‹ De la religion aux États-Unis dÁmérique (volume 2)Chapitre 60 sur 111 · CHAPITRE VIll · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIll

BFFBTS DE LA SÈPAEATION KICTRE L'KTAT ET L'ÉGLISK

Dam i€i IStatê tni funùm tœUtaii jadU,

Dans les pays où l'Eglise fut longtemps unie à TEtat, il est tout simple que la rupture du lien soit d'abord accompagnée de quelques inconvénients. Si TEglise attendait tout de TElat pour l'entretien y soit des temples , soit des pasteurs, comment ne se trouverait-elle pas en de sérieux embarras lorsqu'elle se voit subitement abandonnée à elle-même ? C'est ce qui eut lieu dans quelques-unes de nos provinces ^ suivant que l'union du civil et du religieux y existait depuis plus ou moins longtemps , qu'elle y avait été plus étroite et qu'elle y avait pris plus d'extension.

11 n'en est point qui souffrit de celte crise autant que la Virginie y et par diverses causes. L'immoralité des ecclésiastiques qu'on y envoyait d'Angleterre avait inspiré au peuple une souveraine indifférence pour. l'Eglise et pour son culte. Se lassant enfin de faire les frais d'une religion qu'ils n'aimaient ni ne respec-

99t LA ' HBtlGtON tBff AVARliQtoÉC. ' * tl V. 111

laîent^ plusieurs jetèrent tout de côté y tandis que d'autres se joignaient aux dissidents ptresbytériens et baplistes; si bien que les vénérables édifices où leurs pères avaient adoré Dieu, se virent presque abandonnés. Mal en quelque sorte inévitable; car n'étaienl-ce pas ces mêmes temples où , sous peine de l'amende et de la prison , i'on contraignait jadis à se rendre chaque dimanche ? Il n'y eut guère d'exception que dans les paroisses dont les pasteurs, fidèles à leur devoir, s'étaient attaché leur troupeau par la pureté de leur doctrine et de leur vie.

Il Tant ajouter à cela que les deux tiers des membres du clergé épiscopal de Virginie se montrèrent hostiles à la révolution, et que la plupart d'entré eux repartirent pour l'Angleterre. On ne saurait vraiment les blâmer de leur conduite; car enfin ils étaient anglais de naissance, et l'Angleterre avait eu leurs premières affections. Ce n'est pas sur eux qu'avait pesé la tyrannie, et il n'y a rien d'étonnant que même les meilleurs parmi eux se soient rangés an parti tory. Quant aux ecclésiastiques indignes de leur charge, ils purent comprendre qu'avec l'indépendance des colonies naîtrait un ordre de choses qui ne leur garantiraitpas Timpunité, comme lorsqu'ils avaient pour seul juge un évèque résidant à mille lieues de là. Quoi qu'il en soit, la fidélité du clergé épiscopal pour le gouvernement britannique n'était pas de nature à lui concilier un peuple de républicains qui était en guerre avec la métropole , et Véglise épiscopale tout entière ne put que se ressentir de la haine qu'on por-

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tait à la plupart de ses minislres^ par suite de leurs opinions politiques. Le mal eût été bien plus grand encore, s'il n'y eût eu dans ce clergé uue minorité qu'animait un esprit lout autre; par exemple, le révérend docteur Madison , qui devint évéque de Yir*ginie, les docteurs Griffîlt et Bracken, MM. Buchanan, Jarralt et Davies. ' À ces noms respectables , nous pourrions associer ceux de beaucoup de laïques appartenant à l'église épiscopale, et qui épousèrent la cause do la révolution avec une chaleur qui ne fut surpassée nulle part. *

Disons ensuite que la guerre eut en grande partie pour théâtre la province qui nous occupe. La Virginie se vil plusieurs fois traversée par les armées belligérantes. Ou dut convertir les temples en casernes, en cantines, en hôpitaux ; et l'on conçoit que

■ ^ Ce ftit ainsi qu'un mioisfre épiscopal de Virginie, le rérérend II. Muhlenburg, abandonnant sa charge, et acceptant un brevet de colonel dans l'armée américaine, leva un régiment parmi ses paroissiens, servit durant toute la guerre , et se retira du service avec le grade de général de brigade. La dernière fois qu'il monta en chaire, avant de partir pour l'armée, il était en uniforme. (Thateher^i mililary joumtU, p. 152.) Le révérend M. Tburston, du comté de Frederick, dans le même Etat, servit aussi sa patrie avec le grade de colonel. .

