CHAPITRE L
LB FftlNGlPB VOLONTAnB MIS A L'iTMUTB.
Dans les livres précédents, nos lepteurs ont pu suivre les progrès de la liberté religieuse aux Etats-Unis, depuis la première colonisation jusqu'à nos jours; ils ont vu de même commetit chacun de ces progrès modifia les rapports primitifs de l'Etat et de l'Eglise.
A l'époque où commença l'émigration , l'on savait à peine dans l'ancien monde ce qu'il fallait entendre par les droits de la conscience. Les hommes mêmes qui passèrent au-delà des mers pour jouir de la li* berté, ne s'en faisaient pas des idées fort justes. Ce bien qu'ils avaient acquis par tant de sacrifices, ils n'étaient guère empressés de l'accorder aux autres.
3fc6 LA HELIGION EN AMÉRIQUE. LIV. IV
Ce n'esl pas qu'on défendt! à personne d'avoir telles opinions religieuses que bon lui semblait; mais si elles étaient contraires aux doctrines de l'église nationale, il-ll'êtftrt i*fe'^^rfttt d;# f&*iplc|ager. Là même où dominait le plus d' in tolérance , on contraignait, il est vrai, à la fréque.r\l^Jlion du culte oflBciel; cependant, l'on n'exigeait pas de ceux qui voulaient s'établir dans la colonie qu'ils fissent une profession exp(^^ ^9 hSf>i \égi^mpQU T^oonp/ùf^Çf^ u\^}fii^ny^ le minimum de la liberté religieuse; mais c'était encore plus que n'en possèdent aujourd'hui les hommes qui naissent sous le beau cieîde l'Italie et dans quelques autres pays du monde catholique.
Toutefois, il ne se^pas^a p^ bien du temps avant que la Virginie et lel^assacûusèfs, colonies où le na<tionalisme était le plus strict, fîsssent un grand pas vers la liberté: Blleè fÔlérÔi'etft' tés i^hïiiftùs' t)articu. lières des dissidents.
.,^iQntô|;il fuA pçrmiâ à 0^3 réuoiops 4ei|)irw4reitle cai^lài:e<:4'a^^mbjl^ PMMiq4MN4;i;P24f«««pii4«i»,l9l' fcéqu64ii(aji9at: it'étai^Pt point .di^0A4^Ai.|(^s.â99p6Ui qu'a» .teîvail ea ^f^jKQur à» l!^li89. natH>«{^ Q!étàu néanmoÎBs; va 9ecpnd pas» , ,., , , , , ,,.,.., ^ ,
f f Un troisièine p(t9 vers 1« liberté rqligiQas^ fut ,de déçi^urger anlièrement Iea4iâ$i4e0^d9lioii,t ipi^tde culte; puis on finit par arit^indre le ieriWfiQt. assez promptement encore , lorsqu'on rapporta les loisî qvi contraignaient les citoyens à fair^t le3;fr^ d'^a culte (melcûoque, et que de la. sort^ toutesi Iç^^gUseA;^^ vir^ rent pl,açée8 sui; te, pied de l'égalité j^i.pIminaKf^iLa^ !
Ç^A^^ f. VB J^HIBiCIPfS VALQUTAlilB. : lU
.i. TQl:0Siir^Va«mftl de$ choses, et tel U demeuMvat j;pDiAui^ sûr. Partout nous avoua la coinplètat liberté ^.Qttltçs. Le gauverneiDent les protège lova aan&ex* c9ptioo« Une r^npioD quelconque d'individiia qui àé^ aîre de posséder une église ou un local pour ses as^ semblées, peut, comme elle le juge convenable» ériger ou, louer un édifice à cçt effet. L'on n'exige autre ohose d'elle que de rempbr les conditions que la loi impoise h toute personne qui achète un immeijj[>le pour un service public. L'autorité civile n'a d'ailleurs nulr lameot à si'jnformer des croyances. Ce n'esft pas à dire que ces . assemblées ne puissent jamais avoir rien à tféftièl^ avec la police ; mais celle-ci ne pourrait let dMWudte que si elles portaient réellement préjiiudiQQ è^ d«9 tiers, ou s'il s'y passait des choses vraiment im-^ g^rales* Daqs aucun cas, on ne saurait invoqueir cwUr9 elles les doctrines religieuses qui s'y prient I^ public a«iéi;icaiii ne tolérerait certainement pas qi>ale nagi^at iotervtnt mal à propos dans up ben ttocMlte, «oit xjae cç ffii uqe église ou une maision ptorv tmiiière. ; , }•,
îffj^ aqtre q6té, nï l^ gouvernemeol ceqtral,, pi >les gc^y«rpement^ partioDliers, ainsi qqe mous I'kvow yu, neiCoul qw>i que qçsQit pour l'en tretiw des pw tewps et du culte 9 à l'exception d'up petit BOiPil^ri^ ({•aiipnôniçrs dont les emplois sont d'une palu^e.tqute spéciale.
