieuses, et cette armée n'eut rien de phis extraordinaire que les autres.' Si l'on ajoute à ces écoles

&ik APPENDICE.

celles qui dépendaient des autres églises que j*ai laissées en dehors, il y aurait bien en tout GOOO personnes au moins qui 5e réunissaient en écoles du dimanche, soit comme élèves, soit comme répétiteurs. Il est environ 1000 de ces ouvrières qui ont des fonds à la caisse d'épargnes pour une somme totale d'environ 100,000 dollars. Elles ont toutes beaucoup de goût pour la lecture, et comme je Tai dit, on leur fournit d'excellents livres. Lorsque je visitai Lowell en iSiii-l, j'y vis deux journaux mensuels qui avaient l'un et l'autre très-bonne apparence. L'un intitulé le Magasin des Ouvriers^ in-8® de 16 pages, et l'autre V Offrande de Lowell, in-8^ de 32 pages. Ils m'ont paru rédiges avec talent ; le dernier surtout renferme beaucoup d'articles originaux écrits uniquement par des femmes employées à la fabrique.

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