* Par eiemple, leHoéral Washington, Patrick Henry, Richard Henry Lee, celui qui prO|{psa la déclaration d'indépendance» son frère Francis Lightfoot Lee', un des signataires, George Mason, Edmond Pendleton, Peter Lyons, Paul Garrington, William Fle« ming, William Grayson, avec les Tamilles Nelson, Meade, Mercer, Harrison, Randolpb et cent autres dont les noms sont cbers à la Virginie. (Hawks, UiUory^ eU.)

9M U RBLIGION BU AU ÉftlQUB. LIV. 111

ceùt de Téglise épiscopale ne furent pas épargnés : le feu même en détruisit plusieurs ^ on par accident, ou par malveillance.'

Les esprits étaient d'ailleurs tellement préoccupés de tout autre chose y que les ministres demeurés au pap avaient bien de la peine à réunir quelques individus autour d'eux et à obtenir de leur part de chétirs salaires. Aussi y en eut-il plusieurs qui ouvrirenl des écoles; mais encore cette ressource fut-elle insorfisante y parce que les enfknts eux-mêmes suivaient de très-bonne heure l'armée; et, une fois le fusil sur le dos y il n'était pas question de le quitter.

11 est facile de comprendre, d'après tout cela, ce qui dut arriver, lorsqu'au retour de la paix, le peuple, appauvri et démoralisé par la guerre , dut faire luimême et volontairement tous les firais de son culte. Il faut entendre là-dessus l'écrivain distingué que j'ai déjà cité plus d'une fois :

c Le 19 avril 1783, huit ans, jour pour jour, après la première effusion de sang à la bataille de Lexington, une proclamation du général en chef annonça la paix aux armées de la république. Le temps était Tenu de remettre de l'ordre dans les institutions civiles et religieuses du pays. Il y avait beaucoup à faire; et tout en nous réjouissant de la proqilrité actuelle de notre église, il est bon de rappeler Tétat où l'avaient

< Ce qui ne vent pas dire que les épiscopaax seuls aient easuyé de grandes pertes. Les années anglaises ne devaient pas respecter beaucoup ce qui appartenait aux égll^ preàby térteliaes.

CHA^. VIII. sÉPAkAt. M Vtr. et bb l'£gl« !Mm

mite lés guerres de la révolution, afin qjti'eil vôyanl ce qu*il a fallu vaincre de difficultés pour la rappeler à la vie, nous éprouvions envers Dieu'une plus grande reconnaissance. Quand les colonies bbururent aut armes, la Virginie, dans ses soixante e( un comtés , renfermait quatre-vingt-quinze paroisses, cent soixantequatre églises et chapelles , et quatre-vingt-onze ecclésiastiques. À la fin de la guerre, un grand nombre de ces églises se trouvèrent détruites ou tellement endommagées, qu'il n'y avait pas moyen de les réparer. Vingt-trois paroisses s'étaient dissoutes, et des soixante-et-douze autres, trente-quatre se voyaient privées de services religieux. De ses quatre-vingt-onze ministres , il n'en restait que vingt-huit , auxquels s'en joignirent huit autres après la cessation des hostilités. Pendant la guerre, les vingt-huit pasteurs dont je viens de parler n'avaient pas pu demeurer tous dans leur paroisse; treize d'entre eux se virent chassés de leur presbytère, ou par la violence, ou par la pauvreté. » * Voilà vraiment une triste peinture; mais il faut pourtant se rappeler que la guerre était là, et les choses ne se fussent pas beaucoup mieux passées , lors même qu'on eût maintenu Téglise nationale jusqu'en 1783, au lieu de la supprimer en 1776. Toujours est-il que, dans les sombres années qui suivirent la révolution , l'église épiscopale, constamment abattue, sentit douloureusement sa nouvelle position. Il semblait que ses ennemis n'auraient pas de repos qu'ils

* D'Hawks, Aùfory, ek., pp. 153, 15(.

ne l'eussent ruinée de fond en comble. Il est vrai qu'au jour de sa puissance elle s'était montrée exclusive, tyrannique et persécutrice; et l'on peut bien dire qu'elle avait attiré sur elle cette sévère rétribution. Toute église qui opprime doit s'attendre à être opprimée une fois, et souvent même par ceux sur le cou desquels elle posa son pied orgueilleux.

