‹ De la religion aux États-Unis dÁmérique (volume 2)Chapitre 55 sur 111 · CHAPITRE U · texte numérisé non relu

CHAPITRE U

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t» Par iuiii d^idées fêuuei tur réeonomie de rB§liâi.

On désigne sous le nom de système volontaire , celui qui laisse au peuple , moyennant la bénédiction de Dieu, le soin de soutenir son culte par des conlribulioDS librement offertes et sans que le gouvernement ou les communes y entrent pour rien. Beaucoup de gens, en Europe, pensent que, si un tel système a pu s'établir en Amérique^ cela tient à ce que le pays offrait à celte expérience les plus grandes facilités. Tout y était absolument neuf, assure-tr-on. Il n'y avait point là de vieilles églises nationales à renverser,

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point de préjugés profonds à déraciner, point d'institutions séculaires à modifier ; en sorte qu'on put sans peine y faire quelque chose de nouveau sous le soleil. Or, mes lecteurs ont vu combien tout ceci est loin de la réalité.

A Texception des colonies qui furent fondées dans le but exprès de fournir un asile aux chrétiens que l'on forçait ailleurs de soutenir une église ennemie, c'est du gouvernement civil que, dans toutes les autres, on attendait les sommes nécessaires à l'entretien du culte et de ses ministres. Il ne s'agit pas ici de savoir si l'on avait tort ou raison. Nous nous bornons à constater un simple fait ; et de ce fait résulte que le système volontaire y bien loin d'avoir trouvé le champ libre dans les portions mêmes de l'Amérique où il exerce maintenant sa plus belle influence, eut à lutter longtemps avec des institutions fondées sur le principe contraire, principe qui avait en sa faveur toutes les opinions, et, il faut le dire, toutes sortes de préventions favorables.

Dans la portion des Etats-Unis dont je parle, il n'y a pas de difficultés qu'on n'ait faites à l'abandon de l'ancien système. Des hommes du plus grand mérite ne dissimulèrent point la crainte qu'ils éprouvaient par intérêt pour la religion. A les entendre , les églises allaient se voir abandonnées , le peuple n'ayant ni les moyens ni le zèle nécessaires pour les soutenir. Et il faut bien Favouer, peu accoutumé qu'on était à compter sur soi en pareille matière, et ignorant par le fait tout ce qu'il est possible de réaliser de la sorte, on

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marcha d'abord arec timidité , si ce n'est arec une espèce de découragement.

Il y avait aussi de grands obstacles dans le mauvais vouloir des hommes qui , grâces à l'ancien système, avaient joui de quelque influence et possédé une certaine suprématie. On ne les voyait pas fort disposés à céder leurs prérogatives et ce qu'ils appelaient des droits acquis. En toute sincérité/ sans doute, ils se persuadaient et tâchaient de persuader aux autres que leur résistance provenait d'un pur zèle pour la gloire de Dieu, et que leurs appréhensions n'étaient nuUement celles de l'intérêt personnel; mais , quelle qu'en ait été la vraie cause, leur opposition fut loin d'être dépourvue de force.

D'autres obstacles encore, nés de l'ancien ordre de choses, présentèrent une énorme résistance. J'ai déjà montré comment les plus funestes hérésies qui aient affligé les Etats-Unis, l'universalisme et le socinianisme, durent essentiellement leurs progrès, si ce n'est leur origine , aux mesures politiques et religieuses que suggéra le système en vigueur. Je ne donne pas ces hérésies comme des effets inévitables de Tunion de l'Etal et de l'Eglise dans tous les cas; je ne prétends pas même qu'elles aient résulté nécessairement de l'union telle qu'elle existait dans les localités où elles se manifestèrent; je ne nie pas non plus qu'en l'absence de l'union d'autres maux n'eussent pu se manifester. Tout ce que je veux dire, c'est que ceux dont je parle sévissaient avec une grande vigueur dans les localités en question, qu'ils avaient

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puisé leur force dans rMÎoo même de» ri&i^ae atM TEtat) et, en conséqueDce, qu'ils rondaieiit eitrème*meot difficile Tintroduction du système voloDlaire.

Remarquons d'ailleurs que l'institutkMidMiéglÎBm d'Etat est partout pro venue des Caisses idées qu'os te fait de la liberté religieuse. Le système volentaiie t pour point de départ cette liberté prise dans son sens le plus large ; j'entends la liberté de eonsoieMe foor tous, non*-seulemeBt pour ceux qm préfàront etrw taines formes de culte à d'autres , mais eneore pour ceux qui ne Teulent point de culte du tout. Cesl^ disf^je, le principe préliminaim que so^ppoae le système américain , conmie on l'appelle quelquefois en Europe , et ce principe est franehemeni avoué par tous ceux qui défendent le système* Or, il faut se souvenir (et le contraire eût été vraiment uamirade)» il faut, dis-je, se souvenir que la plupart des colons, et qui plus est les meilleurs , n'entendirent point la chose de la sorte. Il fallut , pour éclairer ee lugubre sujet, de longues persécutions et les discussions a{H profondies qu'elles occasionnèrent soit dans les colo^ nies, soit en Europe. Et efifoctivement, ceux qui de^ vancèrent les autres sur ce point furent des hommes qui avaient, pour ainsi dire, étudié la liberté de coi>science à la lueur des bûchers : un Roger Williams , un lord Baltimore, un Guillaume Penn. Aussi les trois colonies qu'ils fondèrent furent-elles les premières communautés, soitde l'ancien, soit du nouveau monde, qui connurent cette liberté dans toute son étendue. Mais en Virginie et au Massachusets , pour ne citer

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que ces deux provinces , on était parli du point de Yue des églises d'Etat , c'est-à-<lire , d'une obligation pour tous de rendre un culte à Dieu, et même gertain eulle à l'exclusion de tout autre ; on avait en conséquence mis l'entretien du culte, ou plutôt d'^u certain eulle, à la charge du trésor public. Ce n'est pas sous Fiafluence d'un tel principe que les idées de liberté religieuse s'élargissent ; et nulle part on ne passera far cilement de ce système à celui qui remet les intérêts religieux, non aux soins et à la protection de l'Etat ^ mais au cœur et aux mains des personnes qui ont vraiment reçu l'Evangile et qui le soutiennent de leur plein gré, par un acte libre sans cesse renouvelé, ce qui est

tÊ STSTÉfilE VOLONTAIRE.

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