CONSEIL PRESBYTÉRIEN DES MISSIONS DOMESTIQUES
Le presbytérianisme des Etats-Unis doit essentielle*
^ Voyez Appendice, IV.
^ Cette fraternité entre les églises, ces secours que le fort tend aa bible, voilà un développement de l'amour chrétien qui, à notre avis, est on des plus beaux fruits du système volontaire. (Trad.) I. 35
LA RBf JGICm EN AMÉRIQUE. LIY. TT
ment son existence aux chrétiens qui s'exilèrent d'Ecosse par motifs de conscience, et aux émigrants do nord de Tlrlande. En plusieurs lieux, leur nombre s'augmenta de ceux des congrégationalistes de la Noavelle-Angleterre qui n'éprouvaient pas de répugiiaiice pour leurs principes. Ailleurs ils s'associôrent aux huguenots de France et k quelques membres des éf^ises réformées hollandaises et allemandes. C'est ainsi que se réunirent les premières églises presbytériennes, vers la fin du XYIP siècle. Leurs prédicateurs d'alors étaient d'origine écossaise et irlandaise ; il y en avait aussi de la Nouvelle-Angleterre. Peu nombreux dans le principe, ils étaient souvent invités a prêcher, hors de leurs congrégations, aux presbytériens répaodus çà et là.
Ce fut en 1704 que s'orgaaisa le premier presbytère, et en 1716 le premier synode. Dès ce momeDl les missions domestiques se firent avec une grande fermeté. L'on envoya les ministres en tournées de prédication auprès des petits troupeaux presbytériens, ou plutôt des familles éparses dans le pays. L'an 1741, le synode se divisa en deux sections : l'une d'elles conserva le nom de synode de Philadelphie, l'autre prit celui de synode de New- York. A peine le premier se fut-il constitué, qu'il dirigea son attention « non-seulement sur les besoins des troupeaux de son ressort proprement dit, mais encore sur ceux des émigrants qui se répandaient en grand nombre dans la Virginie
et dans la Caroline du Nord. > On écrivit donc à FAssembiée générale de l'église d'Ecosse^ la priant d'en-
CHAF.' TTII. MISSIONS A l/lNTÉRIBCR. ^
Yoyer dei minislres aux colonies , et de fonder uo sémibaire pour former des jeunes gens au ministère évangélique. On adressa pareillement aux synodes de Hollande une lettre où l'on manifestait le désir de s'entândre avec les Hollandais calvinistes dans l'intérêt de la religion .
A la première session du synode de New-York , ep 1745y on mit sous les yeux de l'assemblée les circon-^ stances de la Virginie , et l'on exprima le désir unanime que M. Robinson visitât les colons de cette province. M. Robinson était un homme éminent. Son éloquence, toute simple comme sa manière d'être^ avait beaucoup d'animation et d'attrait. Il n'était pas rare qu on vînt à lui de vingt, trente et même quarante milles de distance. On l'appelait Robinson-le-Borgne, parce qu'il était effectivement privé d'un œil. Cet homme de Dieu visita donc à plusieurs reprises la colonie, et il y fut l'instrument de beaucoup de bien. Il eut pour successeur le révérend Samuel Davies, dont j'ai eu l'occasion de parler précédemment.
En 1758, les deux synodes s'étant de nouveau fondus en un seiil, les missions évangéliques prirent une grande extension , et l'on ordonna pour cet objet des eollectes dans toutes les églises. En 1767 ou 1768, il fut proposé par le presbytère de New-York de faire une collecte annuelle au sein de toutes les congrégations, de nommer un trésorier général auquel chaque près-bytère enverrait les fonds recueillis de la sorte, et de rendre chaque année un compte public de leur emploi. Ce fut l'origine du Conseil actuql des Missipns
domestiques. La même année, on reçut des demandes en secours delà pari de vingt localités de la Yii^inie, de la Caroline du Nord et de la Géorgie.
