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dont la conduite était morale, sans examiner avec soin s'il avait réellement expérimenté la religion, et s'il était renouvelé par le Saint-Esprit. De tristes conséquences s'en firent bientôt sentir. Le ton général de la piété s'abaissa de proche en proche ; on vit se relâcher les prières et les efforts qui se faisaient jadis pour la conversion des pécheurs impénitents, et pendant plus de trente années, iJ y eut, dans toute la Nouvelle-Angleterre, une suspension manifeste de la grâce de Dieu.
La prédication d'Edwards, comme toute prédication qui amène une réforme, était essentiellement dogmatique. Il insistait, avec une grande force d'argumentation, sur les principales doctrines de la grâce, notamment sur la justification par la foi, et sur la nécessité des influences du Saint-Esprit ; et d'ailleurs il interpellait de la manière la plus directe la conscience de ses auditeurs.
A la puissance de cette prédication vint s'ajouter, au commencement de 1735, des menaces soudaines de la Providence, et bientôt la ville tout entière se sentit saisie d'un intérêt extraordinaire pour les vérités de la religion. Pendant six mois> le réveil pri4 un développement inouï jusqu'à ce jour. On eût difficilement trouvé une famille qui ne comptât des personnes alarmées à la vue de leurs péchés, ou réjouies par l'espérance du salut. Toutes les pensées s'étaient tellement concentrées sur ce seul point, que le bruit courut, dans le pays, que les gens de Northampton avaient laissé de côté leurs affaires de ce monde
pour ne songer qu'à la vie éternelle. C'était une exagération sans doute ; mais il est sûr néanmoins qu'Edwards se vit dans la nécessité de rappeler à plusieurs personnes leur condition temporelle. Comme il s'agissait là d'une population éclairée, car les plus pauvres mêmes fréquentaient les écoles publiques, tout ce mouvement fut en somme exempt de fanatisme. Du reste, il ne se restreignit pas aux personnes d'une certaine classe, ou d'uh certain âge. L'homme respectable dont Dieu se servit pour le produire, atleste que, parmi ceux qui furent convertis, il y en eut dix qui avaient plus de quatre-vingt-dix ans ; cinquante au moins avaient dépassé quarante ans; trente environ étaient entre dix et quatorze ; il y en eut même qui n'avaient que quatre ans. En définitive, ce réveil eut pour fruit l'accession à l'église de 300 membres nouveaux, ce qui porta le nombre des communiants à 620, c'est-à-dire, la population adulte presque tout entière, car la ville ne renfermait que 200 familles.
Et cependant on sait avec quelle sage vigilance le digne Edwards conduisit celte œuvre. Il ne cessait de prémunir ses auditeurs contre les illusions qu'ils pouvaient se faite sur l'état réel de leur âme. Il conversait séparément avec chaque individu, non-seulement pendant le travail de la conscience, mais encore après que la conversion semblait opérée, s'efforçant de faire bien comprendre la nature et les signes de la vraie piété. C'est, du reste, la méthode qu'on a constamment suivie, en pareil cas, dans les églises de la Nouvelle-Angleterre ; d'où il résulte que, ni à l'époque dé
cet ancien réveil, ai dans les réveils plus récents, il n'est nullement à présumer qu'il y ait eu, plus qu'en temps ordinaires, des personues qui se soient trompées sur leur étal spirituel.
