CHAP. I. APERÇU GÉOGRAPHIQUE
fort belles, à ce qu'on assure , mais surtout la côte mexicaine.
Entre les Alleghanys et TOrégon s'étend l'immense vallée centrale de l'Amérique du Nord. Plus large vers l'océan septentrional que vers le midi , elle se prolonge depuis cet océan jusqu'au golfe du Mexique, jetant ses eaux dans les deux mers. Elle se trouve ainsi partagée en deux sections naturelles qui n'ont l'une et l'autre qu'une faible inclinaison. La plus basse des deux, et aussi la moins belle et la moins fertile, c'est la vallée du nord; l'autre est connue sous le nom de vallée du Mississipi. Dans sa partie la plus haute se voient , au milieu des forêts , ces vastes prairies dont aucun arbre n'ombrage les herbes elles fleurs. Là se rencontrent aussi, entre la rivière Rouge et la Platle, les terres désolées qu'on appelle le Grand Désert Américain. Ce sont d'énormes amas de rochers et de sables manifestement descendus de TOrégon.
Chacun sait d'ailleurs qu'outre le Mississipi et le Saint-Laurent, plusieurs fleuves magnifiques arrosent cette vallée, la plus grande qui soit au monde; que de belles eaux coulent aussi des Apalaches à l'océan Atlantique, et que ces grands canaux naturels se trouvent disposés entre les montagnes , de telle sorte qu'on passe des uns aux autres pardes pentes presque insensibles.
Les Etats-Unis occupent, dans ce vaste continent, tout le territoire borné à l'est par l'Atlantique et par les provinces britanniques de New-Brunswick , au sud par le golfe du Mexique, le Texas et ia républi-
k LA RBLIGION EN AMÉRIQUE. LIV. I
que Mexicaine^ k l'ouest par l'océan PaciGque , et au nord par les possessions de la Grande-Bretagne. Ce qui les sépare de ces dernières , ce sont d'abord les eaux du Saint-Laurent et les grands lacs , rélargissements de ce fleuve, puis une ligne conventionnelle à l'ouest de TOrégon, ligne qui est encore indéterminée. Les Etats-Unis étendent leurs prétentions jusqu'au b^"" 40' latitude nord, mais l'Angleterre ne parait pas vouloir leur céder au-delà du 49"*.
Selon les meilleurs calculs, les frontières de cet immense terri toiremesurent neuf mille quatre cent vingtcinq milles, ou plus de trois mille lieues, savoir:
Depuis l'embouchure du fleuve Sainte-Croix jusqu'à
rOrégon milles, 3,000
De rOrégon à l'océan Pacifique 600
Côtes de l'océan Pacifique 625
Le long du Mexique et du Texas 2,300
Côtes du golfe du Mexique jusqu'à la pointe
de la Floride 1,100
Côtes de l'Atlantique 1,800
Longueur totale 9,425
La surface contenue entre ces limites , d'après M. Tanner, géographe américain fort distingué, serait de 2,037, 165 milles carrés, qui se distribuent comme suit :
Vers l'Allanlique, y compris la Floride orientale, environ 400,000
La vallée du Mississipi 1,341,649
Vers l'océan Pacifique 295,516
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En sorte que la grande vallée Forme à elle seule les deux tiers à peu près du territoire des Etats-Unis, d'où il est aisé de concevoir son imporlance relative dans les destinées futures de la république.
Si Ton en excepte la Floride, le pays offre en général un sol excellent. Le fer abonde en plusieurs lieux. On y trouve de vastes dépôts de charbon , surtout dans les états du centre. Il y existe même de l'or , et en assez grande quantité. Ses immenses forêts fournissent du bois propre à toute espèce de conslruclions. Partout des fleuves navigables facilitent le commerce. Sur les côtes de l'Atlanlique, on en compte dix-huit , sans parler des rivières moins considérables qui ne portent que des embarcations ordinaires et de petits bateaux à vapeur. Avant d'entrer dans la mer , plusieurs de ces fleuves approfondissent leurs eaux, élargissent leurs rives et forment des baies dont quelquesunes sont d'une ravissante beauté.
Parallèlement au rivage de la mer se développe une guirlande d'îles, la plupart inhabitées, qui tracent entre elles et le continent le plus beau canal qu'on pût offrir au commerce des côtes. Ces îles se suivent depuis la baie de Passamaquoddy jusqu'à l'extrémité de la Floride > et de là continuent tout le long du golfe du Mexique. Mais, pour faciliter encore plus les communications , on a créé des canaux intérieurs et des chemins de fer qui vont depuis Portland dans le Maine jusqu'à Gharleston dans la Caroline du sud , et même encore plus loin.
Ala partie occidentale de New- Jersey, et immédiate-
ment au bord de la mer , commence un terrain sablonneux couvert de forêts de pins qui se succèdent presque sans interruption sur le rivage des états du sud. Elles vont en s'élargissanldunordau midi, depuis vingt milles de largeur jusqu'à près de cent milles. Entre ces étendues de sable et les Alleghanys, le pays est généralement fertile ; mais , sous ce rapport , la vallée du Mississinî laisse bien loin derrière elle tout le resté des Eté A,s-Unis. Celte vallée enferme un territoire qui est, près de six fois comme celui de la France, et avant qu'il soit long-temps elle sera le séjour de nombreux millions d'individus. Il y a cinquante ans qu'elle ne comptait guère que cent mille habitants; en 1840 , elle en nourissait plus de six millions. Si les choses continuent sur ce pied , la fin de ce siècle y verra une population de cinquante k soixante millions d'ftmes.
L'Etat d'Ohio, situé entre le fleuve de ce nom et le lacErié , possède , sur une surface de 40,260 milles carrés, un million et demi d'habitants. L'Angleterre et le pays de Galles en ont seize millions, sur un territoire d'environ 58,000 milles. Dans cette proportion, rOhio pourrait en contenir au moins onze millions. Encore faut-il dire que , vu sa plus grande fertilité , une population plus serrée qu'en Angleterre y vivrait fort à laise. En effet, sauf la portion du pays que baigne le Hokhocking,vers le sud-est, cet Etat n'a que de riches terres; mais de vastes forêts en recouvrent encore la majeure partie. Le lac Erié au nord , TOhio ters le sud , et, dans l'intérieur du pays , plusieurs