‹ De la religion aux États-Unis dÁmériqueChapitre 25 sur 153 · LIV. V · texte numérisé non relu

LIV. V

tisme, ni qui déviât de la saine raison. Il faut excepter uo individu, mais un seul, qui, pour avoir résisté à ses convictions précédentes, succomba plus tard à de dangereuses tentations. Cependant les vacances étaient venues, et il fallait se séparer. Moment fort redouté ! car il était à craindre que la dispersion des élèves et leur nouveau genre de vie n'arrêtassent les progrès de l'œuvre dans leurs âmes. Mais il n'en fut pas ainsi. Les étudiants apportèrent chez eux la bonne nouvelle de ce que le Seigneur avait fait pour leur vénérable collège; ils sollicitèrent en sa faveur les prières et les actions de grâces des églises; plusieurs d'entre eux trouvèrent des guides et des conseils dans la personne de leurs parents, dans celle de ministres pieux ou de simples fidèles. D'ailleurs, comme ils en étaient convenus à leur départ, ils se visitèrent ou s'écrivirent; en sorte qu'à la rentrée des classes, le réveil reprit sa première vie et continua sans interruption. On pense généralement que, sur 230 étudiants dont se composait le collège , il y en eut près d'uu tiers qui se convertirent véritablement à Dieu. »

Durant les quarante années qui se sont écoulées dès lors, ce collège a été le théâtre dé quinze réveils semblables, dont un, entre autres , fut plus considérable que celui que nous venons de décrire. A une époque plus reculée , le collège presbytérien de Princetown avait reçu une effusion du Saint-Esprit qui dépassa tout ce que nos autres séminaires éprouvèrent jamais. Les institutions plus modernes ont aussi eu leur temps

de grâce. Peu de jours avant le réveil de 1802, le collège de Yale ne comptait dans l'école préparatoire que quatre élèves qui fussent membres de l'Eglise ; pendant ces dernières années, il y en avait au-delà de deux cents, c'est-à-dire, plus de la moitié du nombre total. Un accroissement analogue s'est fait daus les autres collèges; mais il faut bien dire que celte amélioration se doit surtout aux progrès généraux de la religion dans les églises.

Il n'est pas nécessaire sans doute de faire l'histoire des réveils les plus modernes; la chose serait d'ailleurs comme impossible. Les réveils , à vrai dire , font maintenant partie de l'essence de notre système religieux. Chaque année voit les siens, quoiqu'il y ail des temps où ils se manifestent avec plus d'éclat et de puissance. L'universalité des chrétiens évangéliques y ont une confiance entière. Ils varient d'opinion sur la meilleure manière de les provoquer et de les conduire ; mais tous les envisagent comme un bienfait inestimable. S'opposer à un réveil , en tant que réveil , serait envisagé par eux comme uu acte d'opposition à la religion elle-même.

Si d'ailleurs je ine suis borné surtout, dans celle esquisse historique, aux réveils des églises congrégationalistes et presbytériennes de la Nouvelle-Angleterre, c'est qu'ils ont été pour ainsi dire la source des autres, et que je les connais mieux que ceux des églises auxquelles je n'appartiens pas. Ce qui va suivre ne s'applique non plus qu'à ces réveils ; et s'il m'est permis de le dire, sans jeter aucune défaveur sur les au-

tçes, j'estime we Içs ^lises de laNo^e^Apgfclerçq peuvent servir ici de modèle. Ce sopt elles qui , (jtoijs, celle matière, possèdent la plus lp^gup efpérippcç. Relativement à leur nombre, çlles onteii lie pjus,jde réveils. flfo¥$ ce qui esl le pjus importait , c'esj qu'elles eurent toujours à leur lète, pour diriger cçs moqvemepts, des qaiqistrjBs éclairas, qui avaient pour principe d'arrêter tout ce qui pouvait avoir quelque air d 'ÇJrtF^YWWGi de petitesse ou de désordre, et qui savaient très-biety comment il faut s'y prendre pour prémunir çontrq les illusions de leur cœur cenx^ qui reçoivent l'impr^op dii réveil.

Au nombre des questions que soulève lp sujpt q^ui m'occupe, il en esl deux qu'il me paraît utilç de traiter ici. D'abord, quelle est la manière <Je présenter la vérité qpi , dans ces temps de réveil , a paru la plus propre à produire la cpnversipn <Jes pécheurs? En second lieu, quels sont les s^vantagesque présentent les réveils? c'est-à-dire , quel intérêt peuî-on mettre à ce que beaucoup de personnes se convertissent à lo, foi^ei sp pressent emamble vers le royaqrçp de tyeu ?

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