Les scènes dont Nortbampton était le théâtre, avaient quelque chose de si merveilleux, que le pays s'en émut. On y accourut en foule; mais plusieurs, il faut le dire, par pure curiosité. Frappés cependant de l'ordre, de la solennité, de la vérité profonde des sentiments qui se manifestaient sous leurs yeux, atteints dans leur conscience par les appels énergiques du prédicateur, bon nombre de ces visiteurs reconnurent aussi leurs péchés. De retour chez eux, ils donnèrent des preuves manifestes de leur repenlance, et ils ne contribuèrent pas faiblement à provoquer le réveil. Poussés par de meilleurs motifs , des hommes appartenant aux églises voisines et des pasteurs de localités assez distantes, se rendirent à Nortbampton , afin d'y être témoins des triomphes de la grâce de Dieu, de s'animer de l'esprit du réveil, et de le porter dans leurs propres villes. Le Seigneur bénit en plus d'un lieu leurs charitables efforts. Avant la fin d'uue anuée, le réveil avait gagné dix villes du Massachusels et dix-sept villes du Connecticut; il s'étendit a d'autres Etats par le moyen des natifs de la Nouvelle- Angleterre qui y avaient formé des établissements, et par les presbytériens d'Ecosse dont j'ai parlé plus haut. Des milliers de personues donnèrent, pendant tout le reste de leur vie, des preuves incontestables que leur conversion fut une réalité.
En 1740, de nouveaux réveils se manifestèrent presque en même temps à Nortbampton , à Boston et ailleurs. Dans une période de dix-huit mois ils se communiquèrent à toutes les colonies anglaises. Ce fut, quelque temps, une oeuvre magnifique de 1 Esprit de Dieu, pleine de calme et de puissance. Un témoin oculaire écrivait, en mai 1741, que, depuis Philadelphie jusqu'aux établissements les plus reculés vers le nord , dans un rayon de 500 milles , on manifestait presque partout le plus vif intérêt pour la religion. « Des collèges entiers pleurent sur leurs péchés, et beaucoup d'étudiants se sont convertis à salut. Notre ministre (M. Pemberton de New- York), ayant été envoyé au collège de Yale, où bien des âmes éprouvent une sorte de détresse, a prêché deux. fois par jour durant son voyage, et il se voyait suivi dans son logis, même par des enfants vivement préoccupés de leur salut. » Mais la beauté de ce réveil fut teruie par des excès de zèle qui- excitèrent l'opposition et produisirent de grands débals. Aussitôt Edwards se mit en avant avec son habileté ordinaire, pour défendre l'œuvre contre les attaques du dehors, et tout à la fois pour la purifier des maux internes qui en compromettaient l'existence. Cent soixante ministres, des plus respectables de la Nouvelle-Angleterre, de New-York et de New-Jersey, attestèrent par une déclaration collective la réalité et l'excellence du réveil dans la plupart des lieux, et se joignirent d'ailleurs à Edwards pour condamner les choses peu convenables qui s'étaient faites çà et là. Mais il avait soufflé un esprit
d'envie et de contention toujours funeste aux progrès d'un réveil religieux , et celui-ci s'arrêta en 1753. Malgré le déplorable mélange qu'y sema la misère humaine, les résultats montrèrent qu'en somme l'œuvre avait été dirigée par le Seigneur. Les personnes le mieux placées pour évaluer le nombre de ceux dont la conduite subséquente prouva la sincérité, estiment qu'il s'éleva, dans la Nouvelle-Angleterre seulement, à 30,000, et la population totale était de 300,000 âmes. H yen eut, outre cela, plusieurs milliers parmi les presbytériens de New-York, de New-Jersey, de Pensylvanie et des colonies du sud.
A cette même époque, il se passait chez les aborigènes indiens des choses dont le récit ne peut manquer d'intérêt pour nos lecleurs.
