LIVRE XIII, CHAPITBE IV
de la force créatrice , ou de la réunion des deux principes actif et passif, reparaissent dans les mystères. Les Dioscures, à Samothrace (i), Bacchus , dans les Dionysies , sont revêtus des attributs des deux sexes (a); et le lièvre auquel les anciens attribuaient le même privilège (3) , figure toujours, comme le symbole de Bacchus, à l'entrée de sa grotte, sur les vases qui servaient ou faisaient allusion aux Bacchanales. Adonis est invoqué comme étant à-la-fois une jeune vierge etun adolescent (4). La combinaison
(i) Lydus, de Mensib., 65.
(2) Le Bacchus Sabazien. Aristid. Orat. in Baccho. Philostrate, vit. Apollon., III, 34. On voit, dans Millin (Peint, des vas. antiq., I, 77 ), Bacchus en hermaphrodite ailé. Dans l'île de Cos , on l'adorait comme hermaphrodite, avec le surnom de Brîséis.
(3) Clém. Alex. Pédag. ?.. Les modernes, observateurs plus exacts, ont re'duit le privilège du lièvre à des facultés non moins désirables, mais moins miraculeuses.
(4) Lïdus (de Mensib., 92) dit que dans les mystères d'Hercule, les prêtres mettaient des habits de femmes, et se référant à Nicomaque, qui avait écrit sur les fêtes égyptiennes, il indique que cette coutume venait d'Egypte. Par une singulière extension de cette notion mystique, une des plantes qui servaient aux Thesraophories, l'asphodèle, passait pour hermaphrodite (Diosoorid. ,11, iqq).
de ces deux principes estencore représentée sous un autre emblème, celui d'un mariage entre le frère et la sœur, et l'on a vu (i) que les deux divinités supérieures des peuples soumis aux prêtres avaient presque toujours entre elles cette relation. Il est vraisemblable que la mythologie populaire avait emprunté de ces traditions sa fable du mariage de Jupiter et de Junon; mais, ce qui est sûr, c'est que cet inceste cosmogonique était la base des Dionysiaques. Jacchus et Proserpine, Coros et Coré, Liber et Libéra, sont à-la-fois frère et sœur, époux et épouse.
Passons maintenant des rites (2) aux opinions.
(ï) T. III, p. 55.
(2) Si nous n'avions craint de nous livrer à trop de détails,nous aurions indiqué dans les mystères des déviations du culte public, toujours destinées à rendre plus exacte l'imitation des rites sacerdotaux. Ainsi , pour n'en citer qu'un exemple, le bouc était la victime ordinaire de Bacchus : mais les mystères remplaçaient le bouc par le pourceau, parce que tel était l'usage de l'Egypte. Les Égyptiens, dit Hérohote (II, 47-48), regardent ces animaux comme impurs , et ne les offrent en sacrifice qu'à Bacchus et à la lune.