Mais l'histoire de l'église épiscopale de Virginie eut enfin de belles pages. Celui qui aime à guérir les plaies, lui tenait en réserve quelques bénédictions , et ses verges mômes la préparèrent à les recevoir. On la vit tout doucement sortir de ses embarras. Le peuple apprit à se reposer sur lui-même , ou plutôt sur le Seigneur, et à chercher dans ses propres sacrifices , et non dans un impôt forcé , les ressources nécessaires pour l'entretien des églises et des pasteurs. Le nombre des ministres fidèles alla croissant ; ils se choisirent un homme excellent pour évêque; l'esprit d'association se développa ; l'on fonda une école de théologie , et, sous de savants professeurs, beaucoup de jeunes gens instruits et pieux s'y formèrent à la prédication du glorieux Evangile de Jésus-Christ. Bieu que cette église ne compte pas actuellement autant de pasteurs et de temples qu'avant la révolution , le nombre en est toutefois considérable et il fait de continuels progrès. * L'église épiscopale de Virginie a

^ Progrès réels^puisqu'auparavaot les paroisses ofHcidles ii*étaieni souvent que des paroisses nominales, et les pasteurs des hommes qui avaient le ti^re et non l'esprit de leur chane. (Ttad,)

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soixante-quinze ministres et plus de quatre-vingts églises. Mais ce qu'il faut surtout remarquer, c'est qu'il n'est guère possible de voir un clergé plus distingué que celui de cette communion. Il y a chez lui , avec beaucoup de science théologique , un zèle plein de prudence , une éloquence simple et pénétrante , une activité constante pour tout ce qui est bon ; aussi n'en est-il point qui soit en plus grande estime auprès du peuple. ' Quel changement! et combien les voies du Seigneur sont admirables! Au lieu des disputes sans cesse renaissantes que les pasteurs avaient jadis avec leurs paroissiens et avec les fonctionnaires publics au sujet des redevances en tabac qu'on devait leur payer, ils. reçoivent régulièrement des libres contributions du troupeau uu salaire qui n'est pas exorbitant, mais qui est fort convenable ; et au lieu du mauvais vouloir que leur portaient les membres des autres églises, j'ai tout lieu de croire qu'ils en sont généralement respectés et aimés 1

L'église épiscopale du Maryland eut à souffrir aussi, bien qu'à un moindre degré. Nulle part le traitement des pasteurs ne s'élevait aussi haut que dans cette co-

* Cet éloge ne paraîtra point excessif aux personnes qui ont, oooinie moi, le bonheur de connattre plusieurs de ces respectables ecclésiastiqueg. Le défunt évéque Moore était aimé de tout le monde. L'évéque actuel, le D' Meade, jouit de plus d'estime et de confiance peut-être qu'aucun autre ministre des Etats-Unis. Les professeurs du séminaire théologique diocésain, MM. les docteurs Keith, Lippitt et Sparrow, sont trés-connus et fort estimés de ceux qui les connaissent.

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lonie, el c'était^ convehons-en^ les etposer à de rades chances que de les abandonner brasquenient au bon plaisir de leur paroisse. Aussi plusieurs d'entre eux furent-ils vraiment à plaindre.

 l'époque de la révolution , Ton comptait au Harjland quaranle-qualre églises el autant de ministres pour les desservir; mais ce n'étaient pas tous des hommes fort recommandables, dit le docteur Hav^k. * À la fin de la guerre, il n'y restait que dix-huit à vingt pasteurs. Mais ce fait ne s'explique pas par la séparation seule de l'Etat et de l'Eglise. Les deux tiers des ministres épiscopaux ayant refusé de reconnaître le nouvel ordre de choses et de prêter le serment civique, la plupart d'entre eux quittèrent le pays. Ku retour de la paix, leur église se releva petit h petit^ et dès lors elle n'a cessé de faire des pas en avant, en sorte qu'elle est dans un état de prospérité très-réelle. Dès 1792, elle eut un évèque dans la personne du docteur Glagget, et une convention ecclésiastique qui promulgua des canons et régla tout ce qui tient à la discipline. Si le clergé fut longtemps moins nombreux qu'avant la révolution , c'est que les hommes manquaient et non pas Targent nécessaire pour les entretenir. Il est vrai que d'abord après la guerre^ et même en 1822, quelques pasteurs durent quitter leur pa^ roisse faute de traitements suffisants; mais il faut dire que, dans le premier cas, les paroissiens n'avaient pas encore fait l'apprentissage du système volontaire, et

< HUtidri de VigUn épiteapaU du Mar^Umâ.