Au mois de juin 1740, David Brainard, missionnaire dont le zèle et la piété sont connus de tout le monde, commença ses travaux auprès d'un petit rassemblement d'Indiens dans le New-Jersey. Pendant les six premières semaines, ils manifestèrent une indifférence tellement stupide qu'il était sur le point d'abandonner son œuvre, le désespoir dans l'âme, lorsqu'il reprit quelque courage par la conversion de son interprète. Le soin que cet homme mit dès lors à son office, la chaleur et l'onction avec laquelle il rendait les discours du missionnaire, frappèrent d'élonnement les Indiens et captivèrent leur attention. «Le 8 août, » dit Brainard dans son journal que j'abrège un peu, «je prêchai k soixante-dix Indiens; ils suivirent avec un intérêt visible le discours que je leur
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adressai; mais ce fui surtout quand je leur parlai à chacun en particulier, que la puissance de Dieu sembla descendre sur eux « telle qu'un vent véhément. » Vieux et jeunes en furent comme terrassés. Des vieillards de l'un et de l'autre sexe, qui étaient depuis bien des années de misérables ivrognes, et quelques enfants aussi , donnèrent tous les signes d'une véritable détresse. Un individu, après avoir été meurtrier, exerçait la magie et se livrait à l'ivrognerie; il se mit à pousser de grands cris, et tout en larmes il demandait miséricorde. Une jeune femme qui , jusque-là sans
doute, ignorait qu'elle eût une âme, était venue voir de quoi il s'agissait. L'ayant rencontrée en chemin, je lui disque j'allais prêcher a son peuple. Elle de rire et de se moquer. Mais je n'avais pas encore 6ni ma prédication que cette pauvre femme sentit qu'elle avait un compte k reudre, et dès ce moment elle fut saisie d'une telle inquiétude au sujet de son salut, qu'elle semblait comme c transpercée par une flèche. » Des scènes de ce genre se répétèrent durant huit semaines. Quelques mois après, en portant un regard rétrograde sur ces réveils , Brainard fait l'observation que co mouvement des esprits n'eut jamais lieu par l'effet de prédications effrayantes, mais qu'on le vit toujours succéder aux discours qui roulaient sur la compassion du Sauveur, sur les abondantes richesses de l'Evangile, sur les offres gratuites que la grâce de Dieu fait aux pécheurs. A quoi il ajoute : « Je ne mets pas en doute que ces pauvres gens n'aient acquis en ce • peu de temps, par riufluence du Saint-Esprit, plus ii. 4
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d'instruction chrétienne quë beaùcoùp d'autres n'ëfi acquièrent par un enseignement de longue baleiné. Ils paraissent avoir décidément rompu avec l'ivrognerie , le péché « qui les assiège le plus aisément. » Ih sentent si bien le devoir de la justice et de la probité, qu'ils sont tout occupés a payer de vieilles dettes dotit ils avaient perdu la mémoire. Ils savent maintenant ce que c'est qu'aimer de la vraie charité. Puis, àn ne les voit point parler légèrement des consolations dont leurs âmes jouissent; c'est loujours avec un accent solennel et pénétré , avec des larmes et un cœur vrai* ment ému. » — Après une épreuve de quelques mois, il baptisa quarante-sept Indiens: leur communauté ne comptait guère qu'une centaine d'individus. « N'est- » cepas la, » dit le missionnaire , « une œuvre évi- » dente de la grâce de Dieu , et une œuvre qui dé- » passe tout ce qu'on pouvait raisonnablement alten- » dre. »
Les cinquante ans qui suivirent furent des années de commotions politiques et de guerres conlindelles; d'abord enlre l'Angleterre et la France qui se dispti-^ taienl l'Amérique du Nord, puis entre les colonies et la Métropole. Durant tout ce temps, les passions étaient trop excitées pour que les progrès de l' Évangile ne s'en ressentissent point. Les réveils toutefois ne discontinuèrent pas complètement. J'ai été frappé de voir, au contraire , combien de réveils admirables suivirent cette fâcheuse période , et comment M avaient été préparés de longue main par le mouvement religieux qui, durant ces aimées même de gûerre *
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felde trouble , s'était maintenu et constamment reproduit eh divers lieux.
