CHAP. ¥1. COLONISATION DE L'INTÉRIEUR
doule fort qu'à la pai^ de 1783 il y eût plus de vingt mille Ânglo-Âméricains dansIaPensylvanieoccideDtale, dans le Kentucky et le Tennessee. Celaient les postes avancés de la grande armée qui devait suivre^ et, toutefois, pendant plusieurs années après la paix, la colonisation de l'intérieur fut beaucoup moins rapide qu'on n'eût pu le supposer.
On ne connaît pas au juste le montant de la population des treize provinces au commencement de la révolution, mais il ne parait pas qu'il excédât trois millions et demi, en y comprenant les esclaves. L'ac->croissement de la population le long des côtes fut considérable et rapide. L'Etat de Vermont ne tarda pas à s'ajouter aux treize Etats primitifs ; et depuis 1820, l'on compte quinze Etats sur l'Atlantique, à raison de ce que le Maine, province en quelque sorte du Massachusels, constitua dès cette époque un Etat à part. Il est à remarquer, d'ailleurs, qu'après la guerre tout danger disparut de la part des aborigènes, dans la contrée entière qui s'étend des ÂUeghanys à rOcéan. Les restes des diverses tribus qui la parcouraient précédemment s'étaient retirés vers Touest, où plusieurs d'entre elles se confondirent avec d'autres tribus, comme je l'ai dit ailleurs. Il faut excepter un certain nombre d'indigènes qui occupaient encore quelques districts dans les Etats de la Nouvelle-Angleterre, dans ceux de New-York et des Carolines.
Il en allait tout autrement de l'autre côté des Apa-. lacbes. Les Indiens y étaient en force; et les colons avaient d'autant plus sujet de les redouter, qu'on les
supposait excités par le gouvernemeDl anglais du Canada. Sauf en quelques points de la Pensylvanie occidentale et du Tennessee oriental, il y eut peu de sûreté pour les Américains jusqu'en 1795. Ceux qui émigrèrent les premiers dans l'Ohio souffrirent considérablement de la part des Indiens, qui taillèrent en pièces les deux armées qu'on envoya contre eux, sous le commandement des généraux Harmer et Sain t- Clair. Pour établir une paix un peu solide, il fallut la victoire remportée par Wayne sur la rivière de Miamidu-Lac. Plus tard, et comme prélude à la guerre que les Américains durent soutenir contre l'Angleterre, de 1812 à 1815, les Indiens recommencèrent les hostilités avec une nouvelle fureur. Les Crîks (Creeks), puissante tribu qui habitait l'Iudiana et l'Alabama, causèrent aux Etats-Unis de sérieuses difficultés, et il fallut de nombreux combats pour les réduire. Mais, depuis cette époque, les Américains sont maîtres de la Grande-Vallée, comme du littoral de TAtlantique.
Il y a maintenant (1842) soixante années que>3ommença proprement l'émigration vers le Mississipi. Pendant trente-cinq ans les progrès furent peu considérables; mais dès lors, et malgré d'immenses difficultés que je ne m'arrête pas à décrire, ils ont été vraiment merveilleux. On pourra s'en convaincre par le tableau suivant, résumé du recensement de 1840 :
CHIF. VI. COLONISATION DE L'INTÉRIRUR.
Ohio. . .
Indiaaa. .
Michigan. .
Illinois . .
Kentucky. .
Tennessee .
Missouri. • Ârkansas. • Alabama. .
Mississipî. .
Louisiane • Wisconsiu .
Jowd. .
Milles carrés.
PopuIilioD. .
Total, 6,376,974
£d général, rémigration marcha d'orient en occident sans trop s'écarter ni à droite ni à gauche. Les colons partis de New-York, après avoir pénétré dans les quartiers occidentaux et septentrionaux de ces Etals, s'avancèrent de plus en plus à l'ouest dans les districts nord de l'Ohio, de l'Indiana et de rillinois;ils s'étendirent sur tout le Michigan, et maintenant ils peuplent le territoire de Wisconsiu. Les colons venus du sud de l'Etat de New-York, du New-Jersey et de la Pensylvanie orientale, occupèrent d'abord la Pensylvanie occidentale et de là se portèrent sur les contrées centrales de l'Ohio et de l'Indiana. Le Maryland et la Virginie , après avoir colonisé la Virginie occidentale etleKentucky, dispersèrent leurs colons dans les por-
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tioDs méridionales de l'Ohio, de riodiana et de riliinois; tandis que ceux de la Caroline du nord , ayant colonisé le Tennessee, se dirigeaient sur le Missouri et le Jowa. Enfin, la colonne sortie de la Caroline du sud, après avoir couvert l'Alabama et une grande partie de f Etatdu Mississipi, s'étend maintenantdansl'Ârkansas. Cette esquisse de la marche de nos colonisations, aussi exacte qu'elle puisse l'être quand on s'en tient à des termes généraux, nous donne la clef du caractère politique, moral et religieux de l'ouest. Dans chaque zone de l'Amérique, on retrouvera les phénomènes sociaux que nous offrent les contrées de l'Atlantique, mais avec l'exagération, si j'ose le dire> qui est une conséquence de la vie du désert et qui doit s'effacer à mesure que la population s'accrott et que la civilisalion fait des progrès. Sans doute que, dans tout Toccident, il se trouve aussi nombre de traîneurs venant de l'est, ou arrivant directement d'Europe; on y voit surtout des Allemands qui, débarquantà laNouvelle* Orléans, arrivent par les bateaux à vapeur dans Tindiana, l'IUinois, le Missouri, le Wisconsin et le Jowa; mais ce ne sont là que des exceptions, et l'ensemble des choses est d'ailleurs tel que nous venons de le dire.
CHAP. YU. ÂPTITIJDB GOLOKISATAICB , ETC. 36