CHAPITRE XV
CARACTÈRE RELIGIEUX DES PREMIERS COLONS
Emigrants des valléei du PiénunU.
Si la Bohème, la Moravie et la Pologne ont envoyé chacune leur petite bande de fidèles en Âméfique, on peut bien s'attendre que les vallées du Piémont n'auront pas manqué non plus à cet appel que Dieu semble avoir adressé à toutes les nations, dans Tintiérèt religieux du Nouveau-Monde. Il fallait aussi qu'on y trouvât quelques représentants de ce peuple martyr par excellence, reliques vénérables des égliaep
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da nord de l'Italie et du midi de la France qui se con^r senràrent pures durant une longue apostasie, et dont nous avons un beau symbole dans le buis:ion de Sinaï que la flamme enveloppait sans le consumer.
Les Yaudois, ayant appris dans leurs montagnes Iq mouvement prodigieux que la réforme occasionnai^ eo Allemagne eten France, députèrent quelques-»uns des leurs à Genève pour s'informer de Calvin quelles étaient ses vues et celles de Luther, et pour savoir ce qu'il fallait penser de ces doctrines qui bouleversaient le monde. Quelle ne fut pas leur joie de découvrir que la foi des réformateurs était la foi même qu'ils professaient dans leurs vallées, et avec quel empressement ne se mirent-ils pas en relations avec des hommes qui rejetaient le joug de la Babylone mystique, de cette Rome ivre du sang des martyrs, et depuis tant de siècles l'ennemie déclarée de leur foi !
On sait comment la persécution qui pesa sur toutes les églises protestantes sévit avec une violence partie Gulière contre ces malheureux Vaudois du Piémont. Ni leurs profondes retraites, ni leur petit nombre ne les purent protéger. Il y fallut la voix puissante de Cromwel, que l'empereur même n'osait mépriser; et à cette voix se joignit celle du plus grand poète do l'Angleterre, qui ne mit pas moins d'intérêt à rame^ ner aux sentiments de l'humanité un prince persécuteur, qu'à célébrer l'éternelle Providence de Dieu et à justifier ses voies envers les hommes! Les monuments de la bienfaisance britannique subsistent encore dans les vallées. Mais avant que le gouveroemmt mn
glais les eût prises sous sa protection, plusieurs de leurs habilauls avaient fui rintolérance dont ils étaient les victimes. Il leur fallait un asile, et ce fut la ville d'Amsterdam qui le leur procura, en les faisant trans* porter gratuitement sur les côtes d'Amérique. Quelques centaines d'émigrants, profitant de cette facilité, trouvèrent au milieu de nous l'accueil le plus cor* dial. '
CHAPITRÇ XVI.
CARA€TÈIUB RELIGIEUX DBd PIEMIERS COLONS.
Réiumé,
A ne considérer que le caractère religieux des hommes qui, les premiers, colonisèrent les Etats- Unis d'Amérique, nous avons un objet d'étude auquel l'histoire du monde entier n'offre rien de pareil. Que furent, en comparaison, les colonies de l'Egypte, delà Pbénicie, de la Grèce et de Rome? Que furent même celles d'Espagne et de Portugal? Avant, de passer outre, résumons-nous en quelques mots.