BIENFAISANCE
Partout où il y a des besoins et des souffrances ^ on est sûr que lescbréliens, et surtout les chrétiens évângéliques, sont les ppeijiiers à Tœuvre. Ils ne comptent éo général que sur eux-mêmes pour venir à bout de iëurs entreprises de bienrajsance ; mais il est des cas où la coopération du magistrat devient nécessaire, et b*est alors seulement qu'ils la réclament. S'ils l'obtiennent, ce qui est le plus ordinaire, c'est tout naturellement par eux que les autorités municipales ou cetles de l'Etat administrent leurs charités. De sorte qu'en ces cas mômes on se ressent encore des bienfaiLs de la libre association. Je pourrais citer ici bon nombre d'exemples à Fappui ; mais je dois me borner à quelques inidicatÎQDs .générales.
Il n'est pas de villes, je pourrais dire de villages, où
'.aeiinmvait rhoDorable John Quincy Adams , l'ancien président des tBlilB*tUnis. — On ne saurait yraiineiit exagérer lea maux 4e la
guerre. «Dans la paix, dit Crésus au conquérant .€y rus, les enifiRts ensevelissent leurs pères, mais en temps de guerre, ce sont "'kS' pères qui.ensevelissent leurs enfants. » «La guerre fait les bri- ^giods, dii Maobiavel, et la paix les envoie aux galères^ p Et Frank-
Md : ti>aissk)ns*nous ne jan^ais avoir la guerre ; car ^ à. mon avis , il it;y .avoir de guefre.beureuse,Ai4e paiji^auisit^^» .
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il d'y ait des sociétés d'hommes et de femmes qui s'occupent du soulagement des pauvres^ surtout des malades. Il est rare cependant que ces comités aient beaucoup à faire, parce que la pauvreté n'est pas chez nous en permanence, au moins dans la plupart des localités. Ce sont donc généralement des institutions temporaires. Mais, dans nos grandes villes, il faut quelque chose de plus durable. Aussi l'étranger qui les visite y peut-il voir des hôpitaux pour les malades, des maisons de pauvres et des dispensaires où les indigents reçoivent gratuitement des remèdes.* Dans tous les Etats, la loi votedes fonds pour les pauvres, maiscen'est
pas de manière à rendre inutile la bienfaisance privée; et lorsque des épidémies viennent subitement exercer leurs ravages^ on n'attend pas que les gouvernemenls aient pris des mesures pour secourir les malheureux.*
* Le système d'assistance varie suivant les Etats. Daos ceux de l'Ouest où Ton ne connaît guère l'extrême indigence, chaque commune soigne ses pauvres comme elle le juge bon. L'on fait des collectes, et un commiiî:saire en applique le montant suivant les cas. Les pauvres qui ont une famille sont placés en des maisons qn'on loue pour eux ; on met les autres en pension. Dans les £tats atian* tiques , il existe des maisons de pauvres , où chaque commune envoie les siens, en payant ce qu'il faut pour cela. Quant aux villes maritimes, les autorités municipales font de grands sacrifiées pour l'entretien des indigents; et il est bon de dire que Im plupart sont des étrangers.
* Lors de l'invasion du choléra , toutes nos cités eurent aussitôt dans leur sein des associations de secours • dont firent partie les meilleurs chrétiens. J*ai vu entre autres à Philadelphie une société de dames qui avait loué une maison pour la convertir en hôpital C'est là qu'elles recevaient les enCants que répidémie avait leodas
CBAF. XXVt. INSTITUT lOiNS DK BIENFAISANCE. 493
Je me fais d'ailleurs ud plaisir de constater que TE* vangile trouve un facile accès dans les établissements de bienfaisance dépendant des Etats ou des communes. On permet à tout chrétien prudent et zélé, ecclésiastique ou laïque, d'y porter des consolations aux pauvres et aux malades; et dans plusieurs de nos villes, de dignes ministres du Seigneur sont chargés par l'autorité de faire régulièrement des prédications aux hôpitaux comme aux prisons. Sauf un petit nombre d'exceptions, ce sont des ecclésiastiques protestants; mafison n'interdit point aux ministres romains de voir ceux qui désirent leur ministère.
De toutes lesinstitutions de bienfaisancequi honorent nos cités, il n'en est pas de plus intéressantes que celles qui ont pour objet les enfans. Partout on y trouve des maisons d'orphelins bien établies et bien dirigées, où l'on reçoit les enfants de couleur, à l'égal des blancs. En général, il est à remarquer que, dans une grande ville , les pauvres et les malades de race africaine ne sont pas moins bien soignés que ceux de la race blanche. Mais je dois signaler comme un fait dont je suis parfaitement certain, que, sur tout le territoire des Etats-Unis, il n'existe pas un seul hospice pour les enfanU trouvés.
Nous avons en outre plusieurs Maisons de refuge^
orphelins, et les noirs et les blancs. Chaque jour elles allaient elleamémes les laver, les vêtir et pourvoir à leur subsistance. Deux de ces enfants, frappés de la contagion, expirèrent dans leurs bras, r La plupart de ces femmes chrétiennes appartenaient aux familles les plus respectables de Philadelphie.
%9k LA BEL1GI05 EN AMBRIQOB. LlV. \i
destinées à Tenfance abandonnée et vicieuse. Lésen-
fanls y reçoivent une bonne instruction primaire. On leur enseigne à côté de cela quelque métier, et surtout on a le plus grand soin de leur développement religieux. Ces établissements sont le fruit de l'association volontaire des chrétiens, quoiqu'ils reçoivent en général des secours de la part du gouverhemeût , soit sous forme de dotation, soit par une allocation annuelle au budjel.*
Je pourrais encore parler des asiles pour les veuVes, pour les vieillards elles infirmes; mais je ne menlitibnerai plus que ceux oix Ton recueille ces malheureuses créatures, déplorables victimes des passions et de Tinconstance des hommes. Il en existe maintenant datis nos principales villes et surtout dans les ports de mfer les plus fréquentés. Il est seulement Wtcheux que la charité chrétienne n'ait pas multiplié davantage ces asiles, où déjà plusieurs Madeleines ont eu le cœur touché par TEsprit de Celui qui disait à Fuue d'entre elles et au grand scandale du pharisien Biinon : « Ta » foi t'a sauvée , va-t'en en paix. Tes péchés te sont » pardonnes. »
* L'établissement de Philadelphie est un de ceux qui sont le mieux dirigés. Il s'y trouve habituellement de cent à deux cents enfants de l'un et l'autre sexe , mais dans d^ bâtiments à part. Les magistrats de la ville ont le droit d'y envoyer les jeuim Yi«abottds.