CflAF. VllI. SÉPAIAT. DB L*ÉT. ET HB CiSGL. 399

ifùBj dans le second, il s'agissait de paroisses réellement trop peu considérables pour salarier un pasteur. Quoi qu'il en soit, le Marylaud comptait, en 1827, cinquante ecclésiastiques de l'église épiscopale; en 18^8, soixante-douze, et il y avait en outre plusieurs églises sans pasteurs. ' Dans aucun temps l'église épiscopale du Maryland ne dut à son union avec l'Etat une prospérité égale à celle dont elle jouit depuis quelques années. Je ne prétends pas que les pasteurs y soient tous rétribués comme ils devraient l'être, ni surtout comme ils l'étaient jadis; mais sous le point de vue des talents et de la science, comme sous celui delà piété et des autres qualités requises dans un ministre du Christ, ils sont infiniment supérieurs à ceux qui recevaient les salaires de l'Etat avant la révolution.*

II n'y a rien de particulier à dire sur les deux Garolines ni sur l'Etat de New-York. Partout il y eut crise ; mais depuis longtemps l'église, qui précédemment y était nationale, a pris, sous l'influence de la liberté,

^ Dans les églises unies à l'Etat, il y a généralemeDt plus de ministres que de paroisses; dans les églises libres, c'est souvent le contraire. Là, chaque circonscription territoriale appelée paroisse a on homme qui porte le titre de pasteur ; mais peut-on dire que nal troopean n'y manque réellement de pâture? (TVmi.)

* CroMe d'or, éréque de boîi; €r08te de bolf, éy6que d'or,

nous disait jadis un homme qui a laissé de tendres et salutaires iouv^irs dans le cœur de tous ceux qui-fùrent sous sa paternelle iiifluence, le vénérable Durand, mort professeur à l'académie de Lausanne. (Trad.)

un élan tout nouveau. L'église épiscopale de New- York, surtout, date sa prospérité du jour où le révérend docteur John-Henry Hobart fut appelé par elle à la présidence du diocèse. Il est peu de communions qui doivent autant à l'énergie et à la'persévérance d*OD seul homme. ^

Mais il n'est pas de pays ob Ton ait accueilli avec plus d'appréhension que dans la Nouvelle-Angleterre l'idée de séparer l'Eglise d'avec l'Etat. Le célèbre docteur Dwight, président du collège de Yales et auteur d'un cours de théologie fort estimé, fit tout ce qu'il put pour empêcher l'adoption de cette mesure par le Connecticut.^ De concert avec lui, beaucoup d'hommes ém^nenls exprimèrent leurs convictions et leurs craintes dans une foule de brochures et d'articles de journaux qu'il est facile de consulter. C'est un arsenal où bien des gens, en Angleterre, vont puiser des

^ C'est lui qui, préchaot à Londres, il y a peut-^tre uoe vingtaine d'années, devant un auditoire de la haute église, recommandait vivement le système volontaire auquel, disait^lTi Féglise épiscopale d'Amérique devait son lustre et sa prospérité croissante.

(Trad.)

* La Revuê brilanmque nUffieuie , qui se publiait à Genève en iS28 et 1929, renrerme sur le D' Dwight une Notice biographique d'un très-baut intérêt. Quand on voit un homme aussi distingué redouter, par des motib religieux , l'entier affranchtsaement de l'église, ou apprend à ne pas s'irriter contre les chrétiens respectables qui, en France, en Suisse, en Angleterre, et par les mêmes motifo, s'opposent à la séparation de l'église et de l'Etat; mais, d'un autre cAté, l'on s'encourage à marcher en avant sans trop s'inquiéter de craintes plus faciles à comprendre qu'à partager.

(Trad.)