. D'où.estnce doue que la religion tire sesi moyens d'exist^nce ? Aprôs Dieu , c'est uniqueoieptid^^iSAorir 9ces que Dont ceux qui aiment TËyaugile e^t dflf;Qlfprts
tM LA ABUGIOM BU AMÉftlQOB. UT. IV
gpontanéft des hommes qui veulent le bieo. Nous n'avons pas en Amérique d'autres ressources pour le maintien du culte. Ces ressources précaires , au dire de quelques personnes , sont-elles suffisantes et assurées? C'est la question à laquelle doit répondre le présent livre.
Mais, avant d'entrer en matière , rendons-nous compte des besoins auxquels il s'agit de satisfaire. On verra que le principe volontaire ne saurait être mis à une plus forte épreuve.
Je rappelle que, par le recensement de 1840, la po« pulation des Etats-Unis s'est trouvée de 17,068,666 âmes. A ce moment (novembre 1842), elle ne doit pas être loin de 18 millions; mettons 17,500,000. L'instruction religieuse de cette masse entière repose exclusivement sur le bon vouloir des individus. Ce ne sont pas seulement des milliers de ministres et d'aises qu'il faut entretenir. Ton doit aussi pourvoir aux frais qu'exigent les collèges, les séminaires théologiques, les écoles du dimanche, les sociétés de missions et tous les autres instruments dont on se sert pour répandre dans notre immense territoire la connaissance de l'Evangile. 11 y a là de quoi faire trembler ceux qui ignorent de quoi l'esprit humain est capable lorsqu'on lui laisse librement développer son énergie, et que, d'ailleurs , il est mû et fortifié par la grâce de Dieu et par son amour.
Mais il ne s'agit pas seulement de t^ontinuer à soutenir d'une libre volonté les établissements religieux que la loi soutenait jadis: il y a, comme un le
QIAP. I. U PBINOPB TOLOHTAIRB. 9k9
sait, à maintenir ces établissements au niveau d'une population qui s'accrott avec une rapidité telle que l'histoire ne nous raconte rien de pareil. Reproduisons ici quelques données auxquelles nous avons fait allusion précédemment :
De 1790 à 1800, l'accroissement annuel de la popnlation fut de 137,609 individus; de 1800 à 1810, de 193,388 ; de 1810 à 1820, de 239,831 ; de 1820 à 1830 , de 322,87S ; de 1830 à 1840 , de 420,174.
D'où il est aisé d'inférer que de 1840 à 1850 cet accroissement dépassera 500,000 âmes; soit, au bout de dix ans, cinq millions. Il faut, de toute nécessité, que le nombre des ministres, des églises, des collèges, etc., s'élève dans la même proportion ; et voilà ce que bien des lecteurs estimeront , à première vue, d'une exécution parfaitement impossible. Malheur à la religion, s'écrieront-ils peut-être , si le gouvernement n'y met enfin sa bonne main !
Quant à moi , j'ose le déclarer, tant en mon nom qu'au nom de tout ce que TÂmérique renferme de chrétiens éclairés, nous n'avons pas besoin de recevoir des gouvernenienis d'autre aide que celle dont il aime à nous faire jouir maintenant. Il n*y a, dans celle statistique, rien de désespéré, lant que les chrétiens feront leur devoir avec une humble et vive confiance en Dieu.
Des 500,000 individus dont notre population doit s'accroître chaque année , il y en a bien 80,000 de cinq ans et au-dessous; restent 420,000 personnes auxquelles il s'agit de fournir des temples et des mi-
SW LA HBLmtoff ^n >awèïïiqm^ t\n w
iitstresi C/dst, à la rîguear, MO églises, et pour te moiifis aulànt de pasteurs; mais afin d*dtre plus près de- la véfHlé, disons 840 églises, coùtenant eu moyeune 500 personnes, et un nombre suffisant de
ministres pour y célébrer le service religieux. Quand je parle d'églises, je n'ignore pas que , pour commencer, des chambres d'école ou des salles en maisons particulières peuvent suffire; mais enfin, tôt ou tard, il faut aux chrétiens des édifices consacrés a leur culte. Je reconnais aussi qu'un même ministre peut desservir, durant un certain temps, plus d'une église; toujours est-il que chaque congrégation tend à posséder et son temple et son pasteur. Ainsi, 840 église» à ériger, autant de ministres à instituer chaque année : tel est l'immense problème que le principe vo>-' lontaire est chargé de résoudre.*