‹ De la religion (volume 2)Chapitre 18 sur 109 · LIVRE XIII, CHAPITRE IV. 3l · texte numérisé non relu

LIVRE XIII, CHAPITRE IV. 3l

ilrs Mithriaques (.1) : enfin, une chasteté inviolable est-en jointe par Isis à Apulée (2).

Par une suite naturelle de ce devoir imposé aux hommes, plusieurs des dieux ho norés dans les mystères étaient nés d'une vierge (3).

La valeur attachée à la continence n'excluait point l'adoration des organes générateurs. Leur simulacre avait été introduit par les Péla-

(1) Tertullieh ( de Praescrip. , 140). Creutzer. établit une distinction entre les Mithriaques introduits à Rome, et les anciens mystères de Mithra en Perse (II, 214-217). Les premiers , suivant Htde (de ReJ. Pers. ),- ne furent jamais célébrés dans cette contrée. Us ne furent connus des Romains qu'après la victoire de Pompée, sur les pirates de l'Asie-Mineure (Plut, in Pomp. ) ; et même les inscriptions qui en parlent ne remontent pas an-delà de Constantin. (Fréret, Ac. Inscr., XVI, 267 et suiv. ) Les pères de l'Église ne voyaient dans les Mithriaques que des cérémonies empruntées du christianisme pour soute nir le polythéisme expirant. Mais c'était au contraire une religion sacerdotale, transportée à Rome sous la forme de mystères, avant le triomphe du christianisme , et qui ne fut pas sans une influence fâcheuse sur cettr croyance.

- (a) Ap. Met., XL

V Silène, par exemple.

ges à Samothrace (i) : l'on montrait aux Thesmophories la représentation du Ctéis (2). Les Canéphores des Dionysiaques portaient dans la corbeille sacrée le phallus qu'on approchait des lèvres du récipiendaire (i) ; et î par une conformité minutieuse , mais d'autant plus importante à remarquer, ce phallus était de bois de figuier (4), tandis que les figues sèches, et d'une forme analogue , étaient chez les Perses un symbole religieux (5). Ce fut par les mystères Lernéens, qui se célébraient en Argolide en l'honneur de Bacchus , que s'introduisit l'usage de planter des phallus sur les tombeaux (6) : il y fut , comme en Egypte , l'emblème de la force productrice, qui tire la vie de la destruction, et en même temps celui de l'immortalité de l'ame et de la métempsycose (7).

(i) HÉRODOT. , II, 5l.

(2) Théodoret, Serm., VII et XII.

(3) Théodoret, Therapeut. Disput. , I.

(4) Théodoret, Serm. , VII.

(5) Plutarch., Artaxerxes. Le figuier était consacrée Mithras dans ses mystères. On y sacrifiait un pourceau comme en Egypte.

(6) Pausan., Corinth., 37.

(7) Creutz., Dionys. , p. a36 et suiv.

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Ce culte secret était accompagné en Grèce , comme la religion publique chez d'autres nations, des cérémonies les plus licencieuses (i). De jeunes filles, le sein découvert, formaient des danses obscènes aux fêtes d'Adonis (2). La débauche qui souillait ces fêtes est décrite complaisamment par Ovide (3), amèrement par Juvénal (4) , et celle des mystères Sabaziens est déplorée pathétiquement par les premiers Pères (5).

(1) THÉocR.,Idy!l.,XV.

(a) C'est faute d'avoir distingué le culte populaire et 'les mystères qu'un savant, d'ailleurs très-recommandable , a pu écrire ces paroles si injustes : « L'hellénisme « ne consistait, en général, qu'en traditions absurdes et « scandaleuses, en rites impies ou impurs, en fêtes de « volupté ou de délice. » (Sainte-Croix, Recherches sur les myst. du pag., édit. de M. Sylvestre de Sacv, I, 375.)

(3) De Art. amand., I, 7.5. Pour expliquer comment nous citons ici Ovide, nous rappelons au lecteur la note 1 de la page 27.

(4) Juvénal, Sat. VI.

(5) Clément d'Alex, et autres. L'Aulularia de Plaute roule sur les aventures d'une fille devenue grosse dans une fête mystérieuse. L'élévation du Phallus , usite'e dans les mystères, était un rite égyptien, apporté en Grèce par Mélampe. (Sainte-Croix, des Myst., p. 17.) Les indé-

Les divinités hermaphrodites qui , dans la langue scientifique des prêtres, sont l'emblème

cences du culte de Bacchus à Sicyone ( Bayle , art. Bacchus), l'obscénité de celui de Cérès et de Proserpine en Sicile (Diod. , V, 4), où la grossièreté des paroles était prescrite, parce que c'était ainsi , disait-on, qu'on avait arraché un sourire à la déesse au désespoir, l'infamie des mystères Sabaziens (Cic. , de Nat. Deor. , III, i3; Sainte-Choix, 437-439), sont des faits authentiques. La fable de Pasiphaé , représentée dans les mystères de Samothrace, était la transplantation des plaisirs contre nature que nous avons vu faire partie des cultes sacerdotaux. « Ce que les mystères d'Eleusis ont de plus saint, dit Tertullien (adv. Valent.), ce qui est si soigneusement caché , ce qu'on n'est admis à connaître que fort tard , c'est le simulacre du Phallus. » Un passage de Clément d'Alexandrie, dans Eusèbe, prouve que ces institutions, où les modernes ont cherché l'amélioration de la morale et la pureté du théisme, réunissaient la férocité et la licence. « Veux-tu , dit-il , voir les orgies des Corybantes? tu n'y verras qu'assassinats, tombeaux, lamentations des prêtres, les parties naturelles de Bacchus égorgé, portées dans une caisse et présentées à l'adoration. Mais ne t'étonne pas si les Toscans barbares ont un culte si honteux. Que dirai-je des Athéniens et des autres Grecs, dans leurs mystères de Déméter? » Notez que l'auteur parle du culte des Toscans en général , par conséquent de leur culte public , et que, relativement aux Grecs, il parle seulement de leurs mystères.

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