En 1772, il fut question d'étendre aux Indiens ces travaux missionnaires; et deux ans après, aux nègres d'Afrique; mais la guerre de la révolution fit avorter ces entreprises. Cependant, même pendant la guerre, il y eut plusieurs églises qui, dépourvues de pasteurs, demandèrent qu'on leur en envoyât, et l'on vit bon nombre de ministres presbytériens circuler de lieu en lieu, bravant pour cela bien des périls. Ce fut en 1789 que l'assemblée générale de l'église presbytérienne se constitua, et l'objet des rhissions occupa sa première séance. Si l'on excepte les méthodistes , qui avaient alors, comme à présent, leurs prédicateurs itinérants, l'église presbytérienne était la seule à cette époque qui entretînt des missions domestiques.^
En 1800, le révérend M. Cbapman reçut la charge de missionnaire dans les districts occidentaux de l'Etat de Nev^-York, et c'est à lui qu'on doit l'extension du presbytérianisme au sein de cette contrée importante. En 1802, l'assemblée générale institua un comité permanent qui se mit en relation avec toutes les sociétés missionnaires de l'Europe. On prit vivement à cœur les intérêts spirituels des nègres d'Amérique, au milieu desquels le révérend John Holt Rice , docteur en théologie, un des ministres les plus distingués qu'ait
^ Hiitory of the miuian» of Ihe Presbylerian Churek, by the Rev. Asbbel Green. D. D.
CHAP. VIU. MISSIONS A L'iNTÊRIBUR. S89
produits Téglise presbytérienne des Etats-Unis, exerça pendant sept ans ses travaux apostoliques.
En 1816, l'assemblée générale conféra de nouveaux pouvoirs au comité permanent, et lui donna le titre de c Conseil des Missions de rassemblée générale. i> La direction centrale envoya nombre de missionnaires dans les églises presbytériennes qui se formaient au sud et àTouest; ce qui n'empêcha pas que plusieurs sociétés particulières , fondées sous les auspices des synodes et des presbytères, ne tournassent leur acli-^ vite vers ce même champ de travail.
Douze ans après, on voulut imprimer au conseil des missions une nouvelle vie. En conséquence, il dut s'occuper aussi des païens; mais les besoins de l'intérieur étaient si considérables, que son attention s'y absorba presque complètement. Bientôt on vit que ces deux œuvres ne pouvaient marcher de front sous une direction unique. On institua donc deux conseils. Les missions à l'intérieur y gagnèrent, aussi bien que les missions chez les païens. Puis les sociétés des synodes et des presbytères se fondirent dans la société centrale, ou du moins elles s'y affilièrent; et les travaux se poussèrent dès lors avec une plus grande activité.
De 1838 à 1841 le nombre des missionnaires à l'intérieur s'est accru de 31 h 272. Sous leurs soins on comptait 500 écoles du dimanche fréquentées :par au moins 25,000 élèves; les églises avaient reçu 3>100 membres; 22,000 personnes avaient adhéré aux principes des Sociétés de tempérance ; les recettes s'étaient élevées à la somme de 35,455 dollars : çba-
390 LA RBLIGIO!! BK AMARIQUB. LIT. IT
que missionnaire en coulait 130 , terme moyen. Le Conseil est aussi dans le sage système de n'aceorder qu'un subside aux congrégations, et non de payer intégralement leurs pasteurs.
Cette esquisse sommaire suffit pour donner noe idée des opérations du Conseil Presbytérien des Missions domestiques , de celui j j'entends , qui se rattache à l'assemblée généi-ale de TEglise presbytérienne dite de la vieille-école. Par la bénédiction de Dieu , cette institution a, pour ainsi dire, appelé à l'existence quelques centaines d* églises. Ses intérêts sont administrés avec sagesse et énergie, et sous ce rapport TEgltse doit infiniment au révérend Ashbel Green, docteur en théologie. H ne cesse , malgré son grand ^ , de se dévouer à cette belle œuvre, qui, par ses admirables sticcèSi est la consolation de ses vieux jours.