‹ De la religion aux États-Unis dÁmérique (volume 2)Chapitre 98 sur 111 · ASILES POUK LES SOURDS-MUETS · texte numérisé non relu

ASILES POUK LES SOURDS-MUETS

Le docteur Gogswell, médecin pieux de la ville de Hartford (Çonnecticut), avait une fille sourde et muette qu'il aimait tendrement. Inspiré par son affection , il propose à un jeune ministre , le révérend M. Gallaudet, de passer en Europe afin d'y étudier les meilleures méthodes d'éducation pour les infortunés que la privation de l'ouïe prive aussi de l'usage de la parole.

* En 1840, le nombre des aliénés était de 17,434, savoir 1 sur 979 habitants. Sur ce nombre, il y en avait 5162 qui étaient entretenus des deniers publics et 12,372 de ceux de leurs amis. I. 32

Ce digne ecclésiasUque revint au^ELals-UnisoQ 1816, aprôs avoir passé plus d'un an dans l'Inslilul royal, alors dirigé par Tabbé Sicard. Aussitôt il fut question de fonder, a Hartford, un établissement pareil. Après avoir» sans peine, obtenu l'autorisation légale, on ouvrit une souscription qui produisit, sur les lieux mômes, une forte somme, et le congrès accorda 23,040 acres de terrains publics pour servir de. dotation k l'établissement. 11 ne tarda pas à recevoir de^ élèves, et dès lors il n'a cessé de prospérer. C'est le plus ancien insli* tut de ce genre aux Etats-Unis : il porte le titre d'Asile Américain pour l'instruction et l'éducation des sourds-muets. On peut bien y voir un établissement national , puisqu'il a été doté , en grande partie du moins , par le congrès^ et qu'il est accessible aux jeunes sourds-muets de tous les Etats. Mais , par le fait, il ne sert proprement qu'à ceux de la Nouvelle- Angleterre. Le nombre des élèves y est ordinairement de cent quarante à cent cinquante ; le cours des études dure quatre ans.

Depuis 1816, il s'est formé cinq autres établisse*, ments sur le plan de celui de Hartford : à New-York, à Philadelphie, à Colombie dans l'Ohio, àDanville au Kentucky, et à Staunton en Virginie. Ces institutions sont essentiellement soutenues par les Etats. Ils réunissent environ trois cent quatre-vingts élèves.

On y reçoit comme pensionnaires des enfants appartenant à des familles aisées ; mais je ne pense pas qu'ils fassent plus de la sixième partie du nombre total. En 1840, il y avait aux Etats-Unis sept mille

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six cent cinquante-neuf sourds-muets; ce qui Tait un sur deux mille deux cent vingt-sept individus. On ne doit pas cdmpter qu'il y en ait plus du quart qui ne soient d'âge à recevoir l'instruction. Toujours est-il que nos établissements ne sont pas encore à la hauteur des besoins. Mais il n'est pas douteux quelles nouveaux Etals ne s'occupent de cet objet lorsqu'ils auront pourvu aux premières exigences de la civilisation. En attendant, il y a, dans ce qui se fait, de quoi ré-* jouir le chrétien.

Ce qui doit surtout le remplir de joie, c'est de savoir que nos instituts de sourds-muefs ont tous pour direc*" tours des hommes décidément religieux, et que les leçons qu'on y donne sont parfaitement éyangéliques^ La Bible y sert de texte à Tétude de la religion. Soir et matin Ton rassemble les élèves pour la prière. On écrit quelques passages de l'Ecriture sur un grandi tableau noir; on en fait une courte explication, après quoi vient la prière pour kquelle on se sert dis signes comme poar tout le reste. Chaque dimanche il y a sermon, dans cette même forme; et Dieu a singulièrement béni œs instructions. Il est uti assez grand nombre de nos élèves qui sont devenus des hommes vraiiïient pieux , ce que leur vie tout en^^ tière atteste hautement ; et plus d'une fois on a vu les instituts des sourds^muets avoir leur part des réveils religieux qui se manifestaient dans les lieux où ils existent.

SOO LA BBLT6I0N EN AMÉRIQUE. llV. IT

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