LES ABORIGÈNES DE L' AMÉRIQUE DU NORD
Lorsque les Européens découvrirent l'Amérique du Nord, elle était occupée par un grand nombre de tribus
10 LA RELIGION EN AMÉPJQrE. LIV. I
non civilisées, qui , malgré leurs Irails de différence, avaient manifestement une môme origine. Ces hommes vivaient de la vie sauvage. Ils avaient pour habitations de simples huttes, et une peau d'animal formait leur vêlement. Ils ignoraient, à proprement parler, Tagriculture, et manquant de troupeaux, l'usage du lait leur était inconnu. La chasse et la pêche leur fournissaient une subsistance fort précaire, dépourvus qu'ils étaient de bonnes armes et de filets ajustés avec un peu d'art. De là, comme on le conçoit, de fréquentes famines et une existence en somme Irôs-misérable.
On trouvait chez eux quelques notions d'un pouvoir suprême gouverneur de ce monde, et d'un méchant esprit ennemi du genre humain ; mais rien de plus indigeste ni de plus incohérent que leur théogonie. Quelques-uns imaginaient une sorte d'Elysée où les braves guerriers jouissaient des plaisirs de la chasse et de la guerre ; mais, en général, ils n'avaient pas la moindre idée de la résurrection des corps. Quanta leur origine, ils l'ignoraient complètement. Leurs traditions, et encore des traditions fort confuses, ne remontaient pas au-delà de trois ou quatre générations.
Pleins de la plus généreuse hospitalité pour les étrangers, ils n'en étaient pas moins d'une cruauté révoltante avec leurs ennemis. Mais comment s'en étonner, quand on voit ce que peuvent commettre d'atrocités des hommes qui professent le christianisme? Hélas ! il n'y a rien de si détestable dont ne soient capables les cœurs destitués de la grâce de Dieu !