PRÉFACE DE L'AUTEUR
A la demanda de quelques hommes dislin{|;ués par leur piété et par teur position sociale dans son pays natal , Fauteur de ce livre consentit, en 183S, à parcourir i*Ëurope, avec un mandat purement religieux et philanthropique. Il a mis sept années à remplir sa mission; et , pendant ce temps, il a visité plus d'une fois presque toutes les contrées du continent.
Ses voyages et le but qu'il se proposait, l'ont rapproché de bon nombre de personnages marquants dans toutes les classes de la société. Parmi eux se sont trouvés ceux qui honorent le plus leur pays par leur piété , leurs lumières, leur zèle et leur activité ; et c'est de leor part que l'auteur s'est vu adresser de continuelles questions sur sa patrie et spécialement sur ses institutions religieuses. Une fois, entre autres, il cutù répondre là-dessus à une illustre personne (1) que le Seigneur a retirée dès lors près de lui. Il écrivit donc quelques pages sur
* Madame la duchesse de Broglie.
PRKFACE DE L AUTBt'K. IX
l'origine et les progrès de runitarianisme aux Etats-Unis. ' Mais en satisfaisant la curiosité sur un point, ce petit ouvrage ne Gt que l'augmenter sur tous les autres ; en sorte que l'auteur eût cru négliger un devoir manifeste , s'il n'eût pas accédé au vœu qu'on lui exprima généralement, tant en Allemagne et en Suède , qu'en France et en Suisse , de publier un ouvrage aussi volumineux qu'il le faudrait, sur l'origine, l'histoire « réconomie, l'action et l'influence de la religion aux£tat»-Unis. Il s'est eflbrcé de remplir sa (ftche en y employant l'été et l'automne qui viennent de s'écouler, et qu'il a eu le bonheur de passer dans cette antique cité qui , par son illustre réformateur et par l'influence qu'il exerça sur l'Angleterre et l'Ecosse, peut se glorifier d'avoir eu une grande part, bien qu'indirecte , à la colonisation de l'Amérique du Nord , à son gouvernement politique et à son caractère religieux.
L'auteur ne s'est donc point proposé d'offrir à ses lecteurs des théories toutes faites sur les questions d'église qui s'agitent en quelques pays du continent , et encore moins de défendre les institutions politiques de sa patrie , ou la conduite du gouvernement américain au dehors et au dedans. Il n'a pas eu d'autre pensée que d*ex poser purement et simplement les doctrines et les institutions religieuses des Etats-Unis, et de montrer de quelle manière elles y ont fonctionné , depuis l'origioe jusqu'à ce jour.
Dans toutes les contrées de l'Europe où se trouvent des protestants, l'auteur a franchement fraternisé avec eux, quelles que fussent leurs tendances politiques et à quelque communion qu'ils appartinssent , et il n'a qu'à se louer des bons procédés dont il a été l'objet de leur part. Il les a entendus discuter avec chaleur diverses questions importantes , et entre autres celle
' L'Union de V Eglise et fie VEtat dans la Nouvelle- Anyleierre. Paris^
X IMIKFACK DE I. Aliri-IK.
(le ruriion de TEi^lisc et de l'Etat, cette question qui est si tort à Tordre du jour en quelques lieux, et qui paraît devoir l'élro bientôt en beaucoup d*nutres; mais sans faire profession d'H*''. impartialité aflectée , peu convenable à un chrétien , sans prétendre qu'il n'ait pas d'opinion formée sur ces divers points , Tauleur peut aflirmer en conscience qu'il ne s'en est point préoccupé dans son livre . et qu'il n'y a pas déposé, volontairement, un seul mot, avec linlention formelle d'appuyer ou de combattre tels ou tels arguments dont il a vu qu'on se servait dans ces débats. Tout ce qu'il a voulu, c'est de satisfaire la juste curiosité des personnes qui lui ont demandé des informations sur l'Amérique , et la pensée qui l'a soutenu, c'est qu'il y aurait peut-être là de quoi contribuer aux progrés du régne de Christ dans le monde.
Plus l'auteur a pu étudier la chrétienté, plus il s'est convaincu de Textrôme importance des vraies doctrines et de la pirti* vivante. Quelles que soient les formes extérieures d'une église, sa discipline intérieure et ses relations avec le pouvoir civil , ce Ti*est pas là qu'est sa sauve-garde. Non qu'à l'exemple de quelques personnes, il regarde tout cela comme choses indifférentes; mais, d'un autre côté , il ne saurait y voir une panacée à tous les maux , ni un équivalent au grand moyen que Dieu a choisi pour établir dans les âmes son salut glorieux. Ce moyen, c'est la prédication de l'Evangile dans sa plénitude , selon sa propre méthode et en toute occasion favorable, par des ministres pleins de l'esprit de Dieu , consacrés et mis h part pour cette bonne œuvre ; c'est, après cola, la coopération sainte, vivante et fidèle des membres de l'église, chacun dans sa sphère spéciale et tous s'unissant en de ferventes prières au Seigneur. Voilà ce qui, dans cet ouvrage même, a le plus occupé l'attention de l'auteur, et ce qu'il ose recommander par-dessus (ont à celle du |>ublir re1i(;ieu\.
l'RKFACE I)K I/aI'TEDR. XI
On compremi d'ailleurs que , pour faire son livre , Tauteur a dû consulter de nombreuses autorités. Dans te but de se pro- ^ ' jr les matériaux indispensables, il fit rannée dernière un voyage en Amérique , et il en revint tellement pourvu de documents, qu'il a pu achever son travail sans jamais manquef (le renseignements exacts sur les points de quelque importance.
Mais il négligerait un devoir s*il ne reconnaissait les services que lui ont rendus beaucoup de ses amis d'Amérique , notamment les révérends docteurs Dewitt, Hodge, Goodrich, Bacon, Anderson, Durbin , Emerson, Schmucker, et MM. les révérends Tracy, Berget Allen. ' Les secrétaires de presque toutes les sociétés religieuses Font aussi considérablement aidé, ainsi que les directeurs de nos principaux établissements. Il nomme le docteur Howe, principal de l'Inslitut des Aveugles, à Bosl(»n; le révérend M. Weld , principal de l'Asile des Sourds- Muets , à Hartford , et le docteur VVoodward , directeur de l'Hospice des Aliénés, à Worcester.
Le chapitre remarquable sur les réveils religieux , qu'on lira dans le cinquième livre , est dû à la |)lume du révérend (ioodrich, docteur en théologie, l'un des professeurs les plus distingués du collège de Yale.
L'auteur ne saurait non plus passer sous silence les noms de l'honorable Henri Wheaton , ministre des Etat-Unis à la cour de Prusse, et de Robert Walsh esq. , résidant actuellement a Paris. L'un et l'autre lui ont été fort utiles, il se fait d'autant plus un plaisir de le reconnaître , que le dernier est catholique romain; et bien qu'il n'ignorât pas le caractère tout protestant qu'aurait cet ouvrage, il n'a pas laissé de fournir à l'au-
» O's Messieurs apparlienneiU a sep! communions différentes : réformée hollandaise, presbytérienne, con^régaiioualisle. métliodisle. luthérienne, réformée allemande, et bapliste.