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armes contre les partisans de la séparation. Mais il faut savoir que, de tous les hommes du Gonnecticut qui soutinrent jadis la thèse de Dwight et qui vivent encore, il n*en est pas un seal qui n'ait reconnu Ter*reur où ils étaient. Ils regardent comme un bienfait du Seigneur ce qu'avant Tévénement ils envisageaient comme une calamité; et Ton peuta£Brmer, sans trop de hardiesse, que, si le^docleur Dwight n'eût été retiré de ce monde au moment même où le changement tant redouté s'effectua, il serait aussi revenu de son opi«nion.* Vingt-cinq ans se sont écoulés dès lors; j'ai beaucoup parcouru le Gonnecticut durant les quinze dernières années ; j'y connais grand nombre de pasteurs ; je me suis souvent entretenu avec eux sur ce sujet; et, des deux ou troiscenls ministres de cet Etat qni appartiennent à l'église autrefois nationale, je né sache pas qu'il y en ait plus d'un qui voulût revoir l'Eglise dans son ancienne position. Ce pasteur est, selon toute apparence , la seule exception au milieu du corps entier des ministres protestants des Etats- Unis. S'il est un point sur lequel le clergé évangéli-

* J'ai eu de fréquents entretiens sur ce sujet avec le révérend Lyman Beeeher, docteur en théologie, qui était pasteur d*UM église dans le Gonnecticut quand cette révolution ecclésiastique eut lieu, et qui est maintenant professeur de théologie au séminaire de Cincinnati (Ohio). Le D' Beeeher était tout aussi opposé à la séparation que le D' Dwight; il prêcha et écrivit contre. Mais, avec la sincérité qui le distingue , il n'hésite pas à reconnaître combien ses craintes étaient mal fondées. 11 est peu d'hommes aux Etats-Unis qui égalent M. Beeeher, et comme prédicateur, et comme écrivain.

que de toutes nos églises soit parfaitement uoaDiioe) G est que Tunion de TEglise et de TEtat serût le plus terrible fléau qui pût nous visiter, quels que puissent èlre les effets de ce système dans les autres pays du monde. C'est en ces termes mêmes que j'ai entendu s'exprimer mille fois les meilleurs et les plus diables de nos ecclésiastiques.*

Quant au Massachusets, Ton a vu que la séparation s'y effectua, pour ainsi dire, à la lumière des expériences faites dans les autres états. Ce furent les chrétiens évangéliques qui la demandèrent, et je ne pense pas que nul d'entre eux s'en soit jamais repenti.

Maintenant donc, aux Etats-Unis tout entiers, la vérité se soutient par sa seule force, je dirai par son irrésistible puissance. Le pouvoir civil n'a rien à démêler avec les droits de la conscience ou avec le culte des citoyens. La liberté religieuse, dégagée de toute action de la loi, est aussi parfaite qu'elle puisse Tétre. 11 n'est aucune secte qui soit favorisée plus qu'une

* Quoique l'auteur ne parle ici que des ecclésiastiques, il ne faut pas croire qu'ils soient les seuls à se réjouir de Tordre de choses actuel. Le colonel QamiltoD, dont j'ai invoqué quelque part le témoignage {Lellret d*un Américain sur f union de VEUa êi de ri§Uu, à Genàvet page 100), soutint peu de rapports avec le clergé durant son séjour en Amérique, et quand il nous parle de Tunanimité des Américains sur le point en question, c'est l'état de l'opinion laïque qu'il nous fait connaître. 11 était bon peut-être de présenter cette observation, pour qu'on ne s'imaginât pas que le clergé seul gagne au système volontaire. Il y perd justement ce qu'il a de trop au milieu de nous, perte qui est un véritable gain et pour hii et pour le troupeau, ou plutôt pour la religion. (Trad.)

GgÀP. IX. COMPrâmCB HBU6. OU GODTIRN. ^

autre. Après Dieu, les églises trouvent leur aliment et leur appui dans le cœur et dans l'énergie de leurs menibres et de leurs amis ; et l'Etat, de son côté, débarrassé des mille difficultés que suscite partout l'uoîoa du spirituel et du temporel , n'a pas d'autres foncUons que de rendre égale justice aux citoyens, quels que soient leurs sentiments religieux et le culte auxquels ils se rattachent.

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