CHAPITRE X
DU PRÉTENDU ATHifSHlS DE LA LOI BU AMtïïlQOE.
La constitution des Etals-Unis ne fait mention ni d'un Etre suprême, ni du christianisme. Peut-on légitimement en conclure qu'elle fut l'œuvre de l'incrédulité?
A coup sûr, on ne saurait flétrir de l'épilbète d'in« crédule ou d'athée la Convention, qui, en 1787, formula notre constitution, sous la présidence de l'immortel Whashington. Tous les hommes influents de cette assemblée croyaient au christianisme, et Whash-
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iBgtoD luî^mènre, comme nul ne Tignore, était cht*é- Uen de cœur. Plusieurs d'entre eux appartenaient à quelque église^ et leur vie entière s'accordait avec la profession publique de leur foi. L'esprit religieux de la Convention nationale était tel que, dans un moment difficile, Franklin lui-même proposa d'inviter un mi*^ nirtre à ouvrir les séances par la prière. Si l'acte qu'ils élaborèrent ne toucha pas aux sujets religieux^ c'est qu'ils y virent un point sur lequel chaque pro^ vince avait eu, dès l'origine, sa législation spéciale, et rien ne leur sembla plus naturel que de le laisser dans la libre compétence des Etats particuliers.
a A cet égard, comme à beaucoup d'autres, dit un écrivain distingué, ta constitution fut, à proprement parler, une transaction, et Ton ne comprendrait pas trop comment elle eût pu régler les intérêts religieuse d'une manière positive. Il n'y avait autre chose à faire que de tolérer toutes les communions et d'empêcher qu'on n'en épousât une à l'exclusion des autres. Gé^ tait aussi ce qu'il y avait de mieux pour la religion et sa vraie prospérité. Des hommes qui l'aimaient plus que ncms ne le faisons, eurent la sagesse de ne la protéger ni de Tenlraver par des mesures législatives; non qu'ils voulussent la jeter comme une perle au milieu des pourceaux, afin qu'elle fût écrasée et foulée aux pieds, mais ils comprirent que c'était, au contraire, le moyen le plus sûr de lui conserver un grand empire sur le peuple. » *
' An Inquiry inlo llic moral and religions characler oflhe American governmeni, p. 72.
:H3 . LA HBUGION EN AMBRIQUB. UV. Ul
Toul en admeltaDtce qu'il y a de vrai dans cette observation, je persiste à croire que, si laCk)nveDtioa nationale garda le silence sur cette matière, c'est qu'elle ne jugea pas nécessaire de s'en occuper. La constitution qu'elle préparait n'était pas destinée à un peuple sans religion, ou, pour mieux dire, à un peuple qui attendit du centre son organisation religieuse. Il la possédait déjà, et l'ancienne législation des colonies témoignait hautement de leur zèle pour le christianisme. Me trompé-je? Il me semble que le silence, en pareil cas, parle plus haut que si l'on se fût cru obligé de proclamer, au nom de la loi, l'existence de Dieu et la vérité de la religion des chrétiens. La Bible ne commence pas par démontrer qu'il y a un Dieu : elle part de ce fait comme d'une donnée inattaquable.
Ce qui me confirme dans cette manière de voir, c'est la teneur même de la constitution. Â l'article 1* de la septième section, elle parle du sabbat en des termes qui montrent assez qu'il s'agissait là d'une charte destinée à un peuple chrétien ; et cela seul, me parat(«il, devrait suffire pour laver de tout reproche les intentions de nos constituants; car il est sûr qu'à rjnsLitution du dimanche se rattache, en quelque sorte, toul le christianisme, et l'on ne peut respecter Tun sans vouloir l'autre. Et, pour tout dire, si les auteurs de notre constitution avaient été mus par le mépris pour la religion, leurs actes subséquents eussent dû trahir leur pensée. Or, la plupart d'entre eux devinrent membres du congrès, et l'on ne saurait nul-
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lement accuser celui-ci de s'être montré hostile au développement religieux du pays.
Après cela, je ne fais^pas difficulté d'avouer que je suis de ceux qui regrettent que la constitution des Etals-Unis ne soit pas plus explicite sur ce sujet. Je me persuade que, si les auteurs de cet acte eussent prévu le parti qu'on tirerait de leur silence, ils n'auraient pas manqué d'exprimer, en termes formels, la foi qu'ils avaient en Dieu et ce qu'ils pensaient de l'importance et de la vérité du christianisme.^
Je ne saurais, d'ailleurs, mieux conclure ce chapitre qu'en rapportant les paroles de l'auteur que je viens de citer ; c D'accord avec lui-même, le peuple de 1787 ne voulut pas faire autre chose que de se donner une organisation qui, en s'étendant à l'ensemble des colonies, reposât, toutefois, sur les principes politiques admis par elles d'ancienne date. Chaque province était trop peu considérable pour former à elle seule une nation, et, d'un autre côté, la vieille confédération manquait d'un pouvoir central. Il fallaitobvier à ce double inconvénient, mais on ne désirait rien de plus. Â peine si l'on peut dire qu'il fût ques-
* On Toit par ce passage et par d'autres endroits analogues quelle est la pensée de Tauteur, pensée que partagent, à ce qu'il parait, U plupart des Américains. Us no veulent pas que l'Etat demeure étranger à la religion, disons mieux, au christianisme; mais, dans rintérét même du christianisme , ils ne veulent pas non plus que TEtat Intervienne d'aucune façon dans les affaires de TËglise ou des églises. C'est une thèse que nous n'avons pas à discuter ici : nous nous bornons à la poser telle qu'elle nous paraît ressortir de l'ouvrage qu'on a sous les yeux. (Trad.)
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UoD d'innover, et en religion moins qu'en nuUe autre matière. Lors donc que la oonstitulion qui vil alott le jour, ne porterait pas expressément Temilreiote du christianisme, qu'est-oe que cela prouverait? Portet-elle expressément celle de l'incrédulité? Si elle n'a d'autre tort que de se taire^ nous devrons, à aon dé» faut, écouter la voix du peuple qui la sanctionna. Or, c'était un peuple chrétien par sa profession et par ses pères; bien plus, c'était un peuple qui avait montré son attachement à l'Evangile, par toute une légisia*tion; et cette législation ne saurait être d'un bout à l'autre une imposture. »'
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