‹ De la religion aux États-Unis dÁmérique (volume 2)Chapitre 47 sur 111 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

INrLUBNCB DB L'ONIOlf DE L'ÈGLISB ET DB L'ÉTAT BN AMtelQUB,

1* NouveUe^ÀngUterre.

Avant tout, j'avertis mes lecteurs que je ne me propose point de discuter les avantages et les incon* vénients de l'union de l'Eglise et de TEtat en thèse générale ; je veux simplement faire connaître les résultats, bons et mauvais, de celle union en Amérique^ I. 1*

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tellequ'elle y etîsiasoud diverses fortnes, soit au nord, soit au sud. Je laisse donc entièrement de côté la question de savoir ce qu'elle pourrait être en d'autres circonslances^ réelles ou hypothétiques.

Relativement à la Nouvelle-Angleterre, il est in* contestable que l'union eut pour avanta^ d'assurer de bonne heure aux colonies la prédication àe l'Evangile. La loi voulait que tout le pays occupé se divisât en paroisses officiellement circonscrites. Aussitôt qoe cette circonscription territoriale renfermait un certain nombre de familles, les magistrats de la localité convoquaient une assemblée où les colons prenaient des mesures pour l'établissement du culte public. Cette assemblée votait les dépenses de construètion des temples et de salaires des pasteurs, et Ton y pourvoyait au moyen d'un impôt qu'on levait sur les ressortissants de la paroisse, ou par capitation, ou suivant la valeur des propriétés^

On voit donc que c'était à la paroisse elle-même de décider quel genre d'édifice ôD construirait et le taux du traitement que recevrait le pasteur. Et comme le peuple ehoisissait lui-même ses ministres sans qne les autorités civiles eussent aucune part à la nomination, la Nouvelle-Angleterre ignorait les inconvénients du patronage. Il est cependant à observer que l'Etat intervenant, sous une certaine forme, dans l'élection des pasteurs; car voici la marche qu'on suivait invariablement. Vocation était adressée ati pasteur par l'Eglise, c'esl-à-dire, par le corps des fidèles, et l'on entendait sous ce nom ceux qui étaient membres actifs de la

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ocogrégation , leacommuniaeto; puis ealle vocation devait être confirmée par la commune ou paroisse^ c'estrMifB, par les hommes de la localité qui jouisr» saîent des droits politiques. Dans oe système tout dét mocratique, on avait eu à cœur de respecter les droita de ehacon. C'est aiosi que les choses se passèrent durant plus de cent cinquante ans dans le llaasachu«« sets y et 9 si je ne me trompe, dans les autres Etats de la NouYelle-Ângleterre où le pouvoir civil se mêlait des affaires de l'Eglise.

Par l'effet de telles lois, il faut en convenir, Téta^ blissement d'un culte public suivit pas à pas les progrès de la population, lors du moins que celle-ci devenait assez considérable sur un point donné ; les salaires des ministres de TEvangile furent aussi plus assurés et probablement plus élevés qu'ils ne l'eussent éié daos une organisation différente. Il est permis toutes fois de se demander si les puritains de la Nouvelle^ Angleterre y avec l'esprit qui les animait et qui les poussa vers le Nouveau-Monde, n'eussent pas d'euxr mèmeS) et par le système d'il volontaire ^ obtenu des résultats tout aussi avanlageui. Quoi qu'il en soit, j'acr-, corde encore une fois de bon cœur qu'il y eut dans ce mode de vivre quelque chose de bienfaisant. Jamais k coup sûr la loi ne pourvut aux frais du culte d'une ma* Bière plus populaire et plus à l'abri de la critique. Je parle de la loi telle qu'elle exista d'abord , et qu'elle fonctionna durant un temps assez long.

J'ai fait observer précédemment que, dans le Mas*sachusets et à New-Haven, si ce n^est même dans fout

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le Connecticut, l'on n'accorda l'exercice des droits politiques qu'aux membres des églises. Ce n'était pas^ je l'ai déjà dit, avec la pensée de soutenir de la sorte les intérêts de la religion ; les auteurs de cette loi connaissaient trop bien la nature du cœur humain. Leur bot essentiel avait été de ne confier le poavoir qu'à des hommes dont ils fussent sûrs. Comme on s'est beaucoup récrié contre leur intolérance, par la raison sans doute qu'on ignorait les difScultés de leur position, il me sera permis , je pense, de les justifier. Ils avaient traversé les mers et fondé une colonie dans ces déserts pour s'assurer, à eux et à leurs enfants, la liberté de conscience et pour servir Dieu par un culte purifié de toute superstition. D'accord sur les sujets religieux et sur d'autres points importants, ils se crurent en droit de fonder leur colonie sur la base d'une foi commune et d'un même culte, et il serait certainement difficile de prouver qu'ils n'avaient pas ce droit. Craignant toute intervention de la part de F Angleterre, alarmés à la seule pensée que des partisans de l'épis-* copat ne vinssent renverser leurs établissements civils et religieux, ils s'efibrcérent de creuser un abtme entre eux et les personnes qui n'auraient aucune sympathie pour leurs opinions. Ils atteignirent certainement leur but. Non-seulement ils placèrent leurs institutions hors des atteintes de Charles V et de l'archevèque Laud , ' mais encore ils éloignèrent d'eux

^ 11 est avéré que V\rinthrop et les siens eurent à peine passé trois années dans le Massachusets, que le roi Charles commença de

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