‹ De la religion aux États-Unis dÁmériqueChapitre 10 sur 153 · C6AP. IV. LBS NON CONVERTIS · texte numérisé non relu

C6AP. IV. LBS NON CONVERTIS

quel nul ne peut servir Dieu, ni sur la terre, ni dans le ciel. Or, ces appels ne se font pas en vain. 1

On insiste, et l'on demande si les individus auxquels nous refusons la cène du Seigneur consentent toutefois à fréquenter nos églises. Oui sans doute qu'ils le font. Us connaissent assez le christianisme pour comprendre que l'admission à la cène ne leur serait rien moins que profitable, aussi longtemps qu'ils ne sont pas réconciliés avec Dieu par Jésus-Christ.* Us reculeraient d effroi plutôt quand un ministre leur propo-

1 II s'est fait, à cet égard, une enquête fort intéressante dans les églises de la Nouvelle-Angleterre, portion des Etats-Unis où l'Evangile a été prêché le plus longtemps et le plus fidèlement, sur tous les points du territoire. On s'est assuré de la façon la plus décisive que «les enfants de l'Eglise,» c'est-à-dire les enfants des fidèles qui ont été consacrés à Dieu par leurs parents, et beaucoup d'entre eux dans le baptême, ont eu une part spéciale aux bénédictions de la grâce de Dieu. Il était comme passé en proverbe que les enfants des chrétiens, et surtout ceux des ministres et des diacres, sont les pires de tous; mais cette enquête a démontré qu'il n'y a rien au monde de moins vrai. Au surplus, s'il en était autrement, Dieu ne serait pas fidèle dans ses promesses!

* Par ignorance de nos coutumes, les étrangers qui arrivent aux Etats-Unis commettent quelquefois à cet égard de singulières méprises. Un gentilhomme espagnol se rendit un jour chez le révérend Sylvester Larned à la Nouvelle-Orléans; c'était un des plus éloquents orateurs de son temps. L'Espagnol lui dit qu'il souhaitait de se joindre à son église et d'y prendre la cène; «car, a dit-il avec un jurement, o vous êtes l'homme le plus éloquent que j'aie » jamais entendu. » M, Larned passa une heure à lui expliquer ce qu'il fallait pour pouvoir s'approcher de la table sacrée, ou autrement pour être chrétien; et l'étranger se retira le cœur oppressé, mais occupé de pensées sérieuses qui n'avaient jamais abordé son esprit.

serait de communier, bien que non couverlis. Ën attendant , ils apprécient l'avantage de fréquenter les saintes assemblées. Ils saveut dès leur enfance que la prédication de l'Evangile est le grand instrument dont Dieu se sert pour sauver les hommes. Ils l'écoulent avec l'espoir qu'un jour le Seigneur leur fera trouver ce qui est indispensable à leur bonheur, même ici-bas, comme ils ne sauraient l'ignorer. D'autres, d'ailleurs, je dois bien aussi le dire, sont conduits dans nos assemblées par l'effet de leur éducation, par la force de l'habitude, par l'entraînement de la mode ; ils y viennent, hélas! pour voir et pour être vus; les talents et l'éloquence du prédicateur les y attirent. Quoi qu'il en soit, je ne pense pas qu'en aucun lieu de la terre les temples soient plus fréquentés, eu égard à la population. A coup sûr du moins, le continent européen ne saurait rivaliser avec nous là-dessus. C'est une différence qui ne peut que frapper tout homme qui a visité les grandes villes des deux mondes. Je n'excepte que la Nouvelle-Orléans, ville à peine américaine; et encore la fréquentation du culte public y est-elle bien plus générale qu'à Paris, à Rome , à Vienne, à Hambourg ou à Copenhague.

Il s'en faut tellement que ceux qui n'appartiennent pas à nos églises par une admission en forme, demeurent étrangers à notre culte, que ce sont eux au contraire qui composent souvent la majeure partie des assemblées. Ils en forment les deux tiers , les trois quarts, ou même davantage, suivant le temps plus ou moins long que la congrégation a été organisée ; et

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