C'est ainsi qu'on atteignit ce qu'on appelle Yère des réveils modernes, ère qui date de la fin du siècle passé. Il y eut d'abord chez les chrétiens un zèle tout nouveau pour la prière, et de vives sollicitudes à la vue des progrès rapides de l'incrédulité. Les crimes et les habitudes vicieuses d'une longue guerre n'y avaient que trop disposé es cœurs, et la révolution française semblait promettre aux ennemis du christianisme un prompt triomphe. La foi des peuples était ébranlée. Les jeunes gens, surtout voyaient déjà poindre, leur semblait-il, un nouvel ordre de choses, où le christianisme serait mis de côté comme tant d'autres vieilleries. Ce fut donc alors que les enfants de Dieu coururent au trône dé la grâce avec une ardeur toute rajeunie, demandant au Saint-Esprit d'élever son étendard contre l'invasion de l'ennemi.
11 y avait encore un autre sujet d'inquiétude. On ne voyait pas trop comment satisfaire aux besoins religieux des colonies qui se portaient dans les déserts de l'Ouest, avec une fureur jusque-là sans égale. Il y avait tout lieu de craindre que, si l'on abandonnait à euxmêmes ces émigranls, ils ne laissassent derrière eux, dans leur marche rapide, toutes les institutions du christianisme. C'est ce qui produisit au sein des anciens Etats un esprit missionnaire qui fut le salut des Etats plus récents. Le Massachusets surtout et le Connecticut, d'où sortaient chaque année des myriades de colons pour l'Ouest, épousèrent avec un vif
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intérêt cette noble cause. Les églises facilitèrent l'œuvre par d'abondantes souscriptions; et comme il n'y avait pas moyen d'avoir partout des missionnaires à poste fixe, on vil des pasteurs remettre pour quelque temps leur église aux soins de leurs frères du voisinage, et faire de longs voyages d'évangélisalion dans les nouveaux Elats.
Dieu bénit ces prières et les travaux entrepris pour sa gloire. Nombre d'églises , dans l'inlérieurdu Connecticut et du Massachusels, reçurent en 1797 une effusion du Saint-Esprit qui s'étendit progressivement de lieu en lieu. Dès le principe, on se mit en garde contre les excès de zèle qui avaient compromis le réveil de 1740, et l'on obtint d'admirables succès. Nos pays n'eurent peut-être jamais une série de réveils où tout demeurât plus calme, plus pur, et dont les effets se soient autant prolongés. Pour en étendre les bienfaits, on vil les églises qui jouissaient de la présence de Dieu dans leur sein , choisir quelques-uns de leurs ministres el les envoyer, deux à deux, prêcher le réveil dans les églises du voisinage. Leur arrivée était annoncée d'avance et d'immenses auditoires se réunissaient pour les entendre. Leur parole avait cette ferveur et ces formes incisives et pénétrantes qui atteignent le fond des âmes, et qu'on ne retrouve jamais au même point, en d'autres circonstances. Les églises qu'ils visitaient, s'étaient d'ail-
leurs préparées à leurs prédications au moyen du jeûne et de la prière ; puis, animées par leur présence, elles redoublaient d'activité, fjans leurs supplications.
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Aussi y en eut-il un grand nombre que le Saint-Esprit daigna bénir immédiatement. Voilà de quelle manière l'œuvre de Dieu se fit eu plus de cent villes du Massachusels et du Connecticut , el dans un nombre encore plus considérable de localités appartenant aux nouveaux établissements de Vermont, deNew-Hampshire, du Maine et de New-York, champ qui venait de s'ouvrir aux travaux missionnaires.
Cependant les presbytériens dont j'ai déjà parlé, se mettant aussi à l'œuvre avec un même zèle, obtinrent des résultats analogues. Par eux l'esprit des réveils passa les monts Âlleghanys. L'an 1801 , le Kentucky vit naître un réveil qui s'étendit sur tous les points de cet Etat, et qui, durant les deux années suivantes, gagna du terrain au Nord el au Midi, sur^une ligne de 600 milles en longueur. Dans ces contrées à peine encore civilisées, les réveils eurent des taches qui les rendirent, un moment, assez suspects aux chrétiens de l'Est ; et il n'est pas douteux que, parmi ces multitudes qui participèrent âu mouvement général, il ne se soit trouvé bien des individus pour lesquels il n'yeut là qu'une excitation plus ou moins factice. Mais quanta ce qu'il faut penser du caractère général de l'œuvre , nous avous le témoignage d'un des ecclésiastiques les plus éclairés d'en tre les presbytériens de Virginie. Il s'était rendu sur les lieux mêmes pour juger des choses par ses propres yeux. A tout prendre, dit-il, je regarde le réveil du Kentucky comme un des plus extraordinaires de ceux qui ranimèrent jamais l'Eglise du Christ. H s'adapte d'ailleurs, on ne peut mieux, aux
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circonstances locales. L'incrédulité triomphait çt la religion s'en allait mourir. 11 fallait quelque chose* d'inatlendu pour flxer les pensées d'un peuple léger qui, frappé d'une sorte de frénésie, en venait à se persuader que le christianisme est une fable et l'éternité une illusion. C'est ce que le réveil a fait. Confondant l'incrédulité, il a produit, chez un nombre de personnes vraiment incalculable , les impressions les plus sérieuses.
L'année 1802, en réponse à d'abondantes prières, le Saint-Esprit répandit sa grâce d'une manière remarquable sur le collège de Yale, dont le révérend Timolbée Dwight, docteur en théologie, était alors président. Un réveil religieux , au sein d'une institution scientifique, offre un intérêt assez grand pour qu'on nous permette quelques détails. Nous les donnerons tels que nous les a communiqués le révérend Noë Porter, docteur en théologie, qui appartenait alors à ce collège, t II y eut d'abord chez les étudiants un vif désir d'obtenir, pou* leur collège, les grâces qu'ils avaient vues se répandre en maintes églises. Pendant plusieurs mois, ils se réunirent une fois par semaine dans une chambre haute, et, « tout d'un accord, » ils offraient à Dieu leurs prières et leurs supplications. Ceux qui ont survécu jusqu'à ce jour, se souviennent encore de ces heureux temps où les cœurs étaient si ouverts, les communications si franches et la lutte avec Dieu si animée. Au printemps déjà, l'on commença d'apercevoir quelques résultats. Il fut manifeste qu'un grand nombre d'étudiants avaient reçu
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de sérieuses impressions. Le s'éipinaire allaU voir, pour ainsi dire, un nouvel ordre de choses; car le Seigneur l'avait visité dans la plénitude de sa force et de sa grâce. Ceux qui avaient jusque-là gardé pour eux leurs convictions, ignorant qu'il y avait des âmes toutes prèles à y sympathiser, se mirent dès lors h parler avec courage, et beaucoup d r aulre$ se joigni— rent à eux, désireux qu'ils étaient de participer aux MtaWfs bénédictions. Si bien que, dans les dix derniers jfljurs du semestre, il n'y eut pas moins de cin^ quaqle étudiants qui devinrent sérieux. De jour en jpur, et pour ainsi dire d'heure en heure, on en voyait se ranger sous l'obéissance de Dieu. Ce fut une époque vrajnoent mémorable. Nul encore n'avait l'idée de semblables l.rioniphes de la grâce du Seigneur. Le changement qui survint dans les iudividus et dans l'ensemble du çojlége, fui si éclatant et à la fois si soudain, que ceux qui l'avaient sollicité en éprouvaient autant de surprise que de joie; et ceux qui ne savaient pas « ce que tout cela signifiait, * étaient dans une sorte de stupeur. Où que se rencontrassent les étudiants, dans leurs chambres ou à la chapelle, dans les salles ou, dans la cour du collège, au milieu môme des prQmenades publiques, partout on sentait que I)teu était avec eux. Leurs pensées et leurs conversations n'avaient qu'un seul objet, le salut. A,ux profondes émotions d'une repentance amôre, succéda bientôt une paix non moins remarquable. Et loulefois, au fort de ce corabal spirituel et sous des impressions si viv^s, il n'y eut chez eqx rien qui